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Le tissage
des brocatelles menacé de disparition
Aujourd'hui, elles ne sont plus que quelques
personnes dans la province de Kon Tum (hauts
plateaux du Centre) à tisser des
brocatelles. Les jeunes les délaissent
pour la mode.
| Le tissage
des brocatelles est depuis très
longtemps un des métiers traditionnels
des ethnies minoritaires des hauts plateaux
du Centre. Son émergence reste
inconnue, même pour les personnes
dont l'âge se compte en centaines
de récoltes. Malgré ses
retombées économiques
non négligeables, cet artisanat
des minorités indigènes,
riche en valeur culturelle, est quasiment
tombé aux oubliettes. |
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"C'est tellement triste ! Mes filles
ne savent pas tisser des brocatelles. Dans
mon hameau, on ne compte plus que 4 ou 5
tisserands. Les jeunes préfèrent
de plus en plus s'habiller à la mode
plutôt que de porter des brocatelles",
se lamente Mme Y Uut, domiciliée
dans le quartier de Thang Loi, chef-lieu
de Kon Tum. "Il ne reste qu'une dizaine
de tisseurs décrépits sur
524 habitants de mon hameau. Aucun jeune
ne pratique le tissage ou y prête
attention", ajoute A Mo, patriarche
du village culturel de Kon Jo Ri, commune
de Dak Ro Wa. Mêmes regrets chez A
Per, patriarche du hameau Yang Roong, commune
de Dak Kâm : "Il ne reste plus
rien. Ce métier ne servira à
rien : les jeunes courent après la
mode sud-coréenne, boudant leurs
costumes traditionnels. On ne les porte
que lors des festivités. Au besoin,
certains villageois doivent les emprunter".
La disparition de ce métier peut
s'expliquer par la négligence des
jeunes, qui se laissent quotidiennement
envahir par les scènes de la vie
moderne, notamment la mode intensément
affichée à la télé
et dans les films qui abondent sur le marché.
En outre, les brocatelles peinent à
trouver des débouchés. Triste
bilan : l'atelier de Mme Y Hanh est l'unique
modèle fonctionnant avec succès
dans la province de Kon Tum.
Des éclaircies
Domiciliée au hameau Kon Klo, quartier
de Thang Loi, chef-lieu de Kon Tum, Y Hanh
est une tisseuse de brocatelles bien connue.
Cette femme originaire de l'ethnie Ba Na
a pu maintenir et développer ce métier.
Avec un crédit obtenu par nantissement,
elle a créé un atelier prospère
employant une trentaine de travailleurs
locaux, qui touchent un salaire mensuel
de 400.000-500.000 dôngs. En outre,
son établissement a formé
des dizaines de jeunes d'ethnies minoritaires.
Y Wack, une Ba Na vivant au hameau de Kon
Hra Chot, quartier de Thông Nhât,
a trouvé un autre modèle pour
préserver l'art du tissage. En tant
que chef de l'antenne locale de l'Union
de la jeunesse et forte d'une expertise
abondante, elle incite les familles à
envoyer leurs enfants à une formation.
Résultat : plusieurs jeunes sont
formés à faire des brocatelles.
Actuellement, les produits en brocatelle
des hauts plateaux du Centre se trouvent
dans plusieurs pays européens. Certains
souvenirs, tels les foulards, les sacs ou
les chemises, sont très prisés
par les touristes étrangers, qui
pour certains d'entre eux voudraient même
posséder des métiers à
bras. Le métier de tissage des brocatelles
peut donc s'attendre à un coup d'accélérateur
grâce à des investissements
adaptés.
Nguyên Chiên/CVN ( 05/03/06
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