>
Pouvez-vous nous retracer votre parcours
étudiant ?
- Après obtention de mon BEPC, j’ai
passé mon BEP carrières sanitaires
et sociales à Saint Michel, à
Reims. Durant ces deux années, j’ai
découvert le métier dans de
divers contextes grâce aux stages
pratiques en crèche, en maison de
retraite, en école maternelle et
en PMI (Protection maternelle infantile).
Puis, j’ai complété
ma formation par un CAP Auxiliaire de puériculture,
à l’école d’auxiliaire
du Chemin Vert de Reims. J’ai donc
pu être titularisée et enrichir
mes compétences en alternant les
cours théoriques (cours de psychologie
de l’enfant, hygiène de l’enfant,
éveil de l’enfant…) et
la pratique.
> Comment s’est
présenté votre premier emploi
?
- A la fin de ma formation j’ai tout
de suite su que je voulais exercer ma profession
en crèche.
Ce milieu m’a immédiatement
attirée car c’était
celui qui répondait le plus à
mes attentes.
J’ai donc fait le tour des sept crèches
de Reims, mais aucune ne me soumettait une
proposition d’embauche. Puis, je suis
partie en région parisienne, à
Vitry-sur-Seine, car la crèche du
8-Mai venait d’ouvrir. Pendant 3 ans,
j’ai pu mettre en pratique ma formation
et élargir mes compétences.
Et depuis une vingtaine d’années
je suis auxiliaire de puériculture
à la crèche Edouard Vaillant
de Vitry.
> Pourquoi avez-vous
choisi ce métier ?
- Car déjà toute petite je
me sentais attirée par les enfants
Pour moi c’est une réelle passion
et j’ai toujours aimé ce contact.
De plus, ce travail correspond entièrement
à mes motivations, c’est vraiment
un plaisir d’encadrer les enfants,
et de les accompagner dans leur prise d’autonomie.
> Quelles sont
vos activités quotidiennes ?
- Mon rôle est de suivre chaque enfant
dans les moments de la vie quotidienne :
activités ludiques, prises des repas,
toilette…
Pour mieux les encadrer, je travaille avec
un groupe de référence. Cela
permet à chacun de suivre les règles
de la vie en communauté, d’établir
une certaine hiérarchie et de leur
fournir des repères. C’est
en somme un accompagnement pédagogique
de l’enfant.
> Quelles sont,
pour vous, les qualités nécessaires
pour exercer votre profession ?
- Il faut avant tout avoir de la patience
! Mais il est aussi essentiel d’être
rigoureux pour pouvoir s’imposer et
ne pas se laisser déborder. Il faut
également être passionné
par les enfants pour pouvoir s’adapter
à toutes les personnalités.
Enfin, il faut savoir être à
l’écoute et aimer vivre en
collectivité et en équipe
car nous sommes en relation directe avec
les puéricultrices, les infirmières
et les éducatrices de jeunes enfants.
> Quels conseils
pouvez-vous donner à un étudiant
qui souhaiterait exercer votre métier
?
- Je lui dirais qu’il faut avoir une
réelle motivation car le métier
offre peu de débouchés.
Il faut savoir prendre le risque de s’engager
sans espérer progresser rapidement…
Il est nécessaire de travailler pour
son enrichissement personnel car les promotions
se font rares ! Je conseillerais aussi de
faire autant de stages pratiques que possible
pour vite se faire une idée du métier
et découvrir les différents
environnements.
> Quels sont
les avantages et les inconvénients
du métier ?
- C’est un boulot très enrichissant
et passionnant car suivre des enfants pendant
presque trois ans pour certains, est une
véritable satisfaction personnelle.
C’est vraiment valorisant de voir
la progression de chacun et de constater
la satisfaction des parents. Il est également
intéressant d’étudier
la psychologie de l’enfant sur le
terrain. Cependant, il n’est pas facile
de s’adapter constamment pour éviter
la routine ni d’être d’humeur
constante chaque jour !
> Quelles sont
vos perspectives d’avenir ?
- A l’heure actuelle, je me dis que
je resterais au sein de la crèche
tant que ma motivation sera là. Dès
que je ne me sentirai plus capable d’apporter
chaque jour un peu de moi-même aux
enfants, là, il sera temps de me
remettre en questions !
Audrey
Billot
auxiliaire de puériculture
Société: maison de la petite
enfance « Les p’tit loups »
à Mûrs-Erigné (49)
> Quel parcours scolaire as-tu suivi
?
- J’ai effectué un BEP sanitaire
et social et un CAP
petite enfance, le tout en deux ans.
En fait, le BEP comprend douze modules,
dont six sont communs au CAP, c’est
pourquoi il est possible après l’examen,
plus complexe, du BEP de passer le reste
des modules du CAP.
J’ai pu ensuite passer les concours
d’entrée aux écoles
de puériculture. C’est très
difficile, le nombre de candidats étant
très largement supérieur au
nombre de places, il m’a fallu passer
huit fois ce concours pour être admise.
La formation d’auxiliaire de puériculture
se déroule en un an, en école
spécialisée.
Elle permet l’obtention d’un
diplôme reconnu par l’état.
Il permet de travailler en crèche,
en maternité, en pouponnière,
en halte garderie. Le CAP permet quant à
lui de travailler en école maternelle
et en tant qu’ATSEM (Agent Territorial
Spécialisé d’Ecoles
Maternelles).
Le BEP sanitaire et social permet d’être
agent hospitalier.
> La formation a-t-elle recourt à
des stages ?
- Les années de BEP-CAP sont ponctuées
de trois mois de stages. L’école
de puériculture comprend quant à
elle six mois de cours et six mois de stages
non rémunérés. J’ai
ainsi pu travailler un mois en pédiatrie,
un mois en crèche, un mois en halte
garderie, deux mois en maternité
et un mois en maison de retraite.
> Est-ce que les stages ont changé
ta vision du métier ?
- Non au contraire, ça a confirmé
mon envie de travailler auprès des
enfants.
> En quoi consiste
la formation de puéricultrice ?
- Nous apprenons à nous occuper des
enfants d’une manière générale
(faire manger, soigner, laver…). Les
cours sont divisés entre les matières
générales et d’autres
plus liées à la profession
comme l’éducation civique,
nous avons également beaucoup de
biologie.
> Quelles sont d’après toi
les qualités essentielles à
la formation d’auxiliaire de puériculture
?
- Il faut être dynamique, patient,
aimer le contact avec les enfants et les
parents, avoir de l’imagination et
une certaine créativité pour
les activités que nous devons sans
cesse renouveler.
> Peux-tu donner quelques conseils aux
jeunes qui voudraient se lancer ?
- Ne jamais négliger les stages,
car ils permettent un premier contact avec
la profession.
Pour l’école de puériculture,
attention aux oraux de fin d’année,
on nous test vraiment sur notre culture
générale, il faut également
montrer sa détermination. J’ai
personnellement pris des cours particuliers
avec un de mes anciens professeurs de français.
Il faut savoir que l’on peut rebondir
d’une formation à une autre.
La formation d’auxiliaire de puériculture
a des cours communs à celle d’aide
soignante. Une fois la première terminée,
six mois de formations complémentaires
suffisent pour passer l’examen.
Il faut savoir que le plus dur reste de
trouver du travail, en effet j’ai
obtenu mon CDI après quatre années
de remplacement et de CDD dans les crèches
et les maternités.
L’ensemble de la profession utilise
beaucoup le système du CDD ce qui
ne nous assure pas une stabilité
professionnelle. Cependant les CDD permettent
de se former, dans tous les domaines.
> Peux-tu me
décrire une journée type d’une
auxiliaire puériculture ?
- 8 h 30 - 8 h 45 : Installation
8 h 45 - 10 h 00 : Accueil des enfants
10 h 00 - 10 h 15 : Chansons
10 h 15 - 10 h 30 : Goûter
10 h 30 - 11 h 30 : Activités
11 h 30 - 11 h 45 : Retour des parents
11 h 45 -12 h 30 : Repas
12 h 30 - 12 h 45 : Change
12 h 45 - 15,16 h : Sieste
16 h - 16 h 15 : Goûter
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Marie-Jeanne,
auxiliaire de puériculture
en haltegarderie en zone rurale
La halte-garderie où
travaille Marie-Jeanne accueille
12 enfants dont 6 restent
manger à midi. Contrairement
à une crèche,
les enfants ne viennent pas
tous les jours. Marie- Jeanne
travaille sous la direction
d'une éducatrice spécialisée
et avec deux collègues,
l'une titulaire du BEP Sanitaire
et Social et l'autre du CAP
Petite Enfance.
Marie-Jeanne nous accueille
au milieu d'une douzaine d'enfants
en train de jouer. La 1ère
chose qui nous frappe, c'est
le brouhaha. "C'est souvent
bruyant, nous confirme-t-elle
en souriant, on finit par
s'y habituer." Nous nous
éloignons du groupe
pour discuter au calme du
travail quotidien de Marie-
Jeanne. Elle fait 35 heures
par semaine, comme ses autres
collègues. Elle fait
des journées continues
de 8h à 18h ou de 8h
à 16h30. "Je suis
non stop avec les enfants,
même pour le repas de
midi que je prends avec eux.
Une maman qui veut faire ce
métier doit bien comprendre
qu'elle n'aura pas forcément
des horaires compatibles avec
ceux de ses enfants. Ici,
nous essayons de nous arranger,
mais ce n'est pas possible
partout."
Marie-Jeanne arrive à
7h50 pour ouvrir la halte-garderie.
"J'ouvre la structure.
Une femme de ménage est
passée la veille et tout
est trop bien rangé.
Il faut tout installer pour
rendre l'endroit convivial et
agréable pour les enfants.
J'ouvre les volets, je sors
des jouets, je pose des crayons
sur les tables… Je vais
aussi chercher le linge dans
la machine – des serviettes
et des draps – que je
plie et je range. Je fais en
sorte que tout soit prêt
pour accueillir les enfants
et les parents à partir
de 8h."
Le contact avec les parents
est très important.
Ils donnent leurs consignes
pour la journée (untel
a mal dormi, un autre est
fatigué…), demandent
parfois des conseils, donnent
les carnets des bébés.
Ils apportent le repas de
midi et les affaires de l'enfant
(couches, doudou…).
"Nous notons sur un tableau
les noms des enfants, les
heures d'arrivée et
de départ, ainsi que
les informations particulières
: un enfant a une otite et
doit garder son bonnet pour
sortir, un autre sera récupéré
le soir par une personne inhabituelle…"
A 9h, presque tous les enfants
sont arrivés et jouent
dans la pièce principale.
Certains sont calmes, d'autres
agités, Marie- Jeanne
et ses collègues doivent
s'adapter à chacun
tout en gérant un groupe.
"Les gens ne réalisent
pas toujours qu'il y a une
grande différence entre
s'occuper d'un seul enfant,
comme en baby-sitting, et
gérer un groupe hétéroclite,
notamment au niveau des âges.
C'est vraiment particulier
et le travail d'équipe
est très important.
Par exemple, pendant que je
donne le biberon à
un bébé, ce
qui prend du temps, une de
mes collègues gère
le reste du groupe et doit
faire face à la jalousie
de certains grands."
Pour calmer et canaliser l'énergie
des enfants, une petite activité
peut être organisée.
"Nous ne planifions pas
vraiment les activités,
nous explique Marie-Jeanne.
Nous nous adaptons à
la situation. Il peut s'agir
de découpage, de gommettes,
de dessin. Mais attention, les
enfants se déconcentrent
très vite, les activités
durent au grand maximum 20 minutes.
Nous proposons des activités
plus lourdes après le
goûter comme de la pâte
à modeler ou de la pâte
à sel. C'est un métier
où il faut être
manuel."
A 9h30, les enfants s'installent
pour le goûter. Marie-Jeanne
préfère préparer
le chariot du goûter (verres,
serviettes…) à
l'avance pour ne pas être
prise au dépourvu. "Les
enfants sont imprévisibles,
je préfère donc
anticiper ce que je peux. Il
ne faut pas longtemps pour préparer
le chariot, mais c'est 5 minutes
où je ne peux pas garder
un oeil sur les enfants. De
même, je préfère
faire manger en premier les
plus petits, ceux qui ont besoin
d'aide pour manger. Les grands
mangent après.
Au sein de l'équipe,
nous avons chacune nos méthodes,
l'essentiel étant que
nous allions toutes dans la
même direction. Nous devons
être tolérantes
les unes avec les autres et
ne pas nous contrer. Nos différences
sont un atout, elles nous permettent
une pluralité d'approche.
Par exemple, Isabelle, l'éducatrice,
fait manger tous les enfants
ensemble pour stimuler les plus
petits et leur donner l'exemple
des plus grands."
L'équipe se réunit
régulièrement
lors de réunions et fait
de l'analyse de pratique. "Une
mauvaise ambiance entre nous
est ressentie par les enfants.
C'est vraiment essentiel de
nous réunir, ça
nous permet de discuter, de
faire le point sur certaines
situations, de résoudre
des problèmes internes,
de nous remettre en question…"
La halte-garderie accueille
de nombreux stagiaires chaque
année. "C'est un
peu lourd au départ,
nous confie Isabelle, la responsable,
car il faut les encadrer. Mais
ils nous apportent aussi de
nouvelles idées et nous
permettent de nous remettre
en question. C'est seulement
dommage que toutes les structures
d'accueil ne jouent pas le jeu."
Après le goûter,
les enfants retournent jouer.
Marie-Jeanne et ses collègues
restent très vigilantes.
"Il faut tout le temps
être sur le qui-vive,
se lever, empêcher un
enfant de jeter des jouets
dans le parc où jouent
les bébés, d'ouvrir
les placards de la cuisine,
de monter sur la table ou
les chaises, de se bagarrer…
Il faut constamment se répéter
et leur fixer des limites.
Il faut aussi faire attention
de ne pas avoir de préférés,
nous devons rester neutres.
Une grande patience est nécessaire
pour faire ce métier,
nous confie en souriant Marie-Jeanne.
Il est inutile de s'énerver,
même lorsqu'un enfant
que vous venez d'habiller
se déshabille. Mais
nous sommes récompensées
de nos efforts lors que nous
voyons progresser les enfants
et qu'ils rentrent à
l'école."
Avant l'heure du repas, les
enfants participent à
d'autres ateliers, jouent, vont
dehors… Au cours de la
journée, les enfants
sont régulièrement
emmenés aux toilettes
ou changés. En tant qu'auxiliaire
de puériculture, Marie-Jeanne
est particulièrement
attentive aux besoins fondamentaux
des enfants : santé,
sommeil, hygiène, alimentation.
"Je fais bien attention
aux allergies alimentaires de
certains enfants, aux problèmes
de boutons, de température
ou d'habillement. Je suis très
vigilante au niveau médical.
J'essaye de voir les changements
de comportement et de comprendre
ce qui se passe. Nous n'accueillons
pas d'enfants malades à
la halte-garderie, mais certains
peuvent avoir des rhumes. C'est
un métier où nous
tombons nous-mêmes beaucoup
malades la 1ère année.
Il faut s'immuniser contre les
microbes. Il faut être
résistant aussi bien
physiquement que nerveusement
pour faire ce métier,
nous explique Marie-Jeanne.
Nous sommes tout le temps en
mouvement, nous nous levons,
nous baissons, et nous ne sommes
jamais vraiment assises sauf
sur les petites chaises des
enfants. Et puis nous portons
les enfants, alors attention
aux problèmes de dos
!"
Une fois les mains lavées,
les enfants prennent leur
repas à partir de 11h30.
C'est un moment convivial
où l'idée éducative
reste présente. "Nous
parlons avec les enfants de
ce qu"ils mangent, ils
apprennent à rester
assis, à respecter
le repas des autres, à
manger. Nous mangeons avec
eux et nous devons donner
l'exemple. Une fois que les
enfants sont retournés
jouer, l'une de nous range
la cuisine, fait la vaisselle
et regroupe les affaires des
enfants dans leurs sacs."
De 13h à 15-16h, les
enfants vont faire la sieste.
"Ils sont souvent très
fatigués. Nous les aidons
à s'endormir, certains
ont besoin de plus de temps
que d'autres. Nous restons toujours
avec eux. Nous installons les
enfants arrivés vers
13h30 en faisant le moins de
bruit possible pour ne pas réveiller
ceux qui dorment. Ça
fait aussi partie de leur apprentissage
de respecter les autres."
Certains enfants, plus grands,
ne font pas la sieste. Marie-
Jeanne ou une de ses collègues
leur propose des jeux ou une
activité (collage,
peinture…). "J'ai
toujours le souci de la sécurité
: un jouet cassé peut
être dangereux et doit
être réparé,
un jouet sur lequel un enfant
a beaucoup bavé doit
être nettoyé…
Je m'occupe aussi de faire
les lits et de mettre des
machines à laver en
route."
Une fois réveillés,
les enfants sont habillés,
changés. "Nous n'avons
pas besoin de décider
à l'avance qui va faire
quoi, ça se fait naturellement,
nous nous connaissons bien.
Nous avons aussi un rôle
administratif qu'il faut remplir
au milieu des enfants, et ce
n'est pas toujours facile. Nous
répondons au téléphone,
faisons l'encaissement, complétons
les carnets des bébés,
gérons les inscriptions…
Lorsque l'éducatrice
est absente, c'est moi qui prends
le relais. Nous allons aussi
à tour de rôle
faire des courses."
Ensuite, ils goûtent
vers 16h et repartent jouer
ou participer à des
activités. "Nous
les emmenons aux toilettes,
nous les changeons, nous les
habillons et les chaussons
pour aller jouer dehors…
C'est important qu'ils aillent
dehors courir et s'aérer.
Nous le faisons même
en hiver, lorsque le temps
le permet bien sûr.
Sinon, nous avons une salle
motricité où
les enfants peuvent se défouler.
C'est aussi un moyen de travailler
sur la recherche de l'équilibre,
la marche. Lors des ateliers,
les enfants découvrent
les matières, les couleurs,
les objets. Nous faisons de
l'éceil, mais nous
ne sommes pas l'école,
ils sont encore petits."
C'est Isabelle, l'éducatrice,
qui s'occupe des animations,
des activités, de la
venue d'intervenants extérieurs,
des sorties… Des réunions
thématiques sont aussi
organisées pour les
parents. Les premiers parents
arrivent vers 16h30. Les départs
s'échelonnent jusque
vers 18h30. "Nous parlons
aux parents de la journée,
de ce qui s'est passé."
Marie-Jeanne a aussi travaillé
en crèche pendant plusieurs
années sur Lyon et les
parents n'avaient pas toujours
beaucoup le temps de discuter.
"C'était très
différent d'ici, déjà
parce que c'était une
crèche, mais aussi parce
que c'était en ville.
Les parents et les enfants étaient
plus stressés et fatigués.
On avait moins la possibilité
de les emmener dehors. Dans
la crèche où j'étais,
le jardin était tout
petit et pas sécurisé.
Et sortir se promener relevait
du parcours du combattant à
cause des voitures mal garées,
de la circulation, des trottoirs
trop petits…
Malgré ces contraintes,
c'était très
intéressant."
Au cours de sa carrière
Marie-Jeanne a aussi exercé
en maternité, mais
ça lui a moins plu.
"C'était très
routinier. Ce que j'aime ici
à la haltegarderie,
c'est la variété
et le contact avec les enfants.
Les journées ne se
ressemblent jamais."
Auxiliaire
de Puériculture en
maternité
En milieu hospitalier, on trouve
des auxiliaires de puériculture
en service de néonatologie
ou de pédiatrie pour
les enfants malades ou prématurés
ou en maternité, notamment
en secteur d'hébergement
et en salles de naissance. Dans
cet univers médicalisé,
le rôle de l'auxiliaire
est très différent
de celui qu'elle peut avoir
en structure d'accueil. Elle
doit, en effet, accomplir un
certain nombre de gestes techniques
et accompagner les parents dans
leur projet de naissance. Les
contraintes hospitalières
et la formation spécifique
à ces unités de
soins nécessitent des
qualités en matière
d'adaptation. Un exercice de
la fonction d'auxiliaire en
structure d'accueil pendant
plusieurs années peut
rendre difficile l'intégration
en structure hospitalière.
Nous
avons rencontré deux
auxiliaires de puériculture
en maternité dont le
travail est très différent.
Corinne, jeune auxiliaire
de puériculture en
secteurhébergement
service maternité
Le service est organisé
sur 2 étages. Il accueille
les mamans et les bébés
après l'accouchement.
La durée du séjour
varie entre 3 et 7 jours. Trois
auxiliaires se relaient à
l'étage de Corinne. "Nous
avons trois types d'horaires
: 6h15-14h15, 7h45-15h45 et
13h15- 20h45. Un planning mensuel
est établi le 15 du mois
d'avant, de manière à
établir notre organisation.
Les horaires sont contraignants,
car nous sommes aussi présentes
un certain nombre de week-ends
et de jours fériés.
Il faut donc une grande disponibilité
et bien organiser sa vie de
famille. Mes collègues
qui ont de jeunes enfants ne
les voient pas toujours beaucoup.
Il arrive qu'elles rentrent
chez elles vers 21h, lorsqu'ils
sont déjà couchés,
et, pour peu qu'elles soient
du matin le lendemain, ne les
revoient pas avant l'après-midi."
Corinne a un rôle de nursing
et d'accompagnement auprès
des mamans et des enfants. "Je
les conseille dans leurs premiers
gestes de maman. Avant de repartir
chez elles, elles ont besoin
d'être rassurées
sur leur rôle et compétence
de mère. Le bain est
un moment d'échange privilégié.
Je fais à la fois du
conseil et de la technique.
Je montre aux parents les bons
gestes notamment pour nettoyer
le cordon, le visage ou le nez.
C'est aussi l'occasion de répondre
à toutes leurs questions
qu'elles soient liées
au bain ou non : comment le
porter, quand le laver…
Beaucoup de questions portent
sur l'allaitement."
Au cours de sa journée,
Corinne répond ponctuellement
aux appels des parents. Elle
doit être disponible que
cela soit pour servir de l'eau
ou répondre à
de nouvelles interrogations.
"C'est vrai que je fais
souvent les mêmes tâches
et je réponds aux mêmes
questions, nous explique Corinne,
mais ce n'est jamais avec les
mêmes personnes et c'est
ça qui rend le métier
toujours différent. Je
m'adapte à chaque maman.
Je ne parle pas de la même
manière à une
nouvelle maman particulièrement
inquiète ou à
une maman dont c'est le 3ème
enfant. Certaines sont aussi
plus angoissées que d'autres.
Il faut toujours faire très
attention à ce qu'on
dit pendant cette période
où le lien mère-enfant
se tisse."
Outre la patience et la discrétion,
une auxiliaire doit vraiment
avoir un goût pour le
contact humain. "C'est
un métier basé
sur le relationnel où
il faut beaucoup donner de
soi. Les mamans se confient
beaucoup plus facilement à
nous et il faut toujours prendre
le temps nécessaire
pour leur répondre."
En dehors du conseil, Corinne
accomplit bien d'autres tâches.
"J'aide l'ASH à
distribuer les repas, j'accompagne
les mamans au moment de l'alimentation…
Au niveau médical, je
suis présente lors de
la visite du pédiatre
et j'assiste la sage-femme lors
des prélèvements
sanguins réalisés
auprès des bébés.
Je dois toujours savoir où
s'arrêtent mes responsabilités.
Je conseille à quelqu'un
qui voudrait faire plus de gestes
techniques de s'orienter plutôt
vers des postes d'infirmières
ou de puéricultrice.
Mais plus on fait de la technique
et moins on fait de relationnel."
Corinne s'occupe également
de l'hygiène des locaux
: désinfection des
lits et du matériel,
gestion du linge…"C'est
un métier physique,
car nous avons beaucoup de
manutention à faire.
Nous sommes aussi tout le
temps debout et toujours en
train de courir." Le
travail d'équipe est
également très
présent. Le point sur
chaque bébé
et chaque maman est fait au
moment des relèves.
"Avec la sagefemme, nous
passons en revue les informations
essentielles. Par exemple
si un enfant a mal tété
la nuit, il faudra être
plus vigilant au niveau de
son alimentation en journée.
Nous notons toutes nos observations
dans le dossier des patients."
Françoise,
auxiliaire de puériculture
en salles de naissance.
"En un mot, c'est un
métier d'urgence où
il faut une grande disponibilité
et une grande vivacité,
nous résume Françoise.
Il ne faut pas oublier que
notre intervention peut être
vitale."
Françoise est présente
en salle d'admission pour
accueillir les mamans. Elle
fait un petit "diagnostic"
qu'elle transmet à
la sage-femme. "Je pose
un minimum de questions. En
fonction des réponses,
je dois réagir vite.
Par exemple, une femme s'est
présentée hier
et avait l'air d'aller bien.
En fait, elle perdait les
eaux et avait besoin d'être
accouchée rapidement
parce qu'elle avait eu son
premier enfant par césarienne.
Il peut s'agir aussi d'une
femme qui saigne. Dans ces
cas-là, il faut vite
prendre une décision
et courir prévenir
quelqu'un. Je dois être
capable en un minimum de mots
d'expliquer la situation à
la sage-femme."
Lorsqu'il ne s'agit pas d'une
césarienne, Françoise
est en salles de naissance pour
soutenir la maman. "Je
m'adapte à chaque maman.
Je suis plus présente
lorsque la maman est agitée.
A chaque accouchement, c'est
l'inconnu. C'est ce qui fait
que mon métier n'est
pas routinier. Une fois l'enfant
né, je l'essuie, je l'enveloppe
dans un drap chaud et je lui
mets un bonnet. Je suis également
là pour l'accompagner
lors de la prise de sein. Je
fais en sorte de bien restituer
l'enfant à sa famille,
de créer un cocon autour
d'eux. J'évite les lumières
fortes, les va-et-vient. Je
n'abreuve pas la maman de conseils,
ce n'est pas le moment."
Françoise fait également
la surveillance clinique du
bébé. "Je
regarde surtout sa coloration
et son tonus, en un coup d'oeil
je sais s'il va bien ou non.
S'il est bleu, c'est qu'il a
du mal à respirer par
exemple. 2 heures après
la naissance, je m'occupe de
la pesée, du soin du
cordon, je prends la température,
je mets du collyre dans les
yeux de l'enfant, je l'habille…
Je le regarde de manière
globale pour voir s'il n'a pas
de tâches ou de petites
malformations. Ensuite, je retransmets
mes observations à la
sage -femme ou au pédiatre."
Françoise forme un
véritable tandem avec
la sage-femme. "Je m'adapte
à chaque sage-femme.
En général,
un seul regard suffit pour
que nous nous comprenions.
Je sais ce que je dois faire
et quand je dois le faire.
Chaque minute peut être
précieuse et notre
complicité permet de
gagner du temps. Je dois tenir
la table de réanimation
toujours prête au cas
où. Je dois anticiper."
Il arrive parfois que les accouchements
ne se passent pas bien. "J'ai
toujours l'angoisse que quelque
chose se passe mal, c'est normal.
Il ne faut pas oublier que nous
avons la responsabilité
de deux patients, la mère
et l'enfant, nous rappelle Françoise.
Il faut toujours garder son
sang -froid. Il faut se faire
une carapace et être solide
nerveusement pour accepter certaines
situations, notamment lors des
interruptions médicales
de grossesse où c'est
à nous d'habiller l'enfant
mort-né.
Lorsque l'enfant ne va pas
bien, en collaboration avec
la sage-femme ou le pédiatre,
on commence par le réchauffer,
puis on aspire sa gorge et
son nez et enfin on le ventile.
Ensuite, s'il est nécessaire
de l'emmener en réanimation,
on le prépare. On fait
beaucoup plus de gestes techniques
ici qu'en pouponnière.
On fait du monitorage, de
la pose de cathéters
avec le pédiatre…"
Françoise a la responsabilité
de l'état de la salle,
elle s'occupe de la nettoyer,
avec l'aide d'une ASH ou non,
et de tout remettre à
sa place. "Nous avons
de nombreux protocoles à
suivre en matière d'hygiène,
nous devons, par exemple,
passer trois types de balais
pour nettoyer le sol. Il faut
une grande rigueur pour faire
ce métier. Le matériel
doit être rangé
à un emplacement bien
défini de façon
à ce que la sage-femme
le trouve immédiatement.
C'est aussi très physique
et nous sommes
toujours debout."
Comme en pouponnière,
les horaires sont contraignants
avec des permanences les week-ends
et jours fériés.
"On sait quand on commence,
moins pas quand on finit. Je
ne vais tout de même pas
abandonner une mère en
train d'accoucher parce que
ma journée est finie",
nous dit en plaisantant Françoise.
Après presque 30 ans
d'activité, Françoise
aime toujours autant son métier.
"Je reste toujours émerveillée
lorsque je vois un enfant venir
au monde."
Etes-vous
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de Puericulture ?
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Ghislaine,
39 ans, est auxiliaire de puériculture
(AP) au multi-accueil de la Montagne
Verte, géré par le
Service Famille et Petite Enfance
de la CUS.
En
quoi consiste votre travail ?
Je travaille dans une structure
de petite enfance qui accueille
des enfants de 10 semaines à
4 ans. Les familles signent des
contrats d'accueil qui prévoient
le temps hebdomadaire que les petits
passeront chez nous : certains sont
présents à temps complet,
d'autres à mi-temps, d'autres
encore sont accueillis ponctuellement
quelques heures dans la semaine.
Mon équipe est composée
d'une éducatrice de jeunes
enfants, et 3 auxiliaires de puériculture.
Je m'occupe d'enfants âgés
de 10 semaines à 2 ans ½.
Mon premier rôle est
un rôle de maternage, satisfaire
les besoins journaliers de l'enfant
; ensuite, favoriser l'éveil
et l'autonomie de l'enfant en le
sociabilisant.
Je suis là pour que ces enfants
puissent passer une journée
agréable, en attendant le
retour de leurs parents, c'est-à-dire
respecter leur rythme journalier
(le repas, le change, le dodo, les
moments de veille, les moments calmes).
La préparation des biberons
nous incombe également.
J'instaure des règles de
vie adaptées à l'âge,
que chaque enfant doit respecter
(politesse, respect…). Je
leur propose des activités
adaptées : chanson, jeu de
construction, jeu de mime, jouet
d'éveil, pâte à
modeler, pâte à sel…
Mon rôle est également
d'aider l'éducatrice à
élaborer le projet pédagogique
et le mettre en pratique.
Notre tâche quotidienne c'est
aussi le nettoyage et la désinfection
des jouets et du mobilier.
Quel a
été votre parcours
?
Après la 3ème , j'ai
un peu tâtonné pour
trouver mon chemin : j'ai commencé
par une formation en sténodactylo
(on parlerait plutôt de secrétariat
actuellement) puis je me suis essayée
à la vente dans le cadre
de la formation pour adulte, complétée
par de la bureautique. J'ai eu quelques
expériences professionnelles
de courtes durées, type missions
d'intérims, notamment en
Allemagne.
A mon retour en Alsace, j'ai cherché
un emploi dans le secrétariat
à Strasbourg mais, ne parlant
ni allemand, ni alsacien, mes recherches
se sont vite révélées
décourageantes. Donc, je
me suis décidée à
regarder d'autres annonces et j'ai
trouvé un CES (un contrat
aidé) d'1 an dans une crèche
parentale : 4 mois à la cuisine,
ensuite 8 mois en animation. C'est
à ce moment-là qu'il
m'est venu une évidence,
j'avais trouvé ma voie, mais
sans diplôme, je ne pouvais
pas devenir professionnelle. J'ai
donc passé le concours d'entrée
à l'école d'auxiliaire
de puériculture que j'ai
réussi puis après
une année d'étude,
j'ai obtenu mon diplôme d'auxiliaire
de puériculture.
J'ai eu de la chance car la crèche
parentale dans laquelle j'ai effectué
mon CES m'a rappellée pour
une place d'AP. Au bout de 6 mois,
l'éducatrice est partie et
l'on m'a proposé de prendre
sa place de responsable technique
(aujourd'hui, ce poste n'est réservé
qu'à des Educatrices/teurs
de Jeunes Enfants -EJE- loi 2000).
J'y ai passé 8 ans dont 2
ans en alternance pour préparer
un diplôme d'EJE, mais au
bout de ces 2 ans j'ai réalisé
que ce n'était pas le métier
que je voulais exercer, car le travail
de responsable me pesait trop et
je voulais revenir à mes
sources : le métier d'AP.
Depuis septembre 2003, je travaille
dans le multi-accueil de la CUS
et, au mois de mars, je deviendrais
fonctionnaire.
Quelles
sont vos conditions de travail ?
Les bons et mauvais cotés
?
Je travaille dans une structure
de plain-pied, entourée d'un
grand parc : c'est le grand point
positif de mon travail ; cela nous
permet d'être moins stressées
et enfermées en sortant les
enfants tous les jours.
Il y a une très bonne entente
dans mon équipe, qui est
très soudée. La CUS
(Communauté Urbaine de Strasbourg,
mon employeur) nous donne les moyens
de réaliser des projets (projet
"livre", projet "peinture"…).
Autre point positif, je bénéficie
d'une ½ ou 1 journée
de RTT par semaine, ce que je n'avais
pas en travaillant dans le privé
et de 5 journées par an de
développement professionnel.
Points négatifs :
- Les maux de dos sont fréquents
dans cette profession car nous portons
beaucoup les enfants, nous nous
baissons souvent, le mobilier est
à hauteur d'enfant.
- Le bruit
- Gérer les éventuels
conflits avec les parents.
Comment
voyez vous l'avenir ?
De manière très positive,
car en retrouvant mes sources, à
39 ans, je me rend compte que je
suis toujours aussi épanouie
dans mon travail.
Je sais que la CUS me donnera la
possibilité de faire des
formations pour évoluer et
ne pas rester sur mes acquis. Au
sein de la CUS, je peux demander
une mutation interne pour éventuellement
changer de structure.
Je pense que le métier d'AP
n'est pas prêt de disparaître,
vu le nombre de nouvelles structures
qui ouvrent, par exemple la maison
de l'enfance de Hautepierre.
Quels conseils donneriez-vous aux
futur(e)s Auxiliaire de Puericulture
?
Bien se rendre compte que ce n'est
pas un métier facile, qu'il
ne suffit pas d'aimer les enfants
pour pouvoir l'exercer. Il faut
un minimum de patience, de rigueur,
de responsabilité, d'imagination,
d'intérêt pour la petite
enfance, d'écoute.
Il faut également savoir
passer le relais dans les moments
difficiles sans culpabiliser : nous
sommes une équipe. Beaucoup
dialoguer au sein de l'équipe
pour donner le meilleur de soi-même.
Denise,
43 ans, Auxiliaire de Puericulture
au sein d'une maternité.
En
quoi consiste votre travail ?
Les activités d'une AP en
maternité sont constituées
d'une multitude de tâches.
Tout d'abord, le premier acte, c'est
la relève d'équipe
qui dure une demi-heure environ.
Celles qui partent, informent celles
qui arrivent. Nous faisons le point
sur les différentes patientes
du service.
Chaque jour, il y a les examens
pédiatriques. L'AP, prépare
le nourrisson en le déshabillant,
elle prend note des examens complémentaires
demandés par le médecin
et effectue les tâches administratives
relatives à ces examens.
Quand le nourrisson doit être
emmené dans un autre service,
l'ap l'accompagne. Nous sommes amenées
à assister la puéricultrice
dans certains actes comme par exemple
la pose d'une perfusion.
A part cela, nous avons un important
rôle relationnel et éducatif
auprès des mamans que nous
guidons dans les soins quotidiens
(change, bain, nourrissage) à
donner au bébé. Notre
objectif étant toujours de
les conduire vers l'autonomie. En
plus de nos activités en
pouponnière, nous travaillons
également dans les chambres.
En binôme avec une aide soignante,
nous participons à la réfection
des lits et à la distribution
des repas ; avec une sage femme
nous contribuons à la mise
en route de l'allaitement en assistant
et en conseillant la maman lors
des premières mises au sein.
A cette liste, s'ajoutent aussi
toutes les formalités administratives
qui prennent pas mal de temps lors
de l'arrivée et du départ
de chaque nourrisson. Enfin, nous
passons commande de matériel
pour la pouponnière comme
le lait par exemple et accueillons
des stagiaires.
Quel a
été votre parcours
?
Mon parcours a été
plutôt linéaire.
Voulant m'occuper d'enfant dès
le collège, j'ai intégré
un BEP carrières sanitaires
et sociales après ma classe
de troisième.
Celui-ci en poche, j'ai passé
et réussi mon concours d'auxiliaire
de puériculture. Je travaille
en maternité depuis 1981,
dès ma sortie de formation.
Pour moi, travailler avec des enfants,
c'était forcément
avec des nourrissons : les aspects
premiers soins et accompagnement
de la toute jeune maman sont vraiment
ceux qui m'intéressent.
Je ne suis pas du tout intéressée
par le travail en crèche
ou en halte-garderie. Raconter des
comptines, chanter avec les enfants
et développer des activités
éducatives avec des 2/3 ans,
ce n'est pas du tout mon truc.
Quelles
sont vos conditions de travail ?
Les bons et mauvais cotés
?
Mon contrat de travail s'établit
sur la base de 35 heures hebdomadaires.
Dans cette maternité, nous
effectuons des périodes de
12 heures de travail consécutives,
généralement deux
de jour et une de nuit sur un cycle
de 3 jours. Cette organisation prévoit
une alternance entre les chambres
et la pouponnière. Ainsi,
nous sommes en mesure de faire un
suivi plus personnalisé des
patientes et de leur bébé
sur une bonne partie du séjour.
L'aspect le plus difficile du métier
reste pour moi le bruit permanent
produit par les pleurs des bébés
en pouponnière. C'est très
fatiguant de communiquer avec les
parents, les pédiatres, de
se concentrer et de faire des papiers
dans ces conditions. On nous demande
une grande polyvalence et beaucoup
de dynamisme. Il n'est pas toujours
évident de travailler auprès
de toutes les mamans ; certaines
sont très exigeantes et impatientes
: il faut s'adapter à tous
les publics.
Mais j'aime énormément
mon métier notamment dans
ses aspects relationnels et éducatifs
auprès des mères.
Il y a des moments très émouvants
et extrêmement gratifiants.
C'est en maternité et nulle
part ailleurs que je souhaite exercer
mon métier.
Comment
voyez vous l'avenir ?
Si je devais changer un jour, je
pense que ce serait pour faire tout
à fait autre chose. Pourquoi
pas fleuriste…
Comme je le disais précédemment,
je ne suis pas du tout intéressée
par l'exercice du métier
d'AP dans un autre type de structure,
sauf peut-être en PMI (Protection
Maternelle et Infantile) mais les
places sont rares. Donc, pour le
moment pas de changement au programme.
Quels conseils donneriez-vous aux
futur(e)s Auxiliaire de Puericulture
?
J'aimerais rendre attentifs les
jeunes qui se destinent à
ce métier : nous travaillons
le week-end et les jours fériés,
le jour comme la nuit. Ce rythme
est quelquefois difficilement conciliable
avec une vie de famille ou même
une vie amicale hors travail. Je
dirais que cette profession demande
une grande disponibilité,
des bonnes facultés d'adaptation
et une bonne capacité à
se remettre en question. En effet,
les pratiques évoluent et
il n'est pas question de s'endormir
sur ses lauriers.
Nous travaillons énormément
en équipe, avec d'autres
AP, des pédiatres, des aides-soignants
et des sages femmes : c'est très
formateur mais ça demande
aussi beaucoup de souplesse.