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Nguyên Qui Thâp est un
menuisier de 45 ans domicilié dans
la commune Dai Mô, en banlieue de
Hanoi. Il est devenu milliardaire en réparant
de vieilles portes et fenêtres.
En
passant à Dai Mô, des tas
de vieux meubles, portes et fenêtres
traînant au bord de la route du
village de Ngoc Truc attirent rapidement
le regard. Des milliers de bouts de
bois, à côté de
portes et fenêtres toutes écaillées
et dépourvues de vitres, sont
entassés pêle-mêle.
Tout ce bric-à-brac appartient
à Nguyên Qui Thâp.
L'homme était jadis commerçant
de porcelets, mais il joignait alors
difficilement les deux bouts, et peinait
à faire vivre sa famille, sept
personnes au total.
"À cette époque-là,
construire une maison n'était
qu'un rêve" se souvient-il.
Mais depuis lors, les choses ont bien
changé. En se lançant
dans la rénovation des portes
et des fenêtres, Thâp a
fait sa fortune.
Il construit actuellement une nouvelle
maison, en dur. |
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Thâp a eu l'idée de se lancer
dans la restauration des vieux meubles,
suite au démantèlement d'une
vieille et imposante bâtisse en ville.
Il constate alors que nombre d'éléments
en bois peuvent être réutilisés,
une fois bien retapés. Il embauche
deux menuisiers qualifiés, avec qui
il se charge de transformer ces portes et
fenêtres en des objets paraissant
comme neufs.
Dans la foulée, Thâp ouvre
un atelier de restauration. Il gère
aujourd'hui trois ateliers couvrant une
superficie de plus de 3000 m2, et emploie
une quarantaine d'ouvriers.
"Ce métier ne fait pas appel
à des techniques trop pointues",
confie Thâp, qui explique que tout
menuisier bien équipé est
capable de rénover ces vielles pièces
en bois.
L'activité ne demande pas non plus
une importante mise de départ, mais
assure par contre des revenus conséquents.
Suivant l'exemple de Thâp, plusieurs
ateliers de rénovation de vieux meubles,
en tout une dizaine, ont été
ouverts à Dai Mo. "Ce nouveau
métier assure aujourd'hui de meilleures
conditions de vie à une centaine
d'ouvriers. Bien que je ne sois encore qu'un
jeune apprentis, je gagne déjà
environ un million de dôngs par mois",
confie Truong Hong Nam, 27 ans, un ouvrier
qui travaille depuis deux ans dans l'atelier
de Nguyên Qui Thâp. Les ouvriers
qualifiés gagnent eux deux fois plus
que Nam, tandis que leur patron prend aussi
en charge les frais de logement et de restauration.
La fenêtre des "familles
pauvres"
Les meubles rénovés coûtent
beaucoup moins chers que les produits neufs.
Par exemple, une fenêtre rénovée
coûte 200.000 dôngs, soit moitié
moins qu'une fenêtre tout neuve.
Ces meubles rénovés sont ainsi
à la portée des ruraux, qui
sont toujours plus nombreux à visiter
les ateliers de Dai Mô. "La demande
est en hausse, affirme Thâp, et nous
n'arrivons plus à y répondre,
alors qu'en moyenne, ses ateliers traitent
quotidiennement entre 30 et 40 m2 de portes
et de fenêtres".
Ce travail de récupération
des vieilles pièces en bois permet
en outre de limiter l'ampleur du phénomène
de déforestation que vit actuellement
le pays, en même temps qu'il évite
le gaspillage.
Fiche métier
du Restaurateur
de mobilier d' art
, le Restaurateur
de meubles |