Le chirurgien plasticien est un “touche
à tout”.
Son champ d’action ne se limite pas
à un organe précis, mais englobe toute
la partie molle du corps, ainsi que
les os de la face et du crâne. La
chirurgie plastique est donc la chirurgie
des formes et des téguments (tissus
de recouvrement).
C’est très simple: l’ophtalmologue
s’occupe du globe oculaire; le plasticien,
des paupières.
L’oto-rhino-laryngologiste s’intéresse
aux maladies internes de l’oreille,
du nez et de la gorge; le plasticien
restaure l’aspect externe de ces organes.
Le dentiste soigne les dents; le plasticien,
les os sur lesquels elles reposent.
Trois types de chirurgie plastique
peuvent être pratiqués: réparatrice,
reconstructrice et esthétique. Le
troisième, visant à améliorer l’aspect
d’une anatomie normale mais imparfaite
aux yeux du sujet.
Les deux premiers types s’appliquent
à modifier et corriger les conditions
congénitales ou acquises troublant
une fonction ou défigurant l’aspect
extérieur normal.
Différence
entre chirurgie reconstructrice et
réparatrice
Ces deux interventions plastiques
ont toujours pour but l’avenir fonctionnel
et l’aspect esthétique ultérieur de
la région opérée. Par conséquent,
elles s’effectuent souvent en plusieurs
temps.
La chirurgie réparatrice intervient
pour réparer un défaut tégumentaire
ou muqueux quelle que soit sa provenance.
Nous citons, à titre d’exemple, la
fente labio-palatine, déformation
congénitale plus communément connue
sous le nom de “bec de lièvre”.
La chirurgie reconstructrice tâche,
par contre, de remédier à une perte
d’organe ou de substance en les recréant.
C’est bien le cas de l’ablation d’un
sein (mastectomie) ou celle d’une
partie du nez à la suite d’un cancer.
De même, nous pouvons citer la perte
d’un organe (oreille, ...) due à un
accident de voiture, par exemple.
Le plasticien recourt, très souvent,
à ces deux types de chirurgie dans
le traitement d’un même cas. Elles
peuvent donc être conjointement utilisées
pour les ablations cancérologiques,
les malformations congénitales, les
lésions traumatiques, les infections
et les brûlures.
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Interview avec le Dr. Christian De Greef,
médecin spécialiste en
chirurgie plastique
«Habileté manuelle, endurance,
sens social et psychologie», le Docteur
De Greef résume ainsi les qualités
essentielles du chirurgien.
«La chirurgie plastique brosse un
vaste champ d’activités qui
s’étend de la chirurgie esthétique
au sens strict à la microchirurgie
des replantations digitales et des reconstructions
mammaires après cancer».
Après seize années de pratique
à l’étranger et au Luxembourg
à la Clinique Bohler et au Centre
Hospitalier du Kirchberg, il nous parle
de son métier comme étant
le plus beau métier du monde, «qui
allie esprit de rigueur scientifique, créativité
et contacts privilégiés avec
une multitude de personnalités».
Le docteur De Greef évoque ses débuts:
«Quand on fait ce métier, on
ne compte pas ses heures. Des journées
de douze heures ne sont pas rares. J’étais
de garde en moyenne dix jours par mois,
week-ends inclus. Lorsque la situation le
nécessite, il faut parfois se lever
la nuit.»
Profession à risque ? «Notre
responsabilité médicale est
de plus en plus judiciarisée. Il
faut donc se prémunir de toutes contestations
par une information claire, précise
et complète». Mais pour Christian
De Greef, les vrais risques sont l’échec
thérapeutique, la contamination virale
(HIV) ou bactérienne (microbes multi
résistants). Quant à la formation
continue, elle est indispensable même
si elle n’est pas obligatoire au Luxembourg
contrairement à la situation dans
nos pays voisins. La participation à
des congrès, à des études
scientifiques, la lecture de revues scientifiques
permettent au chirurgien d’éviter
la routine et de se lancer de nouveaux défis.
«Il faut être curieux et enthousiaste
sinon c’est la stagnation et la déprime
qui guettent. La médecine croule
sous les documents administratifs et les
statistiques qui ont fait perdre la notion
de l’art de guérir pour privilégier
le dollar du guérir». Quant
aux perspectives professionnelles le docteur
Christian De Greef estime qu’elles
sont relativement minces. «Les débouchés
sont peu nombreux au Luxembourg vu sa faible
population et la présence de onze
plasticiens et de trois spécialistes
en formation, plus la présence de
touristes chirurgicaux transfrontaliers».
Son message aux chirurgiens en herbe: «Soyez
heureux d’avoir le privilège
de vous former, malgré la longueur
du cursus, l’âpreté de
certains cours scientifiques ou de certains
maîtres, au plus beau métier
du monde qui allie esprit et rigueur scientifique,
créativité et contacts privilégiés
avec une multitude de personnalités
qui, à leur tour, vous enrichirons
de leurs émotions et de leur vécu».