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Anatomopathologiste,
enquêteur de la médecine
Anatomie, cytologie et pathologie, trois
domaines dans lesquels des médecins
pas comme les autres doivent intervenir,
traquant et analysant toutes les modifications
de structure qui touchent les organes, les
tissus et les cellules.
Cette spécialité très
particulière a mis du temps à
émerger. Durant plusieurs siècles,
les scientifiques se contentaient de disséquer
des corps afin de mieux connaître
l'anatomie. Par la suite, ils se sont intéressés
aux causes du décès. Et il
a fallu attendre le XVIIIe siècle
pour qu'un médecin italien, Morgagni
Giambattista, fasse la relation entre les
lésions constatées sur les
cadavres et les symptômes cliniques.
Mais c'est à Paris, grâce à
Xavier Bichat, au XIXe siècle, qui
estimait que "disséquer en anatomie,
faire des expériences en physiologie,
suivre des malades et ouvrir des cadavres
en médecine nécessitaient
une spécialité à part
entière", que la méthode
anatomo-clinique prend véritablement
son essor.
Aujourd'hui, les autopsies ne font plus
partie de leurs activités principales.
Leur champ d'intervention s'est élargi,
puisqu'il englobe aussi bien le diagnostic
que le dépistage des maladies.
Un exemple : sachez que ce sont les anatomopathologistes
qui interprètent les résultats
d'analyse des frottis. Et alors que 80 %
du travail de ces médecins consiste
à rechercher des tumeurs, d'autres
domaines requièrent leurs compétences,
notamment celui de la greffe d'organe. Dans
ce cas, il va contrôler au microscope
l'acceptation ou le rejet du nouvel organe.
En France, il y a actuellement 1 600 médecins
anatomopathologistes, dont 40 % exercent
en libéral. Leur travail est primordial
pour bien des spécialistes, et en
particulier, pour les chirurgiens et les
cancérologues.
Ils interviennent à des moments clés
du parcours de soins des patients. Pourtant,
malgré son importance, l'anatomopathologie
fait partie des spécialités
en difficulté et manque cruellement
de nouveaux praticiens.
Pourquoi une telle pénurie ? Cette
profession méconnue du grand public
n'est ni mise en valeur ni même encouragée
au cours des études de médecine
générale, où le nombre
de stages pratiques proposés aux
étudiant est très insuffisant
pour susciter les vocations. Sans oublier
que les études sont longues, car
en plus des sept années de médecine,
il faut ajouter cinq années de spécialité.
Résultat, chaque année seuls
dix-sept nouveaux médecins choisissent
de devenir anatomopathologiste, alors qu'il
en faudrait le double pour compenser le
nombre de départ en retraite.
Propos de Michel
Cymes et Marina Carrère d'Encausse
pour France5
Crédit France
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