Astronaute: C'est le nom porté par
les hommes américains qui vont dans
l’espace. Le terme astronaute vient
du grec : ástron signifiant «
étoile » et nautes, «
navigateur ». Le terme « cosmonaute
» s’applique aux Russes et celui
de « spationaute » aux Européens.
Rencontre avec Jean-François
Clervoy du corps européen des astronautes
Jean-François Clervoy a séjourné
à trois reprises dans l’espace
: en 1994, à bord de la navette Atlantis
; en 1997 pour guider l’amarrage de
la navette* spatiale à Mir et en
1999, pour piloter le bras manipulateur
de la navette lors d’une intervention
sur le télescope Hubble*. Il appartient
au corps européen des astronautes.
Depuis septembre 2001, il est détaché
auprès de l'équipe projet
ATV* (Automated Transfer Vehicle) de l'Agence
spatiale européenne.
En tant qu’astronaute,
vous sentez-vous une âme d’aventurier?
J’ai certainement le goût de
l’aventure et je dirais que lors d’un
vol saptial, trois caractéristiques
font de l’astronaute un aventurier.
La première est la puissance phénoménale
des moteurs d’ascension nécessaire
pour s’extraire de l’atmosphère
et atteindre la vitesse orbitale (environ
8 kilomètres par seconde). À
ce moment-là, on ne peut pas s’empêcher
de se sentir cascadeur. La deuxième
caractéristique est le panorama spectaculaire
sur la terre. Cette ivresse du regard couvrant
une grande surface de notre globe ne laisse
pas indifférent. La troisième
caractéristique, a tout à
voir avec le jeu ! Tous les objets non-attachés
flottent et suggèrent une grande
variété de jeux impossibles
sur Terre. Il n’y a plus de haut ou
de bas. On se déplace comme des anguilles
d’un module à l’autre
en utilisant indifféremment toutes
les parois de la cabine pour travailler,
lire, dormir ou se reposer.
En quoi consiste
le métier d’astronaute?
Nos missions, en vols, ont pour but de réparer
des satellites, d’explorer et de tester
de nouvelles technologies ou de réaliser
des expériences scientifiques. Mais
avant tout, nous sommes des opérateurs
: des plombiers, des réparateurs...
Nos tâches consistent à piloter
des robots, sortir dans le vide spatial,
contrôler des matériels installés
dans la soute du vaisseau spatial, gérer
les ressources du bord. Sans oublier d’assurer
notre propre sécurité en permanence,
en particulier lors de la montée
et de la rentrée dans l’atmosphère!
Avec qui êtes vous amené à
travailler ?
Principalement avec des collègues
astronautes ainsi que des contrôleurs
au sol et des instructeurs. J’ai travaillé
aussi souvent avec des ingénieurs
qui élaborent des programmes futurs
de vols spatiaux habités
Quelles sont les
compétences requises ?
Il faut être soit polyvalent de haut
niveau, soit spécialiste très
« pointu » dans une discipline
technique ou scientifique ayant un rapport
avec l’espace. Dans mon cas, je suis
plutôt un polyvalent à travers
une formation scientifique suivie en France
à l’Ecole Polytechnique, une
formation technique à « Sup
Aero » ainsi qu’une formation
opérationnelle à L’EPNER
(école du personnel navigant d’essais
et de réception).
Et les qualités
requises ?
La capacité de travailler en équipe,
la stabilité émotionnelle,
une bonne santé vérifiée
annuellement par une visite médicale
complète, le goût du défi
technique et une forte motivation. Ce métier
ne se fait pas par intérêt
mais avant tout par passion!
Quels conseils
donneriez-vous à un jeune attiré
par votre profession ?
Je recommande ce métier à
tous ceux qui sont tentés par passion
car la passion les aidera à surmonter
les épreuves et à travailler
dur pour y arriver. Cependant il faut rester
conscient que ce n’est pas encore
un métier que l’on peut choisir
comme la plupart des métiers «
terrestres ». Tous les astronautes
ont eu un métier avant d’être
sélectionnés. La sélection
finale ne s’appuie pas sur les seuls
résultats d’examens théoriques,
physiques et psychologiques, comme les autres
métiers, une grande part est laissée
à la chance car les places sont encore
limitées.
Pour la première fois, une française
s’est envolée dans l’espace,
chargée d’une mission qui comprend
une série d’expériences
médicales, biologiques et technologiques.
Claudie André-Deshays, jeune médecin
rhumatologue de 39 ans, en compagnie de
deux cosmonautes russes Valeri Korzoun,
commandant du vol et Alexandre Kaleri, ingénieur
de bord, a quitté la terre le 17
août à bord du Soyouz-TM 24
en direction de la station spatiale russe
MIR, pour une mission de 14 jours. Baptisée
“Cassiopée” cette cinquième
mission spatiale franco-russe a été
réalisée sous l’égide
du Centre National d’études
spatiales. Sélectionnée dans
le corps des astronautes français
en 1985, la jeune femme dispose d’un
long passé dans ce domaine. Elle
a assisté à la préparation
de toutes les missions françaises
menées à bord du MIR depuis
cette époque, en tant que spécialiste
de la recherche en neurologie.
Avant les
18 mois de l’entraînement
qu’elle a subi à la Cité
des étoiles pour son vol, elle
avait déjà effectué
la même formation en tant que
doublure d’un autre français
qui s’était rendu à
bord de MIR 1993, Jean-Pierre Haigneré.
Cette jeune femme aussi professionnelle
qu’élégante, dotée
d’une volonté de fer confiait
encore tout récemment à
un journaliste qui lui demandait ce
qui poussait une femme à aller
dans l’espace.
“La même chose qu’un homme,
je pense que c’est un défi.
J’ai envie d'aller au bout de moi-même,
comme d’autres scientifiques concernés
par les activités spatiales, je dispose
d’un tempérament suffisamment
sportif pour tenter de goûter à
l’espace... Je dois pousser au maximum
l’expérimentation menée
dans le cadre de mon métier”.
Claudie qui depuis 10 ans se penche sur
les problèmes physiologiques et neurosensoriels
posés par les vols humains en orbite,
et tient à pousser jusqu’au
bout l’étude “in situ”
de l’impact de l’apesanteur
sur l’organisme. La peur de voler...?
“A la Cité des étoiles,
dit-elle, j’ai côtoyé
un grand nombre d'astronautes de la Nasa
qui se préparaient à aller
dans l’espace à l’aide
des moyens spatiaux russes. Que ces Américains
n’aient pas peur de voler avec des
appareils de ce genre suffit à me
libérer de toute crainte.
Durant
deux semaines, Claudie sera impliquée
dans l’ensemble des expériences
préparées
par la France dans le cadre de sa mission.
Ce sera parfois en tant que manipulatrice
lorsqu’il s’agira d’étudier
dans des fours spéciaux le comportement
des fluides lors de leur passage de
l’état liquide à
l’état gazeux.
Il lui faudra aussi être une sorte
de cobaye, puisqu’elle aura droit
à des évaluations neurosensorielles
pour mieux déterminer les modifications
des capacités de perception que
subit l’être humain en apesanteur.
Ses moments de détente seront
consacrés à écouter
des cassettes de musique et de s’isoler
pour mieux rêver près d’un
hublot, la tête dans les étoiles.
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