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Toutes les recherches de Gago se donnent
la même fin, qui est l’expérimentation
d’une diversité de techniques
destinées à déboucher
sur l’art. Ce ne sont pas, cependant,
uniquement les moyens techniques qu’il
recherche, mais plutôt à exprimer
un monde artistique mouvant, en perpétuel
devenir. Son imagination se dépense
dans les sujets et la spécificité
des thèmes choisis. En même
temps, il est soucieux de ne pas enlever
aux êtres et aux éléments
aucune de leur virtualité.
Il sculpte des œuvres au lyrisme
contrôlé. De facture généralement
libre, elles obéissent, cependant,
à un schéma rigoureux
et rythmé. Son art est une résultante
de rencontres surprenantes entre la
sculpture réaliste, minutieusement
étudiée pour sa permanence
et celle expressionniste, pour sa densité
et son ouverture pour le renouveau.
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Le dynamisme des formes
et la complexité des volumes qui
caractérisent l’ensemble de
sa production, ainsi que la maîtrise
du métier alliés à
son imaginaire, confèrent une “réalité
autre” aux thèmes représentés,
aux êtres et éléments
qui composent ses œuvres. On dirait
qu’ayant saisi dans ces êtres
et ces éléments quelque chose
au-delà de leur aspect réel,
il projette, spontanément, ses visions
et ses sentiments et révèle,
ainsi, une autre représentation du
sujet, tout en mettant en scène un
“volume pictural” qui capte,
à la fois, le réel et l’imaginaire
dans leur mouvance, leur superposition et
leur métamorphose.
Une subtile didactique
du jeu entre le plein et le vide
Dans ses sculptures, Gago passe de la forme
réelle à une vision recréée
qui libère l’œuvre de
la représentation des apparences.
Il applique des techniques contradictoires,
des procédés qui vont du brisement
de la forme à la décantation
des volumes, de la mise en valeur des vides
à l’équilibre des structures.
C’est par la sculpture que s’exprime
le potentiel créatif de cet artiste,
sa production traduisant une recherche de
la qualité du métier et des
différents modes d’expression.
Ainsi, il a réussi à traduire,
dans un langage plastique de formes, de
masses et de volumes, ce monde des arts
qui fait partie de sa réalité
Dès ses débuts, il s’est
consacré à l’exploration
de la vie intérieure des formes.
En sculptant le matériau, il aménage,
souvent, des ouvertures dans lesquelles
s’engouffre une lumière qui
éclaire les volumes de l’intérieur.
Ce qui domine, chez lui, c’est le
sentiment du mouvement et du rythme. On
retrouve, ainsi, confrontées dans
ses œuvres, une subtile didactique
du jeu entre le plein, le vide et la plasticité
latente de la matière.
L’œuvre de Gago est le fruit
d’une recherche; d’un travail
sérieux et continus. Son art témoigne
du rapport d’équilibre entre
sensibilité et intelligence, tradition
et modernité. Il cherche à
participer, à travers sa production,
à ce qui donne sa réelle dimension
intemporelle à toute œuvre d’art.
C’est un artiste de son temps qui
affronte les sujets et thèmes de
ses sculptures, avec indépendance;
il les plie à sa vision dans une
constante préoccupation plastique.
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Sculpteur
au Liban vu par La revue du Liban
L’exposition réunit les sculptures
de Andrée Hochar Fattal dans ses
recherches les plus récentes. Cette
artiste rend un culte au corps recomposé
de la femme dans la ligne de tous ceux qui
ont contribué, au cours du XXème
siècle, à développer
une tradition réaliste.
Elle n’aborde pas le métier
avec des idées préconçues,
mais avec la certitude de s’inventer
une technique personnelle. Ce qu’elle
apporte à travers sa production,
c’est un goût de liberté
correspondant aux aspirations de l’époque.
Dans l’ensemble des œuvres
exposées à la galerie
Alice Mogabgab, nous remarquons l’imprévu
de la pose, la fermeté et la
pureté des contours, la franchise
de l’expression et une science
consommée de la composition.
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Andrée Hochar Fattal
laisse éminemment à la femme
son plein épanouissement. Dans ces
anatomies simples, tout est galbe. L’impression
dominante est celle d’une sensualité
sereinement assumée. Mais cette puissance
des formes n’exclut pas la sensualité.
Partout, la femme étale avec volupté
sa nudité: arabesques flexibles,
raccourcis hiératiques, sensualité
linéaire tendre, modulations ondulées,
etc..., l’artiste découvre
les mystères des corps et, à
travers chaque sculpture, en exprime le
caractère essentiel. La simplicité
avec laquelle Andrée Hochar Fattal
s’exprime est, certainement, le signe
de la maturité de la pensée
plastique. Les diverses réalisations
convergent vers l’essence et s’appliquent
à rejeter tout ce qui est inutile,
toute éloquence. Et si toutes les
sculptures traitent le même thème,
ceci s’explique par le besoin qu’a
le sculpteur de ciseler ses moyens d’expression.
Le processus de dépouillement et
de qualification des formes l’a conduite
à des réalisations qui sont,
sans doute, la projection la plus intéressante
de ses fantasmes vers la définition
d’une plastique personnelle. Elle
recourt à une esthétique dont
elle a elle-même découvert
les principes et les moyens adéquats.
Trois vertus plastiques: la pureté
de la forme, l’unité et cette
mesure de la perfection qui caractérise
sa production lui permettent de donner à
ses œuvres des proportions conformes
au degré de plasticité où
elle souhaite les amener.
Andrée Hochar Fattal tente d’aller
jusqu’au cœur de l’expérience
plastique. Elle est l’un de ceux qui
restent fidèles à une conception
de l’art, où l’émotion
contrôlée refuse la facilité
et parle un langage dont la sincérité
ne trompe pas.
Fiche métier
du Sculpteur
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