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  Témoignage d' une Assistante familiale

Interview d'une Assistante familiale vu par Mip-louhans


Michèle et Patricia assistantes familiales



Michèle est assistante familiale depuis 1999. "J'étais commerçante et lorsque l'entreprise a été transmise à mon fils, j'ai voulu trouver une nouvelle activité. Comme ma maison était vide depuis le départ de mes enfants, j'ai pensé à travailler à domicile. Je connaissais le métier d'assistante familiale grâce à Patricia. J'ai trouvé que c'était une bonne façon de joindre l'utile à l'agréable. Mais ce n'était pas une décision facile à prendre, ça a mûrit pendant 2 ans." Patricia a un itinéraire très proche de celui de Michèle. Femme d'artisan, elle est devenue assistante familiale après le départ de ses enfants.

Michèle et Patricia ont un agrément du Conseil Général qui leur permet d'accueillir des enfants placés par l'organisme de placement qui les emploie. "Les enfants ont entre 14 mois et 20 ans. Nous faisons aussi toutes les deux de l'accueil d'urgence. Il faut donc beaucoup de disponibilité."

Les familles de l'assistante familiale doivent impérativement être intégrées au projet. "J'ai demandé l'accord de mon mari et de mes enfants avant de me lancer dans cette aventure, nous explique Michèle. C'est important car l'enfant accueilli est intégré dans notre vie quotidienne, il faut donc que tout le monde suive." Patricia nous confirme l'importance du soutien familial, notamment de son mari : "Les enfants placés ont souvent des pères absents et ils ont besoin d'avoir une présence masculine dans leur quotidien. Mon mari joue un rôle important, notamment au niveau de l'autorité." Le mari de Michèle a, quant à lui, fait les démarches pour obtenir son agrément. "Il fait surtout des dépannages, c'est-à-dire des remplacements pendant les vacances ou il peut me remplacer si j'ai un problème de santé par exemple…"

Michèle et Patricia ne sont devenues assistantes familiales qu'une fois leurs propres enfants grands et installés. "Même si mes enfants ont donné leur accord, il existe néanmoins une certaine jalousie. Mes enfants me font parfois des remarques et me disent qu'avec eux j'étais moins conciliante," nous raconte Michèle en souriant. "Il n'y a pas vraiment de rivalités entre les enfants placés, ils sont plutôt solidaires les uns des autres, nous explique Patricia. C'est différent lorsqu'on accueille des frères et soeurs, il existe entre eux une jalousie qu'on retrouve dans toutes les familles."

Les enfants accueillis par Michèle et Patricia ont souvent en commun un parcours chaotique, leurs parents, qui même s'ils n'ont plus la garde de leurs enfants, restent plus ou moins présents. Ils peuvent notamment les accueillir régulièrement chez eux les week-ends. "On amène les enfants chez leurs parents, mais on n'entre pas toujours. Par exemple, je n'ai jamais vu la mère des deux garçons que je garde, raconte Michèle. Il faut bien faire attention de ne pas trop s'attacher à l'enfant, même si c'est difficile. Il ne faut pas oublier qu'il a une famille et qu'il peut y retourner. Il faut trouver le bon équilibre : donner de l'affection sans trop s'attacher."

Les enfants placés sont souvent en manque d'affection. Certains considèrent la maison de la famille d'accueil comme leur vrai foyer. L'assistante familiale doit bien faire attention à ne pas se substituer totalement aux parents. "Certains enfants ont aussi envie de nous appeler maman, raconte Michèle, mais il ne faut pas les laisser faire. On n'est pas là pour remplacer les parents, mais pour parer à leurs déficiences. Tout bêtement, à Noël, une maman avait promis à son fils un baby foot. Il en rêvait. Je me doutais bien qu'elle oublierait, alors j'en ai acheté un au cas où, et j'ai bien fait, sinon il aurait été très déçu.'

Les assistantes familiales ne connaissent souvent que les grandes lignes de l'histoire des enfants, elles découvrent certains éléments petit à petit. Les enfants placés sont souvent en difficultés : handicap physique, retard intellectuel… Ils ne peuvent pas tous suivre une scolarité normale, ils intègrent parfois des CLIS (classe spécialisée) ou des IME. "Ces enfants n'ont pas grandi comme les autres, c'est pour ça qu'ils ont des problèmes. Leur retard peut être dû à des problèmes de drogue ou d'alcool des parents. Ils peuvent tout simplement être déstabilisés par le chaos familial, souvent issu de la précarité. Certains ont été sous alimentés, d'autres ont appris à faire les poubelles ou ont vécu à droite et à gauche. Les exemples sont nombreux. Lorsqu'ils arrivent chez nous, il faut parfois tout reprendre depuis le début, essayer de donner un cadre. C'est très différent de ce qu'on a pu faire avec nos propres enfants. On essaye de les aider à être autonome pour qu'ils sachent se débrouiller. J'ai eu un adolescent qui, à 14 ans, ne savait ni lire ni écrire, j'ai essayé de le motiver et de l'aider", raconte Patricia.

"Certains enfants ne comprennent pas pourquoi ils ont été placés, explique Michèle, ils ne se sont pas forcément rendus compte que leurs parents ne pouvaient plus les assumer. J'ai un petit garçon qui, je le sais, ne s'intégrera jamais complètement. Il tient trop à sa mère et ne veut qu'une chose, y retourner. Les parents eux-mêmes n'acceptent pas ou ne comprennent pas toujours pourquoi on leur a retiré leurs enfants et nous pointent du doigt, alors que nous n'y sommes pour rien."

Les assistantes familiales doivent toujours faire en sorte de ne pas juger les parents même si ceux-ci sont défaillants. "On ne doit pas montrer à l'enfant qu'on est en désaccord avec ses parents. Il faut être très vigilant sur ce point. Nous devons aussi toujours savoir nous effacer derrière eux. On ne juge pas, on vit avec la situation. Il faut dire la vérité tout en respectant les parents", nous explique Michèle.

"Je garde une adolescente handicapée, Jessica, qui va bientôt subir une opération assez lourde, nous raconte Patricia. Je me suis occupée de toute l'organisation. Sa mère a naturellement été prévenue et a promis à Jessica de venir juste avant l'opération. Ça a causé beaucoup de soucis à Jessica qui ne savait pas comment elle allait gérer ma présence et celle de sa mère. Je l'ai rassuré en lui disant que je m'en irais lorsque sa mère serait là. Il faut savoir où est sa place."

Michèle et Patricia sont encadrées par des éducateurs. Elles participent à des groupes de paroles et à des réunions. "Je suis tout le temps en contact avec l'éducatrice, explique Michèle, je lui raconte le moindre incident : résultats scolaires, comportements..."

"C'est l'éducatrice qui fait le lien entre nous et les parents, raconte Patricia. Mais elle nous demande aussi parfois des conseils. Je garde une petite fille de bientôt 3 ans. Lorsqu'elle est chez moi, elle est propre et mange normalement. Mais elle revient toujours déstructurée de son weekend chez sa mère. Sa mère la voit encore comme un bébé. Elle lui met des couches, la nourrit au biberon et aux barres chocolatées. Quand elle revient chez moi, elle a repris la mauvaise habitude de manger toute la journée. J'en ai parlé à l'éducatrice qui voulait savoir si elle devait ou non prévenir la mère. Je lui ai dit que ce n'était pas la peine, que de toute façon la mère n'en tiendrait pas compte, alors inutile d'envenimer les choses."

Les assistantes familiales ont droit à des congés sans les enfants, qu'elles choisissent de prendre ou non. Elles doivent prévenir leur employeur à l'avance pour permettre de placer les enfants temporairement dans d'autres familles d'accueil (souvent des personnes qu'ils connaissent ou qui accueillent un de leurs frères ou soeurs ou, quelquefois, si le contexte le permet, chez une personne de leur propre famille). "Au début, je partais toujours en vacances avec les enfants. Je n'aimais pas l'idée de les laisser, nous confie Michèle. Et puis je me suis rendue compte que ça pouvait être bénéfique pour tout le monde. Je peux souffler un peu. Ça évite aussi un trop grand attachement avec les enfants. J'ai un petit garçon qui est très lié à moi. Il avait du mal à me laisser même pour aller à l'école. Ne pas me voir pendant quelques semaines lui a permis d'être moins dépendant, ça lui a fait beaucoup de bien."

Les assistantes familiales gèrent tous les aspects de la vie quotidienne de l'enfant : rendez-vous médicaux, suivi de la scolarité et de l'orientation, déplacements , recherches de stage, sexualité… "Jessica, qui est en fauteuil roulant, voit de nombreux spécialistes : orthophoniste, psychologue, psychomotricien… J'organise chaque semaine le planning des rendez-vous médicaux. J'ai eu aussi un jeune de 20 ans que j'ai aidé à trouver un stage. Nous intervenons vraiment dans tous les domaines. Concernant la sexualité, nous essayons d'être vigilante, mais notre action a ses limites. Par exemple, une fille ne peut pas prendre la pilule tant que sa mère n'a pas donné son accord, là-dessus nous ne pouvons absolument pas agir", nous confie Patricia. "Nous sommes indépendantes, mais pas totalement. Les parents restent présents. Mais parfois, c'est sur des choses un peu étonnantes. Par exemple, nous explique Michèle, nous n'avons pas le droit de couper les cheveux des enfants sans l'accord des parents."

Les enfants posent parfois des questions sur leur histoire, leurs parents. Là encore l'assistante familiale doit s'effacer et passer le relais aux parents ou à l'éducateur. "Un petit garçon m'a demandé pourquoi il n'avait pas le même nom que son frère. Ce n'est pas à moi de lui expliquer, mais à l'éducatrice ou à sa mère."

Les assistantes familiales doivent faire preuve d'une grande disponibilité notamment lorsqu'on leur confie des enfants en urgence. Les enfants, lorsqu'ils arrivent dans la famille, sont totalement déstabilisés. "J'ai eu le cas d'une petite fille qui n'a pas voulu lâcher ma robe pendant une semaine", raconte Michèle.

En devenant assistantes familiales, Michèle et Patricia ne s'imaginaient pas forcément tous les cas de figure auxquels elles allaient être confrontées. "Aujourd'hui, on a tout vu ou tout entendu, ou presque. Si on tient le choc une fois, on sait qu'on le tiendra toujours. Il faut avoir les nerfs solides pour faire ce métier et un certain détachement. N'ayant pas eu de problèmes particuliers avec nos enfants ou nos parents, on ne s'attendait pas forcément à tout ce qui nous est arrivé. On a commencé avec pas mal d'illusions. On apprend à gérer petit à petit, à ne plus avoir peur, à prendre plus d'assurance. Mais il faut garder en tête l'idée de se protéger. Il faut connaître ses propres limites pour ne pas mettre en péril sa propre famille."

"Une des enfants que j'accueille a sa mère en prison, nous raconte Patricia, et bien je peux vous dire que ce n'est pas évident d'aller au parloir la première fois. J'ai même participé à un après-midi de Noël làbas, je me suis promise de ne jamais le refaire, c'était trop difficile de voir les mères et les enfants en pleurs au moment du départ. J'ai aussi dû me rendre en gendarmerie pour un jeune qui avait fait des bêtises, ce sont des choses qu'on imagine pas faire au début."

Une assistante familiale doit se remettre en question et prendre du recul par rapport aux situations qu'elle vit avec les enfants. "Parfois, je doute ou j'ai envie de baisser les bras, mais il faut arriver à surmonter les échecs et aller de l'avant. Il y a des moments difficiles bien sûr, mais aussi tellement d'instants de joie, nous dit en souriant Michèle. C'est très motivant de se sentir utile. Et puis, les enfants gardent toujours quelque chose de ce qu'on leur a appris. C'est un métier très agréable pour quelqu'un qui aime les enfants : on les chouchoute, on les aide, on essaye de les guider…"

Et lorsqu'on leur demande si elles redoutent les départs des enfants, elles nous répondent : "Pas vraiment, parce que nous sommes préparées. Nous le savons environ 1 an à l'avance. Et puis, les enfants sont faits pour grandir et partir, nous avons bien survécu à la coupure avec nos propres enfants", nous disent-elles en riant.


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