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Nga Son veut relancer
sa production artisanale
Les débouchés constituent
maintenant un défi pour les producteurs
de nattes en jonc dans le district littoral
de Nga Son. Malgré une bonne réputation
séculaire, beaucoup ont dû
abandonner leur métier traditionnel.
| Les bénéfices
provenant de la culture du souchet,
une sorte de jonc poussant près
de l'eau, s'avèrent importants.
Selon les autorités du district
de Nga Son (province centrale de Thanh
Hoa), si les autres cultures donnent
un revenu annuel de 20 millions à
25 millions de dôngs par hectare,
sur la même superficie, le souchet
est deux fois plus rentable. Toutefois,
le nombre de producteurs d'articles
artisanaux en souchet, notamment des
nattes, diminue considérablement.
Ce métier n'attire que 30 % du
total des familles locales, contre 90
% avant 1990. Pour quelle raison ? À
cause des débouchés, s'accordent
les producteurs. |
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Un petit retour dans le passé. La
natte en souchet de Nga Son figurait parmi
les tributs précieux à la
famille royale. Après des siècles
de vicissitudes, les artisans de Nga Son
ont créé différents
produits : natte, tapis, corbeille, sandales
et aussi décor. Tout était
embelli par des beaux motifs d'ornement.
Au milieu du XXe siècle, les produits
de Nga Son étaient écoulés
un peu partout, en ville et à la
campagne. Ils avaient également pris
la route vers l'Europe de l'Est. Durant
cette période remarquable, la quasi-totalité
des familles locales exerçaient ce
métier. Après la dissolution
du système des pays socialistes en
Europe de l'Est, les produits de Nga Son
ont perdu des débouchés stables.
Des efforts conjugués
Ne restant pas les bras croisés devant
les difficultés du métier
traditionnel, les autorités locales
ont promulgué plusieurs mesures efficaces.
Tout d'abord, le marché domestique
doit être au 1er rang. Parmi les débouchés
étrangers, la Chine et Taiwan sont
les plus importants. Un petit bémol,
l'exportation ne concerne pas des produits
finis, mais du souchet prétraité.
La relance est également enregistrée
dans la culture du souchet. Des progrès
techniques ont créé une nouvelle
variété de bonne qualité
et de haut rendement.
Malgré des difficultés, Nga
Son considère cet artisanat comme
une production de pointe. Le district envisage
de développer ce métier traditionnel
en élargissant les champs de souchet.
Différents modèles de production,
coopératives ou ateliers privés,
sont encouragés, dans l'objectif
de créer prochainement des zones
de petite industrie artisanale. Plusieurs
politiques privilégiées ont
été promulguées : l'exemption
fiscale sur cinq ans pour la location des
terres, l'assistance de 20 % des frais destinés
à la construction des infrastructures,
une aide de 50.000 dôngs par travailleur
pour les entreprises embauchant plus de
50 employés.
Le développement de l'artisanat a
aidé Nga Son à exploiter ses
potentiels, notamment la main-d'œuvre
rurale. Rien que les trois entreprises privées
de Viêt Trang, Hoàng Long et
Huy Hoàng ont créé
quelques 600 emplois stables et la naissance
de centaines de coopératives de sous-traitance.
Un point commun, tous les producteurs se
préoccupent eux-mêmes de la
recherche des débouchés, sans
assistance de l'État. "Nous
rencontrons beaucoup de difficultés
dans ce domaine, car il nous faut dépendre
des intermédiaires. Nos produits
sont ainsi vendus à un prix inférieur
à la normale", se plaint Truong
Dinh Diu, directeur de la firme Huy Hoàng.
Leur actuel souhait est d'améliorer
la qualité des articles pour satisfaire
l'exigence du vaste marché européen.
Vu Thi Ly/CVN ( 27/03/05 )
Information sur
le métier de Nattier
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Tissage
de nattes de jonc
On ne sait pas depuis quand le jonc est
présent au pays, mais nous pouvons
être certains d'une chose : après
le riz, il est le deuxième ami des
habitants de Long Dinh (district de Bên
Luc, province de Long An, célèbre
grenier à riz du delta du Mékong).
Le jonc,
cultivé toute l'année,
est récolté trois fois
par an. Il exige des paysans une occupation
aussi soigneuse que celle du riz. Après
la récolte, il sera fendu en
deux ou trois. Si autrefois, le travail
était fait avec un couteau, de
nos jours, la fendeuse facilite beaucoup
le travail.
Une fois fendu, le jonc va être
séché pendant un ou deux
jours. Grâce à son expérience,
le paysan peut vérifier si le
jonc est bien ensoleillé et de
combien de temps il aura besoin pour
retourner la natte afin que le jonc
soit régulièrement sec
et bien jaune. Une fois les matières
préparées, on se met au
tissage. Deux paysans y suffisent. L'un
est le passeur de fils. Son travail
consiste à passer les fils de
trame à travers les fils de chaîne
accrochés au métier, grâce
à une aiguille en bois d'un mètre
de long. Le second est le pressureur.
Assis sur le métier, il va comprimer
les fils de jonc à l'aide d'un
pressoir. |
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Une fois tissée,
la natte va être séchée
pendant un jour avant sa commercialisation.
C'est sa forme la plus simple. Pour des
nattes à motifs, il faut les imprimer
et les traiter à l'étuve.
M. Viêt, dans son imprimerie, donne
des explications claires sur l'impression
d'une natte à motifs. La méthode
consiste à les imprimer sur la natte.
Il s'agit des plaques fines d'étain
sous forme de fleurs, de feuilles, de papillons
ou de groupes de mots, comme : "Le
bonheur à jamais", "La
famille en parfaite union". On met
ces plaques sur la natte et on les colore.
Pour ce faire, il faut au moins 10 motifs.
L'impression nécessite également
deux personnes. Elles se trouvent aux deux
bords de la natte, utilisant les mêmes
motifs afin d'assurer la symétrie
de la natte.
Enfin, la
dernière étape de réalisation
est celle de l'étuve. La hauteur
de l'étuveuse, dont l'intérieur
possède une cheminée,
est d'environ un mètre. La natte
sera traitée à la vapeur
en une heure pour que la couleur soit
bien mûre.
Si le tissage des nattes de jonc est
considéré comme un moyen
de subsistance, c'est aussi une histoire
d'amour pour le métier, une joie
dans la vie active des paysans. Mme
Ngoc Hân, 35 ans, 8 ans de métier,
dit : "Chaque jour, j'arrive à
tisser 3 nattes, ce qui me donne 20.000
dôngs. Avec cette somme, je peux
juste me nourrir, sans économies."
À Long Dinh, il y a des foyers
qui vivent tous du tissage de nattes.
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Melle Bach Tuyêt,
la plus jeune parmi les tisseuses avec 4
ans dans le métier, confie : "Malgré
la fatigue du travail, on y est bien heureux,
parce que c'est un métier héréditaire
de père en fils."
Autrefois, la natte de jonc était
bien aimée et était même
exportée à Taïwan, en
Chine, en Russie. Maintenant, elle se heurte
à la concurrence de sa collègue
: natte d'u du, plante analogue importée
du Cambodge. Si la méthode du tissage
est la même que celle de la natte
de joncs, les fils d'u du , fins et bien
coloriés, présentent des avantages
certains. Dans les grandes entreprises,
on crée de nombreuses marchandises
dérivées d'u du , comme le
matelas, destinées à l'exportation
vers les marchés japonais et coréens.
La natte d'u du est fabriquée d'une
façon très minutieuse et habillée.
Pourtant, dans le marché local, la
natte n'arrive pas à intéresser
les consommateurs, car son prix est élevé.
Une natte d'u du de 1,6 mètres sur
2 mètres varie de 200.000 à
300.000 dôngs. C'est pour cette raison,
les habitants aiment toujours leur natte
de jonc simple et moins cher. Selon Thanh
Thao, une artisane expérimentée
dans le métier, au cours des deux
dernières années, l'exportation
de la natte d'u du vietnamienne a diminué,
à cause de la compétition
des nattes
chinoises.
Le tissage de nattes est aussi dur que l'agriculture.
Néanmoins, on reste fidèle
à ce métier, avec l' espoir
de préserver son identité
culturelle millénaire.
CVN ( 05/09/04 )
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