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Phodé a le
nez de la croissance
La vache adore l'orange, le cochon raffole
du caramel, le lapin craque pour la banane.
Phodé, créée en 1996
par Daniel Eclache, est devenue une société
experte de l'impact olfactif sur le comportement,
l'appétit animal d'abord, puis le
confort humain. «Nous concevons des
arômes, pas des parfums. Le parfum,
lui, ne se mange pas». Phodé
reste au cœur du métier, avec
les distributeurs d'aliments pour le bétail,
une filiale au Canada, une présence
en Asie. L'entreprise parie sur les marchés
lointains, vise les 80 % à l'export
et connaît une croissance champignonesque
de 60% par an depuis l'origine. Phodé
va d'ailleurs changer de site, en mai 2004,
et investit 2,5 millions d'euros, 2500 m2
à Albipôle.
Le concepteur de molécules qui ouvrent
l'appétit procède à
une diversification grâce à
une molécule qui détruit les
odeurs (au lieu de les masquer ou saturer),
et les transforme en sel inerte (un brevet
mondial). «Nora System s'attaque aussi
à leur toxicité. C'est un
anti-polluant olfactif». D. Eclache
voit s'ouvrir tous les possibles, vers les
industries nauséabondes (papeterie,
tannerie...), les stations d'épuration,
déchetteries, compostage, les porcheries
(»on sait faire la porcherie à
zéro odeur. Cela coûte 1 jour
d'engraissement mais en gagne 7. Le porc,
débarrassé de l'odeur d'ammoniaque,
mange mieux»), l'industrie des colles,
peintures, isolants phoniques (dans l'automobile)
et les cheminées d'évacuation
des restaurants qui parfument au graillon.
Phodé a trusté les distinctions:
finaliste 2002 du Grand Prix européen
de l'Innovation industrielle. Autonome sur
la recherche, le financement, la fabrication
des principes actifs et leur commercialisation,
Phodé n'attend plus que l'appel des
sociétés capables de réaliser
les brumisateurs et diffuseurs de ses molécules.
«Pour l'instant, les réglementations
sous estiment les nuisances olfactives,
mais des collectivités s'y intéressent
déjà». Les lobbys de
défense de l'environnement seront
peut-être ses meilleurs alliés.
L'entreprise de 24 employés a fait
valider Genuol, sa structure d'expertise,
et D. Eclache est consulté par le
BIT à Genève. La SA réalise
4 millions de CA et prévoit l'exponentiel:
le cash flow de Phodé a un arôme
mais pas d'odeur.
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