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- "Récemment, nous avons
étudié, avec des collègues
des laboratoires côtiers de
l'Ifremer, la croissance et la reproduction
d'huîtres simultanément
dans deux sites : l'un en baie des
Veys (Normandie) et l'autre à
Marennes-Oléron (Charente-Maritime),
pour une même population à
l'origine, placée dans ces
deux environnements très différents.
Nous avons suivi en parallèle
les caractéristiques de la
reproduction et celles du milieu."
- "En écloserie, nos expérimentations
sont généralement plus
courtes que nos manipulations en milieu
naturel. Nous y contrôlons les
paramètres environnementaux
comme la température, la nourriture...
et analysons leurs effets sur la reproduction
des huîtres en élevage."
- "Notre métier évolue
énormément, grâce
aux technologies. Aujourd'hui, sur
mon ordinateur, je peux suivre en
continu la respiration, la filtration
de mes populations d'huîtres.
Cet outil de surveillance a été
mis au point dans l'Institut. C'est
le croisement des métiers qui
fait que l'on avance."
- "Autre voie d'avenir : l'utilisation
des techniques telles que l'IRM10.
Avec cette technique, on suit l'huître
vivante et il devient possible d'étudier
certains aspects de sa physiologie,
in vivo, sans l'ouvrir, donc sans
la tuer. Je travaille pour cela avec
l'INRA et le Cemagref. Cette technologie
est sûrement une voie d'avenir.
C'est un peu du rêve, mais on
peut rêver. Et ça soulève
plein d'autres pistes."
Etudes
- Ingénieur agronome, Ecole
Nationale Supérieure d'Agronomie
de Rennes (ENSAR) - option halieutique
- Doctorat en biologie marine
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Daniel
Desbruyères, Biologiste à
l’Ifremer
Si nous plongions à 1000 m
de profondeur, que rencontrerions-
nous de vivant ?
Quand on s’enfonce dans l’océan,
la lumière disparait entre
100 et 300 m. Il n’y a alors
plus de photosynthèse et les
organismes se nourrissent de la matière
qui tombe de la surface (cadavres,
déjections). Mais la matière
organique est dégradée
par les bactéries lors de sa
descente. Donc plus on va profond,
moins il y a de nourriture et plus
la faune est clairsemée. La
température très basse
(2°C) a tendance à ralentir
les processus biologiques. La faune
est dominée par de petites
espèces (vers, crustacés).
Quelques échinodermes (oursins,
holothuries) forment la faune de grande
taille qui se nourrit de la matière
détritique du sédiment.
Les faunes carnivore et nécrophage
sont constituées d’amphipodes
(puces de mer géantes) et de
poissons (grenadiers, myxines, squales).
La diversité animale estelle
plus riche dans les grands fonds que
sur Terre ?
Le nombre d’espèces dans
les abysses est très élevé.
Le paradoxe est donc d’avoir
un milieu quasi désertique
mais riche en espèces. On parle
de plus de 6 millions d’espèces
inconnues (actuellement, on a découvert
et décrit 240 000 espèces
marines).
Plusieurs hypothèses sur cette
richesse : la grande stabilité
des conditions qui produit une diminution
du stress, ou bien l’importance
de la prédation qui conduit
à un habitat insaturé
où la compétition est
faible.
Les premières
sources hydrothermales ont été
découvertes il y a 30 ans.
Perçoit-on déjà
des modifications anthropiques sur
les écosystèmes profonds
?
Les sources de fluides sur les dorsales
océaniques et sur les marges
continentales sont des oasis dans
ce désert des profondeurs (1
000 – 4 000 m). Des fluides
chargés en hydrogène
sulfuré et en méthane
constituent le carburant d’une
chaine alimentaire originale. Des
bactéries synthétisent
de la matière à partir
du gaz carbonique dissous et de l’eau.
Elles sont associées en symbiose
avec des invertébrés
(vers géants, palourdes, moules…).
Mais ces milieux sont toxiques et
sélectionnent peu d’espèces
adaptées. Contrairement à
l’ensemble du milieu profond,
ces oasis sont donc pauvres en espèces
mais riches en matière vivante
qui peut atteindre plusieurs dizaines
de kilogrammes par mètre carré.
Ils sont liés à une
ressource fugace et peuvent péricliter
rapidement. Les scientifiques capables
de travailler dans ces milieux en
utilisant des submersibles ont un
impact -réduit- sur ces zones.
Mais l’intérêt
qu’elles représentent
pour l’exploitation minérale
et la bio-prospection nous font redouter
une dégradation rapide. Certains
pays comme le Canada et le Portugal
les ont déjà classés
en «Aires Marines Protégées»
dans leur ZEE.
Fiche métier
du Biologiste
océanographique
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