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Certaines rues de Hô Chi Minh-Ville
sont le bonheur de tous ceux qui veulent
y "sauver" un vêtement chéri.
Ces rues offrent aux frusques une seconde
vie grâce aux habiles mains des retoucheurs.
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Un incessant claquement rythme la vie
sur les trottoirs de l'axe Nguyên
Dinh Chiêu - Truong Dinh. De vieilles
machines à coudre poursuivent
leur bal toute la journée tandis
qu'à l'intérieur des ateliers,
des sacs en plastique regorgent de pièces
d'ornement et que, posés sur
des étagères, des vêtements
en vrac s'entassent. Images d'Epinal
de ces rues situées dans les
1er, 3e, 5e, 10e arrondissements, à
Tân Phu et Tân Binh mais
surtout le long des artères Trân
Quôc Thao - Cach Mang Thang Tam.
Surnommée "rue de la retouche",
on y compte pas moins d'une trentaine
de machines à coudre qui règnent
sur les trottoirs. |
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Avec ses dix ans d'expérience, Phu
fait figure d'anciens. Pour lui, les retoucheurs
se sont accaparés de ce tronçon
il y a dix ans, date à laquelle ce
métier s'est imposé. Il explique
que comme beaucoup de magasins de vêtements
y existaient, la retouche s'est imposée
d'elle-même, avec une demande croissante
de la clientèle et des usagers des
1er et 3e arrondissements, vu que le 1er
arrondissement, considéré
comme le centre-ville, est interdit aux
commerçants de rue.
Quelle est la différence entre ce
haut lieu de la retouche que sont les rues
Nguyên Dinh Chiêu et Hoàng
Hoa Tham et les autres trottoirs de la gigantesque
cité du Sud ? Nam, un artisan chevronné
et propriétaire d'une vieille machine
à coudre sur un bout du trottoir
de la rue Nguyên Dinh Chiêu,
explique que la qualification est le maître
mot. Remarque qui prend toute son ampleur
quand on observe le tumulte qui confère
cette ambiance spécifique.
La place fait le
larron
Qu'est ce qui distingue les retoucheurs?
La qualification et sa place. Car si les
retoucheurs appliquent un tarif commun,
la valeur de la marchandise et l'allure
du client peuvent parfois faire grimper
les prix. Mais généralement
pour un pantalon il vous en coûtera
10.000 dôngs pour restreindre la ceinture,
élargir ou diminuer la taille des
jambes, 5.000 dôngs, reborder, de
3.000 à 7.000 dôngs et la retoucher
entière entre 30.000 et 40.000 dôngs.
Mais l'échelle des revenus peut atteindre
des écarts très importants.
Ainsi ce retoucheur d'un quartier populaire
qui ne souhaite pas plus que 50.000 dôngs
par jour alors que son collègue à
Nguyên Dinh Chiêu n'a aucune
difficulté à empocher au moins
100.000 dôngs . Et plus la qualification
est grande plus le salaire des retoucheurs
est élevé.
Mais pour les retoucheurs, le meilleur de
leur travail est les souvenirs qu'ils occasionnent.
Dinh, un des meilleurs retoucheurs de la
rue Hoàng Hoa Tham, raconte que jamais
il n'oublie les anecdotes que ses clients
lui confient. Un homme de 60 ans qui régulièrement
lui amène des objets datant de ses
années de soldat: sac à dos,
chapeau mou et fréquemment son hamac.
Interloqué par le hamac, le retoucheur
se résout à questionner son
client qui lui explique alors qu'il continue
de dormir dedans toutes les nuits afin de
"se souvenir des combattants".
Un autre de ses clients lui amène
souvent un pantalon en coutil pour le repriser.
La raison de cet attachement, ce pantalon
lui apporte chance pour ses affaires.
Si chaque rue de métier possède
une ambiance particulière, celles
de la retouche a su imposer à la
fois son style et son utilité, s'affirmant
dans le rythme de vie de la mégapole
du Sud.
Giang Ngân/CVN ( 21/10/05 )
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