Marie
Vasseur, 22 ans, infirmière au
centre de réadaptation fonctionnelle
de Oignies |
 |
> Pourriez-vous me rappeler votre parcours
depuis l’obtention de votre bac ?
- Après un bac littéraire,
j’ai intégré l’école
d’infirmière de l’école
Catholique de Lille. L’entrée
fait suite à un concours, basé
sur deux épreuves. L’écrit
se constitue de tests psychotechniques et
d’épreuves basées sur
la culture générale. Si on
obtient la moyenne à ces épreuves,
on passe un oral classique où l’on
nous interroge sur notre motivation. La
formation dure exactement 3 ans et ½
: la première rentrée s’effectue
en octobre tandis que l’on finit la
troisième et dernière année
au mois de décembre.
> Avez-vous
effectué des stages durant votre
formation, et quel ont été
leurs apports?
- Les stages sont prépondérants
pour ma formation, si bien que j’en
ai effectué 14 au cours de mes études
: 4 en première année, 5 en
deuxième et 6 en troisième.
La plupart dure 1 mois sauf le stage pré-professionnel
(qui aboutit souvent sur une embauche) et
qui s’étale sur 9 semaines.
Le métier d’infirmière
étant très diversifié,
les stages s’avèrent indispensables
pour posséder un panel complet des
tâches que l’on peut prendre
en charge. Il est indispensable de savoir
dans quel environnement et pour quel travail
nous sommes le mieux adaptées. De
plus, les stages permettent d’acquérir
des compétences techniques que l’on
peut difficilement (ou faussement) mettre
en pratique durant les cours. Enfin, on
peut y apprendre à gérer le
relationnel, extrêmement important,
ainsi que les responsabilités, puisqu’il
faut parfois savoir déléguer.
> Comment jugez-vous l’utilité
de la formation par rapport à la
réalité du terrain ?
- J’ai envie de souligner une chose
: heureusement que nous effectuons des stages
! La théorie nous apportent seulement
les bases, tout le reste, notamment le savoir-faire
et la relation avec le patient, s’apprend
sur le terrain. Le métier d’infirmière
suppose une adaptation constante : aux patients,
à la situation, à l’urgence,
aux nouvelles techniques médicales,
aux nouveaux traitements… On en apprend
toujours plus, même après le
diplôme. A ce titre, j’ai fait
le choix de recevoir tous les ans une formation
(payante) dont le but est de me remettre
à niveau avec les avancées
du milieu médical.
> Comment avez-vous
décroché votre poste ?
- Je n’ai envoyé aucune lettre
de motivation. J’ai plutôt harcelé
ma surveillante pour obtenir un CDD, et,
quand un CDI s’est libéré,
je l’ai eu par « ancienneté
».
> En quoi consiste
votre travail quotidien ?
- Les infirmières sont en charge
de tout ce qui se situe autour de la rééducation.
Je fais des prises de sang (afin de connaître,
entre beaucoup d’autres paramètres,
sa teneur en plaquettes) ainsi que la surveillance
des constantes pour vérifier l’état
général des patients.
De plus, on garde un œil attentif sur
les diabétiques qui constituent la
plupart des amputés mais qui, en
règle général, gèrent
mal leur maladie. Je passe également
beaucoup de temps à faire des pansements
et à soigner des plaies infectieuses.
Une autre partie importante de mon travail
consiste à renseigner et à
rassurer les patients : le relationnel et
le sens du contact sont des qualités
indispensables pour être une bonne
infirmière. Enfin, j’applique
les changements de médication ou
de posologie ordonnés par les médecins.
J’assiste aux synthèses avec
les médecins, les kinés et
les ergothérapeutes afin d’évaluer
l’évolution de la rééducation.
> Pourquoi avoir
choisi ce métier ?
- Je crois qu’il s’agit d’une
vocation. Depuis toute petite, j’ai
toujours voulu faire ce métier, sans
doute parce que je connais beaucoup de personnes
dans mon entourage qui sont infirmières,
peut-être que cela m’a influencé.
De plus, c’est une profession qui
m’attirait particulièrement
puisqu’elle mêle simultanément
technique et relationnel.
> Quelles sont les qualités indispensables
à l’exercice de la profession
?
- Je dirais le sens des responsabilités,
le travail en équipe, le sens du
contact, de l’initiative, la patience
et la polyvalence.
> Quels sont
les avantages et les inconvénients
de la profession ?
- La paie et les horaires constituent deux
avantages certains. Avoir des demies journées
de libre est plutôt agréable,
même si cela signifie travailler la
nuit. De plus, je ne passe pas mon temps
assise derrière un bureau et j’effectue
des tâches concrètes et pragmatiques.
Par ailleurs, je m’entends particulièrement
bien avec mon équipe de travail,
si bien que le matin, lorsque je me rends
au boulot, j’ai le pied léger
! En ce qui concerne les inconvénients,
malgré ce que je viens de dire, les
horaires peuvent s’avérer contraignants,
en particulier lorsque je souhaiterais mener
une vie de famille.
> Quelles sont
vos perspectives d’avenir ?
- Même dans plusieurs années,
je me vois toujours infirmière. Gérer
une équipe signifie plus de responsabilités
et engendre beaucoup trop de contraintes.
A l’heure actuelle, je ne suis pas
prête à assumer de telles obligations.
> Est-ce que
le travail en hôpital vous tenterait
?
- Pas du tout ! La relation avec le patient,
en milieu hospitalier, n’a rien à
voir avec ce que je peux connaître
dans le centre de rééducation
où je travaille. Le milieu hospitalier
est souvent synonyme de travail à
la chaîne ce qui irait contre mes
convictions personnelles concernant le métier
d’infirmière. De plus, les
patients restent beaucoup plus longtemps
dans un centre de rééducation,
ce qui permet de mieux les connaître,
et de suivre à long terme leur évolution.
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