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Ces praticiens
soignent à mains nues
TOULOUSE - 250 ostéopathes
en congrès aujourd'hui à
Toulouse
De la cuisse de Zidane, aux célèbres
lombaires d'Henri Leconte en passant
par le tour de rein ou le torticolis
de M. Tout-le-monde: l'ostéopathe
s'est imposé depuis une quinzaine
d'années comme le docteur des
stars ou l'avatar moderne du rebouteux
de campagne. Sans statut clairement
défini, ces nouveaux praticiens
surfent sur la vague des médecines
douces, et sur la méfiance
des patients pour les traitements
classiques. Ces nouveaux praticiens
sont pour certains patients des personnages
ambigus, mi sorciers-mi médecins,
dont on s'échange l'adresse
sous le sceau de la confidence.
Pour le docteur Christian Jeambrun,
rhumatologue et ostéopathe,
cette image d'Epinal est pourtant
en total décalage avec la réalité.
« Bien sûr nous utilisons
des gestes qui sont inspirés
par la technique des rebouteux, mais
ce n'est qu'une parcelle de notre
spécialité »,
précise ce praticien. Le champ
d'action de l'ostéopathie est
en effet beaucoup plus large, puisqu'avec
leurs mains, et parfois aussi en utilisant
la chaleur ou le froid, les ostéopathes
peuvent aussi bien soigner une tendinite
ou un contracture musculaire, qu'un
mal au ventre tenace, ou des problèmes
de peau.
Apparue aux Etats-Unis en 1870, la
pratique se veut complémentaire
de la médecine traditionnelle.
« Elle ne se limite pas à
l'adulte ou au sportif de haut niveau,
mais s'adresse à toutes les
population, du nourrisson aux personnes
âgées. La médecine
classique se contente de soigner les
symptômes de la maladie, l'ostéopathie
soigne le malade dans sa globalité
», explique Bernard Legrosdidier,
organisateur du congrès de
Toulouse.
APPROCHE
GLOBALE
De fait, la nébuleuse des ostéopathes
qui exercent aujourd'hui en France
se reconnaît au moins dans un
principe fondamental: celui du traitement
global du patient et de la recherche
de l'origine profonde de sa maladie.
« Lorsqu'un patient entre dans
mon cabinet, je détermine d'abord
son terrain psychologique. Puis, en
fonction de ce terrain et de sa morphologie,
j'établis mon diagnostic avant
de lui proposer un traitement »,
explique le Dr Christian Jeambrun.
Ces investigations ne débouchent
pas systématiquement sur des
manipulations. « 60 % des mes
patients sont soignés par ostéopathie.
Pour les autres j'utilise les méthodes
traditionnelles de soins »,
poursuit le médecin. Les autres,
ce sont les malades victimes d'un
cancer, de pathologies inflammatoires
telles que la polyarthrite rhumatoïde,
ou de maladies infectieuses qui nécessitent
des traitements lourds.
Alternative aux prophylaxies classiques,
l'ostéopathie ne saurait toutefois
se substituer sans danger à
la médecine traditionnelle.
Et pour le Dr Jeambrun, elle doit
impérativement s'exercer sous
le contrôle d'un médecin,
« car si vous vous trompez lors
du diagnostic et que vous soignez
une tumeur cancéreuse avec
des manipulations, les conséquences
peuvent être dramatiques ».
Formation
d' Osteopathe
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