Anne
Coupez
Infirmière Psychiatrique |
 |
> Parlez-nous de votre parcours…
- Après un Bac D (Sciences et Vie
de la Terre), j’ai fait une année
de médecine que je n’ai pas
validée. Comme je souhaitais travailler
dans le secteur médical, mais que
cette filière était trop fastidieuse,
j’ai préféré
me réorienter vers une école
d’infirmière en psychiatrie.
Aujourd’hui, cette formation n’existe
plus, elle a été remplacée
par un diplôme d’infirmier et
une spécialisation en psychiatrie.
Le cursus d’infirmière en psychiatrie
était particulier, car nous étions
payés par un établissement
hospitalier dans lequel on travaillait le
matin. L’après-midi était
consacré aux cours théoriques.
Après cette école, j’ai
fait un DEA de sociologie avec une spécialisation
en sociologie et ethnologie du Maghreb et
de l’Afrique Noire. Ensuite, j’ai
suivi une formation de thérapeute
familial.
Enfin, j’ai passé un DESU (Diplôme
d’Etudes Supérieures Universitaires)
en pratique clinique auprès des familles
migrantes (ethnologie et psychiatrie), au
cours duquel j’ai préparé
une thèse d’ethnologie psychiatrie
en psychologie clinique.
> Avez-vous
dû effectuer des stages durant cette
scolarité ?
- Oui, en plus du fait que nous travaillions
tous les matins, nous devions faire les
mêmes stages que les autres élèves
infirmiers. Ils avaient lieu dans les différents
services hospitaliers et également
dans les établissements scolaires
(écoles maternelles et primaires,
collèges…)
> Maintenant,
pouvez-vous nous décrire votre parcours
professionnel ?
- C’est assez simple, car une fois
mes études achevées, j’ai
continué à travailler pour
l’hôpital psychiatrique qui
me payait pendant ma formation. J’ai
fais un an au sein de cet établissement,
puis j’ai été détachée
à un centre médico-psychologique
pour enfants et adolescents, dépendant
de cet hôpital. J’y ai travaillé
durant 20 ans… jusqu’à
ma retraite, cette année.
> Pourquoi avez-vous fait ce choix de
carrière ?
- Pour la seule et unique raison que je
suis passionnée par la folie. Au
départ, je voulais devenir psychiatre,
mais il faut passer par la filière
médecine pour y parvenir… et
comme je vous le disais, c’était
trop long et trop fastidieux. C’est
pour cette raison qu’après
un an de médecine, j’ai changé
d’orientation pour parvenir plus rapidement
à travailler dans le secteur d’activité
qui m’intéressait.
> En quoi consiste
le travail d’une infirmière
psychiatrique ?
- Pour résumer, à faire des
psychothérapies de soutien individuelles,
familiales ou de groupes.
Ma spécialité étant
les familles migrantes. Le public que je
touchais pouvait être assimilé
au tout venant de la souffrance psychologique.
C’est un travail d’équipe
et de réseau, dans lequel on va mener
des actions de prévention. Par exemple,
on fait des interventions dans les centres
sociaux, dans les établissements
scolaires, mais aussi dans les maternités.
> Si vous deviez
lister les qualités d’une infirmière
psychiatrique, quelles seraient-elles ?
- Avoir un solide équilibre mental,
beaucoup d’empathie et de curiosité.
Ensuite, être tolérant et ouvert
d’esprit, car on est confronté
à un très large public, avec
des problèmes très variés
et parfois très graves. Enfin, je
dirais qu’il faut être capable
de se remettre perpétuellement en
question et se demander si les conseils
qu’on donne aux gens sont réellement
les plus judicieux.
> Quelles sont vos perspectives d’avenir
?
- En fait, je suis à la retraite,
mais je suis toujours active… En effet,
je continue à faire de la formation,
de la transmission comme j’aime à
le dire. J’interviens beaucoup dans
les écoles et auprès de professionnels.
> Quels conseils donneriez-vous aux étudiants
intéressés par ce secteur
d’activité ?
- Avant de se lancer, il faut qu’ils
soient sûrs que c’est une passion
chez eux. Exercer une telle profession est
très difficile physiquement et psychologiquement.
On voit beaucoup de personnes craquer au
bout de quelques années. Ensuite,
de beaucoup travailler la psychologie et,
une chose que je n’ai pas faite et
que j’ai regrettée par la suite,
lire beaucoup d’ouvrages au sujet
du clinique.
Enfin, je dois dire que j’ai eu la
chance, pendant ma formation, d’être
parrainée par des professionnels
extrêmement compétents. Ce
n’est malheureusement pas toujours
le cas.
Alors, si vous le pouvez, je vous conseillerais
donc d’aller vers les gens qui ont
l’expérience et de vous référer
à eux. C’est de cette façon
qu’on apprend le plus.
Interviews
d' Infirmières
Interview
d'une Infirmière en gériatrie
Interview
d'une Infirmière libérale
Interview
d'une Infirmiere en centre de réadaptation
Interview
d'une étudiante infirmière |