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Couture
: Hôi An de fil en aiguille
Faifo, l'ancien nom de la cité de
Hôi An, dans la province de Quang
Nam (Centre) est maître dans un nouvel
artisanat : le sur-mesure express.
| Le choix
d'un modèle dans un catalogue,
la prise des mensurations, tout se fait
en un clin d'œil. Mais le plus
surprenant est la réalisation.
Cinq minutes pour la découpe
du tissu. Quarante-cinq minutes pour
la couture. Une chemise ou une veste
sont réalisées en seulement
3 ou 4 heures. Malgré cette célérité,
les couturières travaillent de
manière irréprochable,
et ce sans essayages. Ainsi, le sur-mesure
express est-il devenu un service original
de cette petite cité bouillonnante,
dont la haute saison touristique s'étale
de septembre à mars. |
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Un métier
de tradition locale
À côté des tailleurs
et couturières traditionnels travaillant
dans le marché ou à leur domicile,
la couture à l'occidentale a fait
son apparition dans la ville dès
le début du 20e siècle, selon
des personnes âgées. Les enseignes
de renom étaient Công Thành,
Vinh Loi, Tiên Hung, Hiêp Hung,
etc. On y vendait aussi des soieries venues
de villages de tissage connus : Ma Châu,
Bao An, Xuân Dài, etc.
Dans les années 1945, on comptait
une vingtaine d'ateliers, chacun équipé
de 2 ou 3 machines à coudre et comptant
quelques employés. La plupart du
temps, ils réalisaient des tuniques
traditionnelles, selon Nguyên Sung,
88 ans, le patron de l'atelier Tiên
Hung. Depuis 1990, la couture de Hôi
An a connu un nouvel essor grâce à
l'afflux des touristes, notamment après
le classement de la ville par l'UNESCO dans
la liste des patrimoines culturels mondiaux.
Répondant au désir des visiteurs
étrangers d'acheter des souvenirs
et, notamment, des vêtements sur-mesure
bon marché, les ateliers de couture
se sont multipliés. Dans le quartier
de Minh An, sur moins de 0,5 km², cohabitent
57 ateliers dont certains proposent aussi
tissus et soieries. De nombreux magasins
de tissus et ateliers de couture de grande
envergure sont apparus, tels que Thu Thuy,
Yaly, A Dông Silk, etc. Les affaires
vont bon train. Ils ne font pas que des
vêtements sur place mais en exportent
également, et réalisent des
chiffres d'affaires colossaux de plusieurs
de milliards de dôngs. Certains ateliers
ont même réalisé, honneur
suprême, des vêtements pour
la reine d'Espagne et des hommes politiques
étrangers. "Mon magasin accueille
chaque année plus de 2.000 clients,
chacun commandant au moins un complet, sinon
souvent 2 ou 3 vestes", a fait savoir
Mme Thu Thuy. Comptez entre 250 et 350 dollars
pour une veste, 50 à 70 dollars pour
une robe, et 10 à 25 dollars pour
un pantalon ou une chemise.
"Made in Hôi An", cette
étiquette a contribué à
faire connaître l'artisanat local
et à asseoir la renommée des
vêtements réalisés dans
la vieille cité. Le nombre de touristes
va croissant et les commerçants se
frottent les mains. Les services offerts
se diversifient : livraison à domicile,
envoi par la poste, commande par Internet.
"Les couturiers de Hôi An travaillent
minutieusement, affirme Trân Thai
Do, directeur de la compagnie A Dông
Silk. Les clients sont en majorité
des touristes étrangers et notre
clientèle sur Internet est nombreuse".
M. Do est fier de préciser que sa
compagnie fut la première à
créer son propre site en 2000. Plusieurs
commerçants considèrent le
service via Internet comme plus rentable
que celui sur place. De plus, ce métier
crée de nombreux emplois aux locaux.
Selon le Service économique de Hôi
An, la ville compte 320 foyers - au total
800 personnes - vivant directement de la
couture. Un secteur qui rapporte chaque
année 2 millions de dollars aux habitants,
un couturier chevronné pouvant gagner
de 2 millions à 2,5 millions de dôngs
par mois.
Thanh Tu/CVN ( 29/04/06 )
Fiche métier
du Tailleur,
la Couturière
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