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Comment devient-on assistante
d'une des plus grandes
créatrices de costumes
de cinéma ? Comment
se déroule la préparation
des costumes d'un gros
film d'époque comme
"Vatel" de Roland
Joffé ?
Réponses d'une
"frou-frouteuse"
passionnée.
UNE
VOCATION
Suen Mounicq : "Enfant,
j'ai toujours dessiné,
surtout des princesses
et des fées.
Je lisais beaucoup
de contes. J'étais
attirée par
les légendes
de la mythologie grecque
et égyptienne.
"Le petit chaperon
rouge" m'ennuyait
profondément
! Mes parents m'ont
encouragé,
m'ont inscrite à
l'atelier des enfants
du Musée des
Arts-Déco,
puis à la pépinière
de Penninghen. Je
passais alors mes
mercredis après-midi
à dessiner,
de la sixième
au bac.
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Quand
j'étais petite
et que mes parents me
demandaient ce que je
voulais faire plus tard,
je répondais que
je voulais "transformer
les gens, les rendre différents
par la coiffure, le maquillage,
les vêtements, les
chaussures". A dix
ans je pouvais dire que
je voulais devenir plus
tard "créatrice
de costumes". Ma
mère, productrice,
travaillait à l'époque
à la SFP (Société
Française de Production).
Petite, j'allais sur les
plateaux des studios des
Butte-Chaumont, on me
laissait libre d'aller
où je voulais.
Le seul impératif
était de ne pas
entrer dans un studio
quand la lumière
était rouge à
l'extérieur. Le
deuxième impératif
était de se taire
quand on était
sur les plateaux : "tu
te mets dans un coin et
tu regardes !"
Mais surtout j'allais
me balader dans les stocks
de costumes. Les magasinières
étaient très
gentilles, elles voyaient
une petite fille en train
de rêver ! J'avais
le droit de toucher les
costumes, tout en étant
très respectueuse.
Un jour, on m'a signifié
que j'avais grandi : j'avais
14 ans, je continuais
à me balader et
on m'a demandé
qui j'étais et
ce que je faisais là
! Je me sentais bête
ensuite de demander la
permission alors que tout
m'avait toujours été
ouvert. J'étais
gênée, j'y
allais moins. Mais ça
ne m'a pas changée
dans l'idée de
ce que je voulais faire
!
Quand je répétais
que je voulais faire ce
métier, les amies
de ma mère qui
exerçaient cette
profession me répondaient
"on te crois, mais
passe ton bac", puis
une fois mon bac en poche,
elles continuaient "oui,
oui, fais des études
et fais des stages : T'es
pas dégoûtée
? - Non - Bien, continue
!"
Un jour, quand j'étais
gamine, une dame m'a déconseillé
de faire ce métier.
Elle l'exerçait
et me disait, très
pessimiste : "il
n'y a plus que des séries
américaines genre
"Starsky et Hutch",
ce métier est mort,
ça ne sert à
rien, c'est fini".
Non seulement ce n'était
pas vrai, mais ce ne sont
pas des choses à
dire à une jeune
fille qui voulait justement
faire ce métier
! Il faut au contraire
encourager tout le monde
car c'est déjà
suffisamment difficile
! Les personnes qui font
ce métier se doivent
de transmettre leur passion
et leur savoir.
PARCOURS
Suen Mounicq : A 17 ans,
je passais mon bac et
je venais de réussir
mon concours pour aller
aux Arts Appliqués.
J'ai rencontré
Yvonne Sassinot de Nesle.
J'étais fan depuis
longtemps, j'allais voir
ses expos, regardais ses
films. J'ai fait une partie
de mes études pendant
trois ans. Nous nous sommes
revues plusieurs fois,
elle m'a encouragé
et m'a prise comme stagiaire
sur "le retour de
Casanova" d'Edouard
Niermans.
Puis je suis partie à
Londres faire de la scénographie
pendant trois ans. Elle
m'a reprise ensuite comme
assistante sur un film,
avant de partir travailler
sur des opéras.
A l'approche de mes 30
ans, je me suis demandé
si j'arriverais vraiment
à faire ce métier.
J'ai beaucoup travaillé
sur des séries
télé et
je voyais mon rêve
de faire des costumes
pour le cinéma
s'éloigner. Il
n'y a pas tant de films
d'époque que ça...
Et je ne sais pas très
bien me vendre !
Il y a eu alors une sorte
de miracle : Yvonne, avec
qui j'étais bien
sûr restée
en contact, pour être
deuxième assistante
sur "Vatel".
ASSISTANTE
SUR "VATEL"
Suen Mounicq : La créatrice
de costumes, c'est la
tête pensante et
l'imagination. On apprend
beaucoup en travaillant
à ses côtés,
elle a les clefs de la
création en main.
Ses assistants s'occupent
généralement
de la gestion des budgets,
du suivi avec les ateliers
de couture, de faire en
sorte que chacun puisse
faire son travail dans
les meilleures conditions.
Yvonne Sassinot de Nesle
intéresse beaucoup
les assistants à
la création, nous
montre les tissus, nous
demande parfois notre
avis. Assistant, c'est
aussi téléphoner
beaucoup, être en
contact avec tout le monde,
faire passer les informations,
gérer le budget.
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