| |
Portrait
d'une Art Thérapeute (2
portraits) |
|
|
Les arts au coeur de la thérapie
Santé. Caroline Lévèque,
art thérapeute, vient de s'installer
à Figeac. Grace à la créativité,
elle facilite le mieux-être du corps
et de l'esprit.
L'endroit respire la tranquillité.
Sitôt la porte poussée, l'ambiance
feutrée et la quiétude apaisent.
Tableau coloré et autres statuts
de papier flamboyantes ont trouvé
leur place ici, au 10 rue des Maquisards,
à Figeac.
Depuis mardi, Caroline Lévèque
y a installé son univers, afin d'accueillir
dans un lieu personnalisé le public.
Elle n'est pas galeriste, ni même
artiste, quoi que douée d'un talent
prononcé pour la créativité,
cette jeune femme de 33 ans est art thérapeute.
« Comme son nom l'indique, c'est une
thérapie par l'art. Il s'agit d'aider
les personnes à s'exprimer, à
exister, à s'accepter en s'appuyant
sur la sculpture, la peinture, l'infographie,
etc. L'objectif n'est pas de faire du joli,
mais de se servir de ces supports pour mettre
en place une thérapie comportementale
qui permette d'être bien dans son
corps et dans sa tête », explique
Caroline Lévèque.
Grâce à des ateliers individuels,
l'art thérapeute va travailler sur
l'histoire personnelle, l'acceptation de
soi, l'écoute de son corps. Mais
elle propose aussi des ateliers de couple,
pour rétablir la communication brisée,
par exemple, ou encore à destination
des entreprises, pour des groupes de travail.
La jeune femme, originaire de La Réunion
et installée depuis 3 ans à
Figeac avec sa famille, a plein d'idées.
Sa curiosité l'a conduite à
s'intéresser aux cultures non occidentales.
« J'ai beaucoup voyagé et je
me balade énormément, ce qui
me donne l'opportunité de découvrir
d'autres cultures et pratiques. Ainsi, je
travaille beaucoup autour du massage sensitif,
une autre forme de thérapie qui est
tournée vers le toucher, le ressenti
et fait travailler les sens. Ou sur la respiration
», souligne-t-elle.
Intarissable quand on lui parle de son métier
et des gens, la thérapeute prend
pourtant le temps de s'intéresser
aux autres, à leur projet et s'ouvre
à toute forme de communication. «
Je suis une utilisatrice d'internet, c'est
une technologie qui est parfois mal utilisée,
mais elle permet cependant de discuter directement
avec les personnes. Cela peut-être
enrichissant. »
Pleine de courage et d'envie, Caroline Lévèque
déborde de projets. Elle souhaite
mettre en place des groupes pour les enfants
handicapés ou en troubles du comportement.
Elle aimerait créer des ateliers
à destination des personnes âgées
pour briser la solitude et rétablir
le contact avec la vie. Et pense aussi à
valoriser la maternité en rapprochant
la mère et l'enfant et en diminuant
le traumatisme du nouveau-né grâce
à des pratiques nouvelles déjà
en place dans certains hôpitaux.
« L'art thérapie, conclut-elle,
est moins brutale qu'une psychothérapie
traditionnelle. »
Formation
d' Art Thérapeute
|
|
 |
| |
Etes-vous
fait le métier d' Art Thérapeute
?
Atout Métier
vous aide à définir
l'orientation qui vous convient le
mieux. Cet outil est destiné
aux étudiants, aux jeunes diplômés,
aux demandeurs d'emploi, ainsi qu'à
tout individu en poste qui souhaite
faire le point sur son projet d'évolution
professionnelle et personnelle.
En
savoir plus ... |
|
Colette L.
(54 ans)
Art thérapeute. |
 |
> Depuis combien
de temps êtes vous art thérapeute?
Quelle formation avez-vous suivie pour pouvoir
pratiquer ?
- J’ai obtenu mon diplôme d’art-thérapeute
en 1995 mais j’exerçais déjà
les fonctions depuis 1977, à temps
partiel, dans le cadre de mon travail d’éducatrice
spécialisée auprès
d’enfants autistes et psychotiques.
J’exerçais ces fonctions sur
la base de mon diplôme d’état
d’éducateur spécialisé
et de ma formation musicale en conservatoire
(musique-piano). Puis j’ai fait une
formation universitaire en musicothérapie
de 1987 à 1988 avant d’intégrer
la formation pour le DU d’art en thérapie
et en psychopédagogie de paris V
(qui n’existait pas lorsque j’ai
fait ma formation de musicothérapie).
La vocation de l’association Puzzle
: le développement des pratiques,
de la formation et de la recherche en art-thérapie.
Et très particulièrement l’élaboration
d’outils spécifiques à
fort potentiel thérapeutique, dans
une démarche pluridisciplinaire d’association
de techniques artistiques- expressionnelles
- corporelles.
> Ou exercez
vous votre profession ?
- Au sein d’associations :Il s’agit
ici d’ateliers ouverts directement
par nos soins aux publics, mais aussi de
prestations de services que nous effectuons
pour le compte de structures de différents
types : hospitalières (psychiatrie
et non psychiatrie, tels que néonatalité,
traumas crâniens, soins palliatifs,
etc.), médico-sociales (IME), socio-éducatives
(maison de l’enfance à caractère
social, foyers, actions éducatives
en milieu ouvert, etc.) , maisons de retraite
et établissements gériatriques,
etc. Au sein d’EPSM (établissements
publics de santé mentale, anciennement
dits « hôpitaux psychiatriques
») en secteur de pédopsychiatrie
(enfants et adolescents) pour des troubles
ou individus sur lesquels la psychothérapie
classique n’est pas adaptée.
> Quelle est
votre clientèle ?
- A l’association elle est très
large, enfants, ados, adultes, personnes
âgées, couples et familles.
Avec des problématiques également
très diversifiées, mais relativement
légères ne nécessitant
pas de soin lourd. Beaucoup de personnes
viennent ainsi avec une demande d’amélioration,
de mieux-être, et de développement
personnel. Il s’agit souvent de difficultés
ou attentes que la psychiatrie ne prend
pas en charge. Pour les enfants nous avons
une action importante de prévention
au travers de la prise en charge de troubles
de comportement, des apprentissages, et
de la relation. Nous travaillons d’ailleurs
dans le cadre des dispositifs de «
réussite éducative »
mis en place par l’Etat. En EPSM mes
patients sont des enfants et adolescents
souffrant de troubles divers.
> Quelles sont
les différentes méthodes,
techniques que vous utilisez dans votre
travail ?
- L’art-thérapie est une forme
d’accompagnement de type psychothérapique
dans laquelle la personne, seule ou en groupe,
est invitée à utiliser une
ou plusieurs formes d’expression artistique
(appelées « médiations
»), entraînant alors un vécu
susceptible d’apporter une transformation.
L’art y est considéré
comme un moyen mis au service de la personne
et non comme une finalité. L’art-thérapie
s’appuie sur le développement
du potentiel humain créatif présent
en chacun mais ignoré ou étouffé
… La thérapie s’appuie
sur une triple indication : thérapeutique,
de développement personnel, de prévention
à l’usage de tous.
> Etes-vous
sollicitée par le milieu médical
?
- Oui, des patients nous sont régulièrement
envoyés par des médecins (généralistes,
psychiatres) ou des spécialistes
dans le champ de la santé, de l’éducation
et du travail social (psychologues, orthophonistes,
infirmiers parfois scolaires, assistants
sociaux, éducateurs, etc…)
.
> Quels sont les avantages et les inconvénients
de la profession ?
- La non réglementation du métier
a plusieurs inconvénients : pas d’inscription
au Répertoire national des métiers,
pas de convention collective. Donc pas de
repère en terme de rémunération
ou même d’équivalence
métier, chacun doit donc négocier
son statut avec l’employeur. L’ignorance
de l’existence de ce métier
cela nous amène à devoir communiquer
beaucoup sur ce que nous faisons…Les
avantages quant à eux sont :L’enrichissement
personnel lié à la rencontre
avec des publics très variés
que ce soit en âges, en terme de psychopathologie
et de besoins, la recherche car il s’agit
d’un métier encore en construction
et la diversité des statuts (libéral,
salarié, prestataire…)mais
aussi travailler en réseau avec des
associations, mouvements régionaux,
nationaux et internationaux, fédérations
d’art-thérapeutes telle est
la démarche de l’association
Puzzle depuis sa création…
> Quel conseil
donneriez vous à un jeune qui souhaiterait
exercer le même métier que
vous ?
- « Pas de statut officiel, et/ou
réglementé », voilà
l’écueil actuellement le plus
important pour un jeune… Face à
l’engouement pour ce métier
et l’affluence de demandes de formation
venant de jeunes, je conseille toujours
de faire d’abord un diplôme
professionnel (santé, éducation,
travail social, enseignement), qui pourra
servir de tremplin à l’exercice
de l’art-thérapie, et assurer
un salaire.
> Percevez vous
un changement de regard sur votre profession
?
- Il est indéniable et va dans le
sens d’une reconnaissance d’un
véritable outil thérapeutique.
Les efforts de tous les art-thérapeutes,
la multiplicité des écrits
sur le sujet, des conférences et
congrès, les retours et témoignages
des usagers y contribuent en permanence.
Les demandes en augmentation, que ce soit
de formation ou d’utilisation de l’outil
dans un but thérapeutique-personnel,
psychopédagogique ou rééducatif
le prouvent également. Des offres
d’emploi commencent à arriver
jusqu’à la Fédération
qui s’en fait le relais auprès
de ses membres…
>Combien gagnez
vous ?
- L’association a fixé un taux
de 38€/H pour ses intervenants, dits
« prestataires ». Mais ailleurs,
ça peut être moins, parfois
beaucoup moins, mais parfois plus. Quand
il s’agit d’un salaire mensuel,
les taux ne sont plus comparables et sont
directement liés au contrat et au
statut retenus. Pour cela l’association
s’aligne sur la convention
collective de l’animation.
VB
|
 |
| |
Test
de recrutement
Ce test vous
permet de vous placer en situation
réelle d'embauche et de mieux
préparer vos entretiens...
Ce test s'adresse
en priorité aux jeunes diplômé(e)s
et aux demandeurs d'emploi (si vous
êtes employé(e), cadre
ou dirigeant, nous vous conseillons
le Profil
PRO ).
En
savoir plus ... |
|
|
|
|
|
|