Marie
S.
Sage-femme
Société: Hôpital
Saint-Vincent de Paul |
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L’interview a lieu à l’hôpital
Saint-Vincent de Paul situé à
Lille, au service maternité.
Après avoir grimpé au deuxième
étage, j’interroge un médecin
qui m’indique où se situe le
PC maternité où se réunissent
les sages-femmes. L’atmosphère
est calme et sereine. Une jeune femme prévient
Marie S. de mon arrivée. Après
quelques minutes d’attente, elle me
rejoint et nous nous installons dans la
salle d’attente vitrée d’où
l’on peut apercevoir une bribe de
l’activité du service. L’interview
peut commencer.
> Pourriez-vous
me décrire votre parcours depuis
votre Bac et les stages éventuels
que vous avez suivi durant votre formation
?
- Après avoir obtenu mon baccalauréat
S, je me suis présenté au
concours de l’école de sage-femme.
Aujourd’hui, l’entrée
dans une école de sage-femme présuppose
la validation d’une première
année de médecine, ce qui
peut en rebuter certains. De plus, ces études
de médecines plutôt généralistes
apportent certes de nombreuses connaissances,
mais elles ne sont pas forcément
utiles quand on souhaite devenir sage-femme.
Une fois le concours d’entrée
réussi, il faut 4 années d’études,
indépendantes des études d’infirmière,
pour devenir sage-femme. Tous les cours
sont donnés par des professionnels
et chaque année est ponctuée
d’un stage. Durant la première,
on étudie la médecine générale
et les soins du patient, puis on effectue
un stage en hôpital : on entre très
vite dans le vif du sujet avec la pratique
d’actes paramédicaux comme
la pause de pansements, les prises de sang…Cela
permet d’avoir une vision globale
des différents services et de se
fixer sur ses envies. On apprend également
à gérer la relation avec le
patient.
La deuxième année est consacrée
à l’étude de l’accouchement,
de la grossesse et de la suite de couche
mais uniquement à travers le prisme
de la normalité, autrement dit quand
il n’y a aucune complications pré
ou post-natale. Durant le stage, on peut
voir toutes les palettes qui constituent
le métier de sage-femme : consultation
pré-natale, échographie, préparation
à la naissance, salles d’accouchement,
réception du bébé et
appréciation de son état,
gestion de la relation mère/enfant…Si
la sage-femme en chef qui nous encadre nous
sent prête, on peut même effectuer
son premier accouchement « à
4 mains », avec l’aide de notre
supérieure.
En troisième année, on se
penche sur les différentes pathologies
qui pourraient subvenir et l’on apprend
à y faire face. La sage-femme doit
par exemple être capable de commencer
une réanimation en attendant le pédiatre.
Par ailleurs, l’on étudie quelques
notions de droits, de psychologie et d’informatique.
La quatrième année est consacrée
à la révision de toutes les
connaissances acquises les trois années
précédentes. Mais c’est
surtout une année pré-professionnelle
avec un stage long où le niveau de
responsabilités qui nous incombent
augmente et où l’on peut être
amené à gérer un accouchement
en solo. Le diplôme de sage-femme
se valide par le biais d’un examen
final qui comporte une partie théorique
et une mise en situation pratique. De plus,
il faut rédiger une mini-thèse
de fin d’études dont le sujet
se rattache à notre profession. Cette
dernière année est donc plutôt
lourde et chargée entre le stage,
les révisions et la rédaction
du mémoire.
> Jugez-vous
cette formation bien adaptée à
votre profession ?
- Je pense que oui, les études sont
complètes et balaie l’ensemble
des gestes indispensables à connaître
et ce grâce à de nombreux stages
et beaucoup de pratique.
> Avez-vous
eu du mal à trouver un emploi ?
- Non, j’ai trouvé mon poste
facilement. Toutefois, je n’ai pas
obtenu tout de suite un CDI. Il faut savoir
que la sage-femme peut travailler pour une
clinique, un hôpital, ou le Conseil
général ; voire s’installer
et devenir libérale. Les possibilités
d’embauche sont de ce fait multipliées.
> Quelles sont
vos activités journalières
?
- Je suis en charge du suivi des mères
et des bébés après
l’accouchement. J’ai sous ma
responsabilité jusqu’à
15 mères et 15 bébés.
Ma journée s’étale sur
12h30. Tout d’abord, je fais connaissance
avec mes patients et je fais le point avec
la sage-femme qui était de garde
et que je remplace. Ensuite je vérifie
que tout est en ordre et que tout le monde
se porte bien.
Je fais mon rapport au médecin et
au pédiatre qui en cas de souci prendra
les mesures nécessaires. Je dois
m’assurer par ailleurs, en fin de
chaîne, de donner les informations
et de préparer le retour à
la maison des mères et de leur enfant.
J’explique par exemple aux mamans
comment gérer le retour à
la sexualité ou donner les soins
essentiels à leurs bébés.
C’est donc une préparation
pratique et psychologique qui facilite le
retour à la maison. J’aide
également les mères à
la mise en route de l’allaitement.
Si on devait résumer, la sage-femme
doit tout faire pour que l’accouchement
soit vécu comme un moment de bonheur,
loin des médecins et de la machine
médicale.
> Pourquoi avoir
choisi le métier de sage-femme ?
- Un peu au hasard…Je me souviens
qu’en troisième, cette profession
m’attirait. En terminale, je n’avais
pas trop d’idées, et je me
suis dirigé vers le concours de sage-femme.
Si je l’avais raté, j’aurais
fait les beaux-arts ! Toutefois, je dois
dire que j’adore mon boulot. C’est
une profession très enrichissante,
tout particulièrement lorsqu’on
est une fille (le métier est ouvert
aux hommes depuis quelques années).
On en apprend beaucoup, sur les autres comme
sur soi.
> Quelles sont les qualités essentielles
dont faire preuve une sage-femme ?
- Elle doit posséder des qualités
humaines, être altruiste. Il fut se
montrer curieux vis-à-vis des autres
: parfois, des femmes souffrent et se taisent.
Dans de tel cas, il faut gratter un peu
et décrypter la situation. Il faut
être tolérant et ouvert : j’ai
des patients chiants ou agréables,
fous ou moins fous, blancs et noirs, de
tous milieux sociaux.
> Quels sont
les avantages et les inconvénients
de votre profession ?
- L’avantage à retenir avant
tout : l’enrichissement personnel.
L’inconvénient majeur réside
dans le fait que nous sommes obligés
de travailler les week-ends, les jours fériés
ou la nuit. Par ailleurs, nous aimerions
que notre salaire soit revalorisé,
car comme les médecins nous sommes
soumis à un conseil de l’ordre
et à un code de déontologie.
Nos responsabilités sont plus importantes
que celles des infirmières et nous
gagnons cependant moins qu’elles…
> Quelles sont
vos perspectives d’avenir ?
- Personnellement, le poste que j’occupe
me satisfait pleinement : je privilégie
ma famille et mes passions au détriment
de ma carrière. Toutefois, il est
possible après plusieurs années
d’expérience de devenir sage-femme
cadre et de gérer le personnel, le
matériel et de concevoir des projets.
On peut également devenir surveillante
en chef et chapeauter l’ensemble du
service maternité. Celles qui se
sentent pédagogues peuvent s’orienter
vers le professorat et donner des cours
à l’université.
> Enfin, quels conseils donneriez-vous
à quelqu’un qui souhaite se
lancer dans cette voie ?
- Je lui conseillerais de faire un stage
le plus tôt possible, vers la classe
de troisième, et de se renseigner
sur la profession en rencontrant des professionnels.
Si la personne est intéressée,
elle doit passer un Bac S, même si
les maths ne se sont pas utilisées
dans ma profession, exception faite de la
règle de trois…Et surtout,
être tolérant.
Interview
d'une Sage-femme vu par L4m
Audrey C. (29 ans)
Société: Hôpital de
Dechy
> Parlez-moi
de votre parcours scolaire ?
- Après un bac scientifique, j’ai
fait une année de préparation
au concours de sage-femme, puis j’ai
fait un BTS Biotechnologie et enfin quatre
années d’études de sage-femme.
> Avez-vous
effectué des stages ?
- Les stages représentaient la moitié
du temps d’étude. En première
année, on assistait à des
stages le matin et aux cours l’après-midi.
Durant les autres années, on avait
un mois de stage pour environ trois semaines
de cours.
> Quel est le
contexte de ton embauche ?
- Quand j’ai débuté,
il y avait un besoin de sage-femme, ça
n’a donc pas été trop
difficile. De plus, j’avais effectué
de nombreux remplacements l’été
au sein de l’hôpital. Mes études
finies je me suis donc présentée
spontanément, et j’ai été
embauchée, en CDD dans un premier
temps puis en CDI.
> En quoi consiste
votre travail ?
- Je m’occupe de tout ce qui concerne
la femme enceinte : le suivi pré-natal,
les cours de préparation à
l’accouchement, l’accouchement,
j’assure également le suivi
des femmes hospitalisées pendant
leur grossesse, les soins du bébé
et de la maman. Je fais également
des consultations post-natales ainsi que
du suivi gynécologique.
> Pourquoi avoir
choisi ce métier ?
- Au départ, un peu par hasard, je
souhaitais travailler avec des enfants et
en me rendant à un forum d’orientation
au lycée, j’ai rencontré
une sage-femme, elle m’a expliqué
la richesse de sa profession. Ce qui m’a
plu c’est que ce n’est pas routinier.
> Quelles sont
les qualités nécessaires pour
être une bonne sage-femme ?
- Il faut avoir des qualités relationnelles,
car on est en contact permanent avec des
gens de caractères très différents,
il faut donc s’adapter. Il est également
essentiel d’être à l’écoute,
d’avoir de la patience et de la rigueur
car on n’a pas le droit à l’erreur.
Ce métier demande également
une certaine résistance psychologique.
> Y a-t-il des
inconvénients ?
- C’est un métier de responsabilités,
on a la pression du médico-légale,
de plus en plus de gens font des procès,
on a donc une certaine pression vis-à-vis
de cela. De même, les horaires ne
sont pas toujours compatibles avec la vie
de famille, on travaille souvent le week-end,
ou parfois lors de jours fériés.
> Auriez-vous
un conseil à donner à quelqu’un
qui voudrait être sage-femme ?
- Si c’est une vocation, alors il
faut s’accrocher, ça en vaut
la peine. Les études ne sont pas
évidentes mais à la fin c’est
une belle récompense car c’est
un beau métier.
AT. 05/07/2010
Fiche métier
de la Sage-femme
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