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  Interview d'une Auxiliaire de Puériculture (7 interviews)
Interview d'une Auxiliaire de Puériculture vu par L4m


Frédérique Olejnik (43 ans)
Auxiliaire de puériculture
Société: crèche Edouard Vaillant (Vitry-sur-Seine)

> Pouvez-vous nous retracer votre parcours étudiant ?

- Après obtention de mon BEPC, j’ai passé mon BEP carrières sanitaires et sociales à Saint Michel, à Reims. Durant ces deux années, j’ai découvert le métier dans de divers contextes grâce aux stages pratiques en crèche, en maison de retraite, en école maternelle et en PMI (Protection maternelle infantile).
Puis, j’ai complété ma formation par un CAP Auxiliaire de puériculture, à l’école d’auxiliaire du Chemin Vert de Reims. J’ai donc pu être titularisée et enrichir mes compétences en alternant les cours théoriques (cours de psychologie de l’enfant, hygiène de l’enfant, éveil de l’enfant…) et la pratique.

> Comment s’est présenté votre premier emploi ?

- A la fin de ma formation j’ai tout de suite su que je voulais exercer ma profession en crèche.
Ce milieu m’a immédiatement attirée car c’était celui qui répondait le plus à mes attentes.
J’ai donc fait le tour des sept crèches de Reims, mais aucune ne me soumettait une proposition d’embauche. Puis, je suis partie en région parisienne, à Vitry-sur-Seine, car la crèche du 8-Mai venait d’ouvrir. Pendant 3 ans, j’ai pu mettre en pratique ma formation et élargir mes compétences. Et depuis une vingtaine d’années je suis auxiliaire de puériculture à la crèche Edouard Vaillant de Vitry.

> Pourquoi avez-vous choisi ce métier ?

- Car déjà toute petite je me sentais attirée par les enfants Pour moi c’est une réelle passion et j’ai toujours aimé ce contact. De plus, ce travail correspond entièrement à mes motivations, c’est vraiment un plaisir d’encadrer les enfants, et de les accompagner dans leur prise d’autonomie.

> Quelles sont vos activités quotidiennes ?

- Mon rôle est de suivre chaque enfant dans les moments de la vie quotidienne : activités ludiques, prises des repas, toilette…
Pour mieux les encadrer, je travaille avec un groupe de référence. Cela permet à chacun de suivre les règles de la vie en communauté, d’établir une certaine hiérarchie et de leur fournir des repères. C’est en somme un accompagnement pédagogique de l’enfant.

> Quelles sont, pour vous, les qualités nécessaires pour exercer votre profession ?

- Il faut avant tout avoir de la patience ! Mais il est aussi essentiel d’être rigoureux pour pouvoir s’imposer et ne pas se laisser déborder. Il faut également être passionné par les enfants pour pouvoir s’adapter à toutes les personnalités. Enfin, il faut savoir être à l’écoute et aimer vivre en collectivité et en équipe car nous sommes en relation directe avec les puéricultrices, les infirmières et les éducatrices de jeunes enfants.

> Quels conseils pouvez-vous donner à un étudiant qui souhaiterait exercer votre métier ?

- Je lui dirais qu’il faut avoir une réelle motivation car le métier offre peu de débouchés.
Il faut savoir prendre le risque de s’engager sans espérer progresser rapidement…
Il est nécessaire de travailler pour son enrichissement personnel car les promotions se font rares ! Je conseillerais aussi de faire autant de stages pratiques que possible pour vite se faire une idée du métier et découvrir les différents environnements.

> Quels sont les avantages et les inconvénients du métier ?

- C’est un boulot très enrichissant et passionnant car suivre des enfants pendant presque trois ans pour certains, est une véritable satisfaction personnelle. C’est vraiment valorisant de voir la progression de chacun et de constater la satisfaction des parents. Il est également intéressant d’étudier la psychologie de l’enfant sur le terrain. Cependant, il n’est pas facile de s’adapter constamment pour éviter la routine ni d’être d’humeur constante chaque jour !

> Quelles sont vos perspectives d’avenir ?

- A l’heure actuelle, je me dis que je resterais au sein de la crèche tant que ma motivation sera là. Dès que je ne me sentirai plus capable d’apporter chaque jour un peu de moi-même aux enfants, là, il sera temps de me remettre en questions !


Fiche métier de l' Auxiliaire puéricultrice, la Puéricultrice et de l' Infirmière Puéricultrice


Interview d'une Puéricultrice

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Audrey Billot
auxiliaire de puériculture
Société: maison de la petite enfance « Les p’tit loups » à Mûrs-Erigné (49)


> Quel parcours scolaire as-tu suivi ?


- J’ai effectué un BEP sanitaire et social et un CAP petite enfance, le tout en deux ans.
En fait, le BEP comprend douze modules, dont six sont communs au CAP, c’est pourquoi il est possible après l’examen, plus complexe, du BEP de passer le reste des modules du CAP.
J’ai pu ensuite passer les concours d’entrée aux écoles de puériculture. C’est très difficile, le nombre de candidats étant très largement supérieur au nombre de places, il m’a fallu passer huit fois ce concours pour être admise.
La formation d’auxiliaire de puériculture se déroule en un an, en école spécialisée.
Elle permet l’obtention d’un diplôme reconnu par l’état. Il permet de travailler en crèche, en maternité, en pouponnière, en halte garderie. Le CAP permet quant à lui de travailler en école maternelle et en tant qu’ATSEM (Agent Territorial Spécialisé d’Ecoles Maternelles).
Le BEP sanitaire et social permet d’être agent hospitalier.

> La formation a-t-elle recourt à des stages ?


- Les années de BEP-CAP sont ponctuées de trois mois de stages. L’école de puériculture comprend quant à elle six mois de cours et six mois de stages non rémunérés. J’ai ainsi pu travailler un mois en pédiatrie, un mois en crèche, un mois en halte garderie, deux mois en maternité et un mois en maison de retraite.

> Est-ce que les stages ont changé ta vision du métier ?


- Non au contraire, ça a confirmé mon envie de travailler auprès des enfants.

> En quoi consiste la formation de puéricultrice ?

- Nous apprenons à nous occuper des enfants d’une manière générale (faire manger, soigner, laver…). Les cours sont divisés entre les matières générales et d’autres plus liées à la profession comme l’éducation civique, nous avons également beaucoup de biologie.

> Quelles sont d’après toi les qualités essentielles à la formation d’auxiliaire de puériculture ?


- Il faut être dynamique, patient, aimer le contact avec les enfants et les parents, avoir de l’imagination et une certaine créativité pour les activités que nous devons sans cesse renouveler.

> Peux-tu donner quelques conseils aux jeunes qui voudraient se lancer ?


- Ne jamais négliger les stages, car ils permettent un premier contact avec la profession.
Pour l’école de puériculture, attention aux oraux de fin d’année, on nous test vraiment sur notre culture générale, il faut également montrer sa détermination. J’ai personnellement pris des cours particuliers avec un de mes anciens professeurs de français. Il faut savoir que l’on peut rebondir d’une formation à une autre. La formation d’auxiliaire de puériculture a des cours communs à celle d’aide soignante. Une fois la première terminée, six mois de formations complémentaires suffisent pour passer l’examen.
Il faut savoir que le plus dur reste de trouver du travail, en effet j’ai obtenu mon CDI après quatre années de remplacement et de CDD dans les crèches et les maternités.
L’ensemble de la profession utilise beaucoup le système du CDD ce qui ne nous assure pas une stabilité professionnelle. Cependant les CDD permettent de se former, dans tous les domaines.

> Peux-tu me décrire une journée type d’une auxiliaire puériculture ?

- 8 h 30 - 8 h 45 : Installation
8 h 45 - 10 h 00 : Accueil des enfants
10 h 00 - 10 h 15 : Chansons
10 h 15 - 10 h 30 : Goûter
10 h 30 - 11 h 30 : Activités
11 h 30 - 11 h 45 : Retour des parents
11 h 45 -12 h 30 : Repas
12 h 30 - 12 h 45 : Change
12 h 45 - 15,16 h : Sieste
16 h - 16 h 15 : Goûter
17 heures : Fin de journée.



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Interview d'une Auxiliaire de Puericulture vu par Mip-louhans

Marie-Jeanne, auxiliaire de puériculture en haltegarderie en zone rurale

La halte-garderie où travaille Marie-Jeanne accueille 12 enfants dont 6 restent manger à midi. Contrairement à une crèche, les enfants ne viennent pas tous les jours. Marie- Jeanne travaille sous la direction d'une éducatrice spécialisée et avec deux collègues, l'une titulaire du BEP Sanitaire et Social et l'autre du CAP Petite Enfance.

Marie-Jeanne nous accueille au milieu d'une douzaine d'enfants en train de jouer. La 1ère chose qui nous frappe, c'est le brouhaha. "C'est souvent bruyant, nous confirme-t-elle en souriant, on finit par s'y habituer." Nous nous éloignons du groupe pour discuter au calme du travail quotidien de Marie- Jeanne. Elle fait 35 heures par semaine, comme ses autres collègues. Elle fait des journées continues de 8h à 18h ou de 8h à 16h30. "Je suis non stop avec les enfants, même pour le repas de midi que je prends avec eux. Une maman qui veut faire ce métier doit bien comprendre qu'elle n'aura pas forcément des horaires compatibles avec ceux de ses enfants. Ici, nous essayons de nous arranger, mais ce n'est pas possible partout."

Marie-Jeanne arrive à 7h50 pour ouvrir la halte-garderie. "J'ouvre la structure. Une femme de ménage est passée la veille et tout est trop bien rangé. Il faut tout installer pour rendre l'endroit convivial et agréable pour les enfants. J'ouvre les volets, je sors des jouets, je pose des crayons sur les tables… Je vais aussi chercher le linge dans la machine – des serviettes et des draps – que je plie et je range. Je fais en sorte que tout soit prêt pour accueillir les enfants et les parents à
partir de 8h."

Le contact avec les parents est très important. Ils donnent leurs consignes pour la journée (untel a mal dormi, un autre est fatigué…), demandent parfois des conseils, donnent les carnets des bébés. Ils apportent le repas de midi et les affaires de l'enfant (couches, doudou…). "Nous notons sur un tableau les noms des enfants, les heures d'arrivée et de départ, ainsi que les informations particulières : un enfant a une otite et doit garder son bonnet pour sortir, un autre sera récupéré le soir par une personne inhabituelle…"

A 9h, presque tous les enfants sont arrivés et jouent dans la pièce principale. Certains sont calmes, d'autres agités, Marie- Jeanne et ses collègues doivent s'adapter à chacun tout en gérant un groupe. "Les gens ne réalisent pas toujours qu'il y a une grande différence entre s'occuper d'un seul enfant, comme en baby-sitting, et gérer un groupe hétéroclite, notamment au niveau des âges.

C'est vraiment particulier et le travail d'équipe est très important. Par exemple, pendant que je donne le biberon à un bébé, ce qui prend du temps, une de mes collègues gère le reste du groupe et doit faire face à la jalousie de certains grands."

Pour calmer et canaliser l'énergie des enfants, une petite activité peut être organisée. "Nous ne planifions pas vraiment les activités, nous explique Marie-Jeanne. Nous nous adaptons à la
situation. Il peut s'agir de découpage, de gommettes, de dessin. Mais attention, les enfants se déconcentrent très vite, les activités durent au grand maximum 20 minutes. Nous proposons des
activités plus lourdes après le goûter comme de la pâte à modeler ou de la pâte à sel. C'est un métier où il faut être manuel."

A 9h30, les enfants s'installent pour le goûter. Marie-Jeanne préfère préparer le chariot du goûter (verres, serviettes…) à l'avance pour ne pas être prise au dépourvu. "Les enfants sont
imprévisibles, je préfère donc anticiper ce que je peux. Il ne faut pas longtemps pour préparer le chariot, mais c'est 5 minutes où je ne peux pas garder un oeil sur les enfants. De même, je préfère
faire manger en premier les plus petits, ceux qui ont besoin d'aide pour manger. Les grands mangent après.

Au sein de l'équipe, nous avons chacune nos méthodes, l'essentiel étant que nous allions toutes dans la même direction. Nous devons être tolérantes les unes avec les autres et ne pas nous
contrer. Nos différences sont un atout, elles nous permettent une pluralité d'approche. Par exemple, Isabelle, l'éducatrice, fait manger tous les enfants ensemble pour stimuler les plus petits et leur donner l'exemple des plus grands."

L'équipe se réunit régulièrement lors de réunions et fait de l'analyse de pratique. "Une mauvaise ambiance entre nous est ressentie par les enfants. C'est vraiment essentiel de nous réunir, ça nous permet de discuter, de faire le point sur certaines situations, de résoudre des problèmes internes, de nous remettre en question…" La halte-garderie accueille de nombreux stagiaires
chaque année. "C'est un peu lourd au départ, nous confie Isabelle, la responsable, car il faut les encadrer. Mais ils nous apportent aussi de nouvelles idées et nous permettent de nous remettre en question. C'est seulement dommage que toutes les structures d'accueil ne jouent pas le jeu."

Après le goûter, les enfants retournent jouer. Marie-Jeanne et ses collègues restent très vigilantes. "Il faut tout le temps être sur le qui-vive, se lever, empêcher un enfant de jeter des jouets dans le parc où jouent les bébés, d'ouvrir les placards de la cuisine, de monter sur la table ou les chaises, de se bagarrer… Il faut constamment se répéter et leur fixer des limites. Il faut aussi faire attention de ne pas avoir de préférés, nous devons rester neutres. Une grande patience est nécessaire pour faire ce métier, nous confie en souriant Marie-Jeanne. Il est inutile de s'énerver, même lorsqu'un enfant que vous venez d'habiller se déshabille. Mais nous sommes récompensées de nos efforts lors que nous voyons progresser les enfants et qu'ils rentrent à l'école."

Avant l'heure du repas, les enfants participent à d'autres ateliers, jouent, vont dehors… Au cours de la journée, les enfants sont régulièrement emmenés aux toilettes ou changés. En tant qu'auxiliaire de puériculture, Marie-Jeanne est particulièrement attentive aux besoins fondamentaux des enfants : santé, sommeil, hygiène, alimentation. "Je fais bien attention aux allergies alimentaires de certains enfants, aux problèmes de boutons, de température ou d'habillement. Je suis très vigilante au niveau médical. J'essaye de voir les changements de comportement et de comprendre ce qui se passe. Nous n'accueillons pas d'enfants malades à la halte-garderie, mais certains peuvent avoir des rhumes. C'est un métier où nous tombons nous-mêmes beaucoup malades la 1ère année. Il faut s'immuniser contre les microbes. Il faut être résistant aussi bien physiquement que nerveusement pour faire ce métier, nous explique Marie-Jeanne. Nous sommes tout le temps en mouvement, nous nous levons, nous baissons, et
nous ne sommes jamais vraiment assises sauf sur les petites chaises des enfants. Et puis nous portons les enfants, alors attention aux problèmes de dos !"

Une fois les mains lavées, les enfants prennent leur repas à partir de 11h30. C'est un moment convivial où l'idée éducative reste présente. "Nous parlons avec les enfants de ce qu"ils mangent, ils apprennent à rester assis, à respecter le repas des autres, à manger. Nous mangeons avec eux et nous devons donner l'exemple. Une fois que les enfants sont retournés jouer, l'une de nous range la cuisine, fait la vaisselle et regroupe les affaires des enfants dans leurs sacs."

De 13h à 15-16h, les enfants vont faire la sieste. "Ils sont souvent très fatigués. Nous les aidons à s'endormir, certains ont besoin de plus de temps que d'autres. Nous restons toujours avec
eux. Nous installons les enfants arrivés vers 13h30 en faisant le moins de bruit possible pour ne pas réveiller ceux qui dorment. Ça fait aussi partie de leur apprentissage de respecter les autres."

Certains enfants, plus grands, ne font pas la sieste. Marie- Jeanne ou une de ses collègues leur propose des jeux ou une activité (collage, peinture…). "J'ai toujours le souci de la sécurité : un jouet cassé peut être dangereux et doit être réparé, un jouet sur lequel un enfant a beaucoup bavé doit être nettoyé… Je m'occupe aussi de faire les lits et de mettre des machines à laver en route."

Une fois réveillés, les enfants sont habillés, changés. "Nous n'avons pas besoin de décider à l'avance qui va faire quoi, ça se fait naturellement, nous nous connaissons bien. Nous avons aussi
un rôle administratif qu'il faut remplir au milieu des enfants, et ce n'est pas toujours facile. Nous répondons au téléphone, faisons l'encaissement, complétons les carnets des bébés, gérons les
inscriptions… Lorsque l'éducatrice est absente, c'est moi qui prends le relais. Nous allons aussi à tour de rôle faire des courses."

Ensuite, ils goûtent vers 16h et repartent jouer ou participer à des activités. "Nous les emmenons aux toilettes, nous les changeons, nous les habillons et les chaussons pour aller jouer dehors… C'est important qu'ils aillent dehors courir et s'aérer. Nous le faisons même en hiver, lorsque le temps le permet bien sûr. Sinon, nous avons une salle motricité où les enfants peuvent se défouler. C'est aussi un moyen de travailler sur la recherche de l'équilibre, la marche. Lors des ateliers, les enfants découvrent les matières, les couleurs, les objets. Nous faisons de l'éceil, mais nous ne sommes pas l'école, ils sont encore petits." C'est Isabelle, l'éducatrice, qui s'occupe des animations, des activités, de la venue d'intervenants extérieurs, des sorties… Des réunions thématiques sont aussi organisées pour les parents. Les premiers parents arrivent vers 16h30. Les départs s'échelonnent jusque vers 18h30. "Nous parlons aux parents de la journée, de ce qui s'est passé."

Marie-Jeanne a aussi travaillé en crèche pendant plusieurs années sur Lyon et les parents n'avaient pas toujours beaucoup le temps de discuter. "C'était très différent d'ici, déjà parce que
c'était une crèche, mais aussi parce que c'était en ville. Les parents et les enfants étaient plus stressés et fatigués. On avait moins la possibilité de les emmener dehors. Dans la crèche où
j'étais, le jardin était tout petit et pas sécurisé. Et sortir se promener relevait du parcours du combattant à cause des voitures mal garées, de la circulation, des trottoirs trop petits…
Malgré ces contraintes, c'était très intéressant." Au cours de sa carrière Marie-Jeanne a aussi exercé en maternité, mais ça lui a moins plu. "C'était très routinier. Ce que j'aime ici à la haltegarderie, c'est la variété et le contact avec les enfants. Les journées ne se ressemblent jamais."

Auxiliaire de Puériculture en maternité

En milieu hospitalier, on trouve des auxiliaires de puériculture en service de néonatologie ou de pédiatrie pour les enfants malades ou prématurés ou en maternité, notamment en secteur
d'hébergement et en salles de naissance. Dans cet univers médicalisé, le rôle de l'auxiliaire est très différent de celui qu'elle peut avoir en structure d'accueil. Elle doit, en effet, accomplir un
certain nombre de gestes techniques et accompagner les parents dans leur projet de naissance. Les contraintes hospitalières et la formation spécifique à ces unités de soins nécessitent des qualités en matière d'adaptation. Un exercice de la fonction d'auxiliaire en structure d'accueil pendant plusieurs années peut rendre difficile l'intégration en structure hospitalière.

Nous avons rencontré deux auxiliaires de puériculture en maternité dont le travail est très différent.

Corinne, jeune auxiliaire de puériculture en secteur
hébergement service maternité

Le service est organisé sur 2 étages. Il accueille les mamans et les bébés après l'accouchement. La durée du séjour varie entre 3 et 7 jours. Trois auxiliaires se relaient à l'étage de Corinne. "Nous
avons trois types d'horaires : 6h15-14h15, 7h45-15h45 et 13h15- 20h45. Un planning mensuel est établi le 15 du mois d'avant, de manière à établir notre organisation. Les horaires sont contraignants, car nous sommes aussi présentes un certain nombre de week-ends et de jours fériés. Il faut donc une grande disponibilité et bien organiser sa vie de famille. Mes collègues qui
ont de jeunes enfants ne les voient pas toujours beaucoup. Il arrive qu'elles rentrent chez elles vers 21h, lorsqu'ils sont déjà couchés, et, pour peu qu'elles soient du matin le lendemain, ne les
revoient pas avant l'après-midi."

Corinne a un rôle de nursing et d'accompagnement auprès des mamans et des enfants. "Je les conseille dans leurs premiers gestes de maman. Avant de repartir chez elles, elles ont besoin
d'être rassurées sur leur rôle et compétence de mère. Le bain est un moment d'échange privilégié. Je fais à la fois du conseil et de la technique. Je montre aux parents les bons gestes notamment
pour nettoyer le cordon, le visage ou le nez. C'est aussi l'occasion de répondre à toutes leurs questions qu'elles soient liées au bain ou non : comment le porter, quand le laver… Beaucoup de
questions portent sur l'allaitement."

Au cours de sa journée, Corinne répond ponctuellement aux appels des parents. Elle doit être disponible que cela soit pour servir de l'eau ou répondre à de nouvelles interrogations. "C'est
vrai que je fais souvent les mêmes tâches et je réponds aux mêmes questions, nous explique Corinne, mais ce n'est jamais avec les mêmes personnes et c'est ça qui rend le métier toujours
différent. Je m'adapte à chaque maman. Je ne parle pas de la même manière à une nouvelle maman particulièrement inquiète ou à une maman dont c'est le 3ème enfant. Certaines sont aussi plus angoissées que d'autres. Il faut toujours faire très attention à ce qu'on dit pendant cette période où le lien mère-enfant se tisse."

Outre la patience et la discrétion, une auxiliaire doit vraiment avoir un goût pour le contact humain. "C'est un métier basé sur le relationnel où il faut beaucoup donner de soi. Les mamans se confient beaucoup plus facilement à nous et il faut toujours prendre le temps nécessaire pour leur répondre."

En dehors du conseil, Corinne accomplit bien d'autres tâches. "J'aide l'ASH à distribuer les repas, j'accompagne les mamans au moment de l'alimentation… Au niveau médical, je suis présente lors de la visite du pédiatre et j'assiste la sage-femme lors des prélèvements sanguins réalisés auprès des bébés. Je dois toujours savoir où s'arrêtent mes responsabilités. Je conseille à quelqu'un qui voudrait faire plus de gestes techniques de s'orienter plutôt vers des postes d'infirmières ou de
puéricultrice. Mais plus on fait de la technique et moins on fait de relationnel."

Corinne s'occupe également de l'hygiène des locaux : désinfection des lits et du matériel, gestion du linge…"C'est un métier physique, car nous avons beaucoup de manutention à faire. Nous sommes aussi tout le temps debout et toujours en train de courir." Le travail d'équipe est également très présent. Le point sur chaque bébé et chaque maman est fait au moment des relèves. "Avec la sagefemme, nous passons en revue les informations essentielles. Par exemple si un enfant a mal tété la nuit, il faudra être plus vigilant au niveau de son alimentation en journée. Nous notons toutes nos observations dans le dossier des patients."

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Françoise, auxiliaire de puériculture en salles de naissance.

"En un mot, c'est un métier d'urgence où il faut une grande disponibilité et une grande vivacité, nous résume Françoise. Il ne faut pas oublier que notre intervention peut être vitale."

Françoise est présente en salle d'admission pour accueillir les mamans. Elle fait un petit "diagnostic" qu'elle transmet à la sage-femme. "Je pose un minimum de questions. En fonction des réponses, je dois réagir vite. Par exemple, une femme s'est présentée hier et avait l'air d'aller bien. En fait, elle perdait les eaux et avait besoin d'être accouchée rapidement parce qu'elle avait eu son premier enfant par césarienne. Il peut s'agir aussi d'une femme qui saigne. Dans ces cas-là, il faut vite prendre une décision et courir prévenir quelqu'un. Je dois être capable en un minimum de mots d'expliquer la situation à la sage-femme."

Lorsqu'il ne s'agit pas d'une césarienne, Françoise est en salles de naissance pour soutenir la maman. "Je m'adapte à chaque maman. Je suis plus présente lorsque la maman est agitée. A chaque accouchement, c'est l'inconnu. C'est ce qui fait que mon métier n'est pas routinier. Une
fois l'enfant né, je l'essuie, je l'enveloppe dans un drap chaud et je lui mets un bonnet. Je suis également là pour l'accompagner lors de la prise de sein. Je fais en sorte de bien restituer l'enfant à sa famille, de créer un cocon autour d'eux. J'évite les lumières fortes, les va-et-vient. Je n'abreuve pas la maman de conseils, ce n'est pas le moment."

Françoise fait également la surveillance clinique du bébé. "Je regarde surtout sa coloration et son tonus, en un coup d'oeil je sais s'il va bien ou non. S'il est bleu, c'est qu'il a du mal à respirer par exemple. 2 heures après la naissance, je m'occupe de la pesée, du soin du cordon, je prends
la température, je mets du collyre dans les yeux de l'enfant, je l'habille… Je le regarde de manière globale pour voir s'il n'a pas de tâches ou de petites malformations. Ensuite, je retransmets mes observations à la sage -femme ou au pédiatre."

Françoise forme un véritable tandem avec la sage-femme. "Je m'adapte à chaque sage-femme. En général, un seul regard suffit pour que nous nous comprenions. Je sais ce que je dois faire et quand je dois le faire. Chaque minute peut être précieuse et notre complicité permet de gagner du temps. Je dois tenir la table de réani