|
Des
artisans de Dà Nang qui donnent une
âme à la pierre
Le village de Non Nuoc, ville de Dà
Nang (Centre), est réputé
pour ses sculptures sur pierre. Ce métier
traditionnel a changé la physionomie
de la localité ces dernières
années.
| Les camions,
voitures, motos... défilent à
la queue leu leu sur le chemin vicinal
du village. Les bruits de scieuses,
meuleuses, polisseuses... rendent l'atmosphère
très animée. C'est un
jour comme les autres au village des
sculpteurs sur pierre de Non Nuoc. |
 |
L'histoire du village, situé au pied
de la chaîne de montagnes de Ngu Hành
Son, remonte à près de 400
ans. Chaque année, au 6e jour du
premier mois lunaire, les villageois rendent
hommage au fondateur du métier avec
une multitude d'activités culturelles,
religieuses et de jeux populaires.
Le métier de sculptures sur pierre
se transmet de père en fils à
Non Nuoc. Les blocs de pierre, dans les
mains des artisans, deviennent des objets
d'art de grande valeur. "La majeure
difficulté est d'insuffler de l'âme
aux oeuvres pour qu'elles prennent vie.
Pour cette raison, la création d'une
statue humaine est beaucoup plus difficile
qu'une reproduction d'animaux", remarque
Nguyên Viêt Minh, un artisan
septuagénaire. Comme d'autres artisans
chevronnés, M. Minh cherche à
transmettre son savoir-faire aux jeunes
générations. L'habileté,
la patience, la passion et bien sûr
l'aptitude pour le métier sont nécessaires
pour devenir un sculpteur talentueux.
La sculpture sur pierre est un métier
pénible. S'approvisionner en matières
premières dans les montagnes, esquisser
une silhouette, sculpter des détails
sophistiqués, polir l'oeuvre... tout
cela demande beaucoup de force, de minutie
et d'une attention particulière.
Concernant les matières premières,
une quinzaine de sortes de pierre sont utilisées.
"La pierre la plus chère est
importée du Pakistan. Elle est plus
claire et lustrée que la pierre vietnamienne.
Pour cette raison, la pierre pakistanaise
n'est utilisée que dans la fabrication
de produits de taille moyenne et de haute
valeur esthétique", fait savoir
l'artisan Nguyên Hùng, propriétaire
d'un atelier. Si la pierre vietnamienne
est vendue 500-1.000.000 dôngs/m3,
le prix de la pierre pakistanaise dépend
du poids des blocs (environ 24.000 dôngs/kg).
Le prix des matières premières
étant élevé, les produits
de Non Nuoc sont assez cher. Ainsi, une
statue de jeune fille, d'une hauteur de
80 cm, est vendue 1,8 million de dôngs.
Un trio de bouddhas représentant
le Bonheur, la Prospérité
et la Longévité coûte
8 millions de dôngs. Particulièrement,
le prix d'une statue de bouddha, de plus
de 3 m de haut, s'élève à
des centaines de millions de dôngs.
Pendant les années 1990, Non Nuoc
ne comptait que des dizaines de petits ateliers
de sculptures sur pierre. Aujourd'hui, ils
sont au nombre des centaines. Par exemple,
le quartier de Hoà Hai, arrondissement
de Ngu Hành Son totalise 380 ateliers
employant quelque 4.000 travailleurs venus
des localités voisines pour un revenu
moyen mensuel de 3 millions de dôngs.
Selon les statistiques du Service du commerce
de Dà Nang, le chiffre d'affaires
total des ateliers de sculptures sur pierre
du quartier Hoà Hai a atteint 80
milliards de dôngs en 2006. Les 10
plus grands ateliers, dont les produits
sont exportés au Japon, en Grande-Bretagne,
en Australie, en France et aux États-Unis,
ont réalisé à eux seuls
un chiffre d'affaires total de 20 milliards
de dôngs, soit 5 fois plus qu'en 2006.
Nguyên Viêt/CVN
Fiche métier
du Sculpteur
|