|
Rebouteux ou rebouteurs, renoueurs et rhabilleurs...
Le but de ce dossier n'est pas de convaincre
les réticents ou d'attaquer les rebouteux
et leurs patients mais simplement de faire
le point sur cette pratique.
Les rebouteux sont ainsi appelés
parce qu'ils remettent, avec des gestes
innés, les os ou les articulations
cassées bout à bout. Il font
un peu partie de la tradition populaire
et rurale.
Rien à voir avec le magnétiseur,
qui possèderait un fluide particulier
- ce fameux magnétisme - et qui l'utilise
pour guérir les souffrances physiques,
des rhumatismes à l'eczéma
en passant par les migraines, les brûlures
ou les verrues. Rien à voir non plus
avec le kinésithérapeute,
l'ostéopathe
ou encore le chiropracteur (Chiropraticien),
qui tous les trois ont effectué des
études sanctionnées par un
diplôme reconnu. Il n'existe pas de
formation reconnue de rebouteux : c'est
en effet un don, que l'on a ou pas, sans
savoir pourquoi.
Les procédés utilisés
sont en effet difficiles à valider
scientifiquement. Les rebouteux soignent
en touchant et s'occupent avant tout des
entorses, des fractures, des luxations de
tous les os du corps, des orteils au crâne.
Certains s'occupent des rhumatismes, de
l'arthrose ou même des sciatiques.
Tout dépend du "don" qu'a
reçu le rebouteux...
Sans formation et sans diplôme, les
rebouteux n'ont évidemment pas de
statut officiel : ils ne sont pas reconnus
par le ministère de la Santé,
mais sont tolérés et soumis
au même régime de taxation
que les praticiens libéraux. L'Assurance-maladie
ne prend bien sûr pas en charge les
séances.
En Angleterre, les bonesetters, comme on
les appelle là-bas, sont couverts
juridiquement. Mais c'est la Suisse qui
est la plus tolérante. Dans certains
cantons, les séances sont carrément
remboursées par les caisses d'assurance
privées, si le praticien a suivi
une formation agréée. En France,
les rebouteux se sont depuis toujours passés
d'autorisation. C'est leur talent et leur
réputation qui les ont rendu célèbres
d'un village à l'autre. Il est donc
très difficile d'estimer leur nombre,
n'étant pas recensés. Et si
vous êtes adepte de ces pratiques,
mieux vaut s'informer auparavant.
Les kinésithérapeutes, médecins
ou ostéopathes de votre région
savent qui il faut aller voir et surtout,
qui éviter. Vous pouvez aussi vous
tourner vers le Groupement national pour
l'organisation des médecines alternatives,
qui regroupe les différents rebouteux.
Ce syndicat professionnel a été
créé, en 1997, pour donner
un cadre encore plus précis à
ces professions.
Propos de Michel
Cymes et Marina Carrère d'Encausse
pour France5
Crédit France
Télévisions Interactive
|