Sylvie
Gardez (46 ans)
Psychologue du travail (depuis 1 an)
Société: Cursus Conseil
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> Quelle formation avez-vous suivie
et quelles ont été vos expériences
professionnelles ?
- J’ai un parcours assez atypique
puisque à la base j’ai une
formation commerciale. J’ai été
acheteur textile pour une entreprise de
vente à distance pendant plus de
10 ans. Ce n’est qu’en 1993
que j’ai décidé de
préparer le diplôme de psychologue
au conservatoire national des arts et
métiers. J’ai passé
ma maîtrise en 1999 et validé
ma thèse en 2005. Pendant ce temps,
j’en ai profité pour me rapprocher
de l’aspect relations humaines en
devenant responsable du personnel. J’ai
occupé ce poste pendant 10 ans
dans la même entreprise, un établissement
de 500 personnes, où je m’occupais
de l’ensemble du recrutement des
cadres et non cadres, mais aussi de la
gestion prévisionnelle des emplois
et compétences. Ce n’est
qu’en mars 2006 que j’ai quitté
cette entreprise pour créer mon
cabinet et exercer en tant que profession
libérale.
> Qu’est-ce
qui a motivé le choix de cette
profession ?
- Mon métier d’acheteur textile
était un métier de contact.
J’étais constamment en relation
avec les fournisseurs et je me suis vite
aperçue que la fibre humaine m’intéressait
plus que la fibre textile. J’avais
déjà pensé à
la psychologie lorsque j’étais
au lycée mais là c’était
devenu une évidence. La complexité
de l’individu m’a toujours
fascinée et mon expérience
dans l’entreprise m’a motivée
à me spécialiser dans la
psychologie du travail. Je me suis demandé
quel pouvait être l’apport
d’un psychologue dans un tel univers.
> Quelles
sont vos activités au quotidien
?
- J’accompagne des adultes qui ont
des problèmes psychologiques dans
leur entreprise : mal-être, difficulté
à communiquer, etc. Mais ma spécialisation
concerne plus globalement tout ce qui
touche à l’orientation, qu’elle
soit scolaire ou professionnelle. C’est
pourquoi j’effectue également
le suivi d’adolescents en quête
d’un projet professionnel. Je les
assiste dans leurs recherches et tente
de les guider dans leurs choix. Parallèlement,
j'interviens dans des écoles lilloises
pour accompagner des enfants en difficultés.
> Quelles
sont selon vous les qualités requises
pour exercer ce métier ?
- Sans hésiter, je dirais l’empathie.
Une écoute active est primordiale.
J’entends par «écoute
active» le fait de chercher à
comprendre les problèmes qui vous
sont présentés, sans pour
autant se les approprier. Les personnes
qui viennent me voir ont souvent l’impression
d’être incomprises et c’est
pourquoi je dois les mettre en confiance.
En revanche, il faut faire très
attention à ne pas glisser de l’empathie
vers la sympathie car si je m’implique
personnellement, je ne suis plus efficace.
De plus, la résolution des problèmes
doit venir de la personne elle-même
et mon travail consiste à l’assister
et la guider dans sa démarche.
> Quels sont
les avantages et les inconvénients
de votre métier ?
- Puisque j’exerce une profession
libérale, mon principal avantage
est la liberté : je suis mon propre
patron. En revanche, comme pour tous les
métiers de ce type, il faut se
démener pour faire fonctionner
sa boîte. Mais la frontière
entre avantages et inconvénients
est mince puisque la pression est plutôt
motivante. Au-delà de ça,
je dirais que le fait de ne plus être
encadrée dans une entreprise peut
parfois être déroutant. Je
suis seule à présent.
> Qu’auriez-vous
à dire aux jeunes qui envisageraient
d’exercer cette profession ?
- Je vais parler du métier de psychologue
en général car la spécialisation
ne vient qu’ensuite. Je pense que
c’est un métier qui va se
développer. Aujourd’hui il
est encore difficile de trouver un emploi
mais la société évolue
en termes de demandes. On s’intéresse
de plus en plus à soi-même
et chacun cherche à prendre soin
de son corps mais aussi de son esprit.
L’individualisme pousse les gens
à faire davantage de démarches
spontanées et le mot « psy
» ne fait plus autant peur qu’il
y a quelques années. Bien sûr,
avec Internet et les nouvelles technologies,
beaucoup se laissent tenter par des consultations
ou des bilans virtuels. Mais je suis convaincue
que rien ne peut remplacer le contact
direct avec la personne et que le face
à face reste un véritable
moteur de développement personnel.
R. J. 14/02/07
Fiche métier
du Psychologue
d' entreprise
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