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> Témoignage d' un Biologiste marin en aquaculture





  Témoignage d' un Biologiste marin en aquaculture (2 témoignages)

Témoignage d' un Biologiste marin en aquaculture vu par l' Ifremer


Stéphane, biologiste marin

Laboratoire de Physiologie des Invertébrés, Ecloserie d'Argenton



"En tant que biologiste, je tente de comprendre les effets des facteurs environnementaux sur la reproduction de l'huître"

"Grâce à l'IRM, il devient possible d'étudier l'huître vivante, sans l'ouvrir, donc sans la tuer"


- "Mon travail consiste à comprendre les mécanismes qui favorisent la reproduction des bivalves marins afin de la contrôler le mieux possible, notamment en écloserie, pour pouvoir faire reproduire des huîtres toute l'année ou à la demande."

- "Depuis plusieurs années, les ostréiculteurs se plaignent de mortalité massive d'huîtres, surtout en période estivale, au moment où elles se reproduisent. On pense que la reproduction a un lien avec ces mortalités. On essaie donc d'analyser ce lien et de répondre aux ostréiculteurs au sein d'un vaste programme de recherche dans toute la France. Cela rend notre travail de chercheur plus concret."


- "Récemment, nous avons étudié, avec des collègues des laboratoires côtiers de l'Ifremer, la croissance et la reproduction d'huîtres simultanément dans deux sites : l'un en baie des Veys (Normandie) et l'autre à Marennes-Oléron (Charente-Maritime), pour une même population à l'origine, placée dans ces deux environnements très différents. Nous avons suivi en parallèle les caractéristiques de la reproduction et celles du milieu."

- "En écloserie, nos expérimentations sont généralement plus courtes que nos manipulations en milieu naturel. Nous y contrôlons les paramètres environnementaux comme la température, la nourriture... et analysons leurs effets sur la reproduction des huîtres en élevage."

- "Notre métier évolue énormément, grâce aux technologies. Aujourd'hui, sur mon ordinateur, je peux suivre en continu la respiration, la filtration de mes populations d'huîtres. Cet outil de surveillance a été mis au point dans l'Institut. C'est le croisement des métiers qui fait que l'on avance."

- "Autre voie d'avenir : l'utilisation des techniques telles que l'IRM10. Avec cette technique, on suit l'huître vivante et il devient possible d'étudier certains aspects de sa physiologie, in vivo, sans l'ouvrir, donc sans la tuer. Je travaille pour cela avec l'INRA et le Cemagref. Cette technologie est sûrement une voie d'avenir. C'est un peu du rêve, mais on peut rêver. Et ça soulève plein d'autres pistes."

Etudes

- Ingénieur agronome, Ecole Nationale Supérieure d'Agronomie de Rennes (ENSAR) - option halieutique
- Doctorat en biologie marine

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Daniel Desbruyères, Biologiste à l’Ifremer


Si nous plongions à 1000 m de profondeur, que rencontrerions- nous de vivant ?


Quand on s’enfonce dans l’océan, la lumière disparait entre 100 et 300 m. Il n’y a alors plus de photosynthèse et les organismes se nourrissent de la matière qui tombe de la surface (cadavres, déjections). Mais la matière organique est dégradée par les bactéries lors de sa descente. Donc plus on va profond, moins il y a de nourriture et plus la faune est clairsemée. La température très basse (2°C) a tendance à ralentir les processus biologiques. La faune est dominée par de petites espèces (vers, crustacés). Quelques échinodermes (oursins, holothuries) forment la faune de grande taille qui se nourrit de la matière détritique du sédiment. Les faunes carnivore et nécrophage sont constituées d’amphipodes (puces de mer géantes) et de poissons (grenadiers, myxines, squales).

La diversité animale estelle plus riche dans les grands fonds que sur Terre ?


Le nombre d’espèces dans les abysses est très élevé. Le paradoxe est donc d’avoir un milieu quasi désertique mais riche en espèces. On parle de plus de 6 millions d’espèces inconnues (actuellement, on a découvert et décrit 240 000 espèces marines).
Plusieurs hypothèses sur cette richesse : la grande stabilité des conditions qui produit une diminution du stress, ou bien l’importance de la prédation qui conduit à un habitat insaturé où la compétition est faible.

Les premières sources hydrothermales ont été découvertes il y a 30 ans. Perçoit-on déjà des modifications anthropiques sur les écosystèmes profonds ?

Les sources de fluides sur les dorsales océaniques et sur les marges continentales sont des oasis dans ce désert des profondeurs (1 000 – 4 000 m). Des fluides chargés en hydrogène sulfuré et en méthane constituent le carburant d’une chaine alimentaire originale. Des bactéries synthétisent de la matière à partir du gaz carbonique dissous et de l’eau. Elles sont associées en symbiose avec des invertébrés (vers géants, palourdes, moules…).
Mais ces milieux sont toxiques et sélectionnent peu d’espèces adaptées. Contrairement à l’ensemble du milieu profond, ces oasis sont donc pauvres en espèces mais riches en matière vivante qui peut atteindre plusieurs dizaines de kilogrammes par mètre carré. Ils sont liés à une ressource fugace et peuvent péricliter rapidement. Les scientifiques capables de travailler dans ces milieux en utilisant des submersibles ont un impact -réduit- sur ces zones. Mais l’intérêt qu’elles représentent pour l’exploitation minérale et la bio-prospection nous font redouter une dégradation rapide. Certains pays comme le Canada et le Portugal les ont déjà classés en «Aires Marines Protégées» dans leur ZEE.


Fiche métier du Biologiste océanographique



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