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Des missions et
des Hommes
TOULOUSE - TÉMOIGNAGES - DES MÉDECINS
DU MONDE RACONTENT LEUR AVENTURE HUMAINE
Stéthoscope autour du cou, trousse
de soin en bandoulière, en partance
pour l'Éthiopie, le Mali ou le Mexique,
les Médecins du Monde arpentent les
quatre coins du globe pour soigner les plus
démunis. Entre deux missions, ils
exercent leur profession médicale
en France où ils prolongent leur
action humanitaire. Vendredi dernier, l'Hôtel-Dieu
accueillait une centaine de Médecins
du Monde de la région, réunis
par la délégation Midi-Pyrénées.
De «la cité
de la joie» à la rue toulousaine
Parmi eux, Virginie Barbe, 30 ans, fait
partie des benjamins. Pour cette toute jeune
recrue engagée depuis février,
l'aventure humanitaire est un rêve
d'enfant. Bercées par des parents
militants, ses rêveries de petite
fille s'inspiraient plus du film «La
cité de la joie» ou des «french
doctors» que de princesses de contes
de fée. Déjà, étudiante,
elle apaisait sa soif d'action sociale en
faisant du soutien scolaire dans les cités.
«Cette volonté d'aider les
autres s'est imposée à l'âge
adulte, se rappelle-t-elle. J'ai fait médecine
et j'ai intégré l'association
un mois après avoir été
admise comme généraliste.»
Depuis, Virginie participe aux «Missions
France». Suivi médical des
réfugiés Kurdes en grève
de la faim, consultations gratuites, interventions
auprès de SDF... Si la jeune bénévole
s'estime encore un peu «novice»
pour partir à l'étranger,
ses premiers pas en terrain Toulousain la
conduisent néanmoins sur la voie
du professionnalisme et de la sagesse. «La
misère est là, juste à
notre porte, témoigne Virginie. La
confrontation à cette réalité
permet de comprendre les mécanismes
de la précarité. C'est à
cette condition qu'on peut vraiment la combattre.
En la regardant en face.» La lucidité
ne freine en rien la détermination
de Virginie. Pourtant, devant l'ampleur
de la tache, ne se sent-on pas un brin Sisyphe
? « Plus il y a d'injustices, plus
nous sommes utiles. Quant à la motivation...
Les échanges que nous vivons avec
nos patients sont magiques. Nous puisons
notre énergie dans ces rencontres.»
La vie est ailleurs
Bruno Joly entretient cette même flamme
depuis 10 ans. De la Bosnie au Rwanda, en
passant par le Cambodge ou l'Iran, quelque
35 missions internationales ont donné
à Bruno la conviction d'être
né sous une bonne étoile.
«L'Occident est une bulle protégée
dans un monde de misère. Ce n'est
pas la vraie vie. Nos «réalités»
ne concernent qu'une minorité dans
le monde. Nous ne mesurons pas notre chance.»
Alors chaque année, cet anesthésiste
quitte le SAMU toulousain pour l'étranger
où il passe ses «vacances»
à soigner inlassablement. Cet été,
il interviendra au Cambodge. Mais même
à Toulouse, Bruno Joly reste Médecin
du Monde. Lors de la catastrophe d'AZF,
son expérience lui a permis d'intervenir
efficacement en pleine crise. «Je
rembourse ce que m'a donné la société,
explique-t-il. Elle m'a permis d'avoir cette
formation médicale et ce métier.
Je mets désormais mes compétences
à sa disposition.»
Ce point de vue implique un investissement
à plein temps. Et une passion sans
concession. Pourtant, un regret demeure:
«m'être engagé si tard.
J'ai raté plein de guerres.
Fiche métier du Médecin
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