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100 fûts
par mois collectés dans la région
d’Androy
La région d’Androy, plus précisément
la sous-préfecture d’Ambovombe,
est réputée pour la fabrication
d’huile de ricin. Au moins 100 fûts,
et un fût contient 120 à 150
litres, sont collectés mensuellement
par une dizaine d’opérateurs
sur les marchés d’Ambondro
et d’Ambovombe, a souligné
Fitahia Jean Fostin, socio-organisateur
du volet diversification économique
au sein du projet Objectif Sud. Ces produits
fabriqués d’une manière
artisanale sont vendus dans la Capitale,
ou dans les autres provinces, comme Mahajanga
et Antsiranana.
Dans le cadre de ce projet, près
de 370 femmes s’occupent de l’extraction
traditionnelle par solvant d’huile
de ricin. Il s’agit d’un revenu
supplémentaire pour elles. Les grains
de ricin sont, soit vendus sur le marché
local, à raison de 450 à 750
fmg le kapoaka, soit cueillis dans la forêt.
Par contre, l’huile de ricin s’acquiert
entre 4000 à 20.000 fmg le litre,
suivant sa qualité, a expliqué
Fitahia Jean Fostin. Quant à la production,
il faudrait 15 kapoaka de grains de ricin
pour obtenir un litre d’huile, d’après
Holifoe Suzanne, une des productrices dans
la sous-préfecture d’Ambovombe.
Taux d’acidité
L’arbre de ricin fructifie tout au
long de l’année et résiste
à la sécheresse. Seul le rendement
pourrait régresser, a-t-on expliqué.
Notons que les colons ont introduit dans
le pays les grains de ricin, dans les années
50. Madagascar avait exporté l’huile
de ricin vers la France. Les paysans se
sont découragés, dans les
années 70 à 90, étant
donné que les exploitants avaient
abandonné leurs activités.
C’est ainsi que la culture de ricin
se fait actuellement à l’état
sauvage. En aval, l’huile de ricin
est très utilisée pour la
coiffure des femmes, pour le traitement
des maladies d’estomac ou de toux.
Sur le plan industriel, elle sert à
fabriquer du savon, de la peinture ou à
transformer des fibres de sisal. Cependant,
les opérateurs ?uvrant dans ces secteurs
d’activité n’arrivent
pas à profiter de cette forte potentialité
de production de Madagascar, en raison du
taux d’acidité trop élevé
dans l’huile de ricin fabriqué
localement, selon Claude Fanohiza, responsable
du volet diversification économique
au sein du projet Objectif Sud. En outre,
l’application de produits chimiques
dans l’extraction de ricin pour faire
baisser ce taux d’acidité exige
un énorme investissement. Raison
pour laquelle, les opérateurs préfèrent
en importer. Voilà une richesse,
à forte potentialité, mais
mal exploitée et peu connue par la
population malagasy !
Navalona R.
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