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Rencontre avec Mercedes
Sierra Torral directrice des programmes
spatiaux espagnols.
Mercedes Sierra Torral dirige le CDTI* qui
orchestre les activités spatiales
de l’Espagne. Elle occupe ce poste
depuis trois ans, après une grande
expérience dans l’aérospatial
en tant qu’ingénieur. Sa mission
? Faire de l’Espagne et de ses entreprises
des acteurs importants des programmes spatiaux
européens et internationaux !
IOONOS : Comment
devient-on directrice de programmes spatiaux
?
Mercedes Sierra Torral : J’ai une
formation d’ingénieur, j'ai
aussi un diplôme en histoire de l'art
et un MBA de l'IESE, institut espagnol.
J'ai toujours travaillé comme ingénieur
dans l'aérospatial. Avant de travailler
pour l’état espagnol, j’ai
passé vingt ans dans une entreprise
privée (SENER). J'ai commencé
par le calcul et la conception de structures
et de mécanismes pour des applications
spatiales, puis je suis devenue chef de
projet pour des programmes spatiaux et enfin
j’ai été en charge du
développement des activités
dans le domaine. Aujourd'hui, je travaille
donc pour la promotion de la Recherche et
du développement à la fois
pour l'aéronautique et l'espace.
IOONOS : Qu’est-ce
qui vous a amenée à travailler
pour l’espace ?
Mercedes Sierra Torral : Au départ,
c’est un hasard. L’un de mes
enseignants qui appartenait à l’entreprise
SENER m’a proposé d’y
entrer. Je l'ai fait, et puis un beau jour
je me suis rendu compte que j’y avais
déjà passé vingt ans
; sûrement parce que le travail était
intéressant et que l'environnement
et les gens y étaient très
agréables.
IOONOS : En quoi
consiste vos activités à la
tête de l’agence espagnole ?
Mercedes Sierra Torral : Notre objectif
est l'augmentation du niveau technologique
des entreprises espagnoles dans le domaine
de l'aéronautique et de l'espace.
Nous le faisons en investissant dans la
recherche et le développement et
aussi en encourageant les entreprises à
participer aux grands programmes internationaux.
En ce qui concerne l’aérospatial,
je représente le gouvernement espagnol
auprès de l'Agence spatiale européenne
(ESA) et d’organisations internationales.
L’autre grande partie de mon activité
consiste à rencontrer les industriels
qui travaillent pour l’espace.
IOONOS : Avec qui
travaillez-vous ?
Mercedes Sierra Torral : J’ai une
équipe d’environ 25 personnes,
la plupart sont des ingénieurs…
et plus de la moitié sont des femmes.
IOONOS : Quelles
qualités vous semblent nécessaires
dans votre domaine ?
Mercedes Sierra Torral : Il est nécessaire
d’avoir une formation et un niveau
technique solides pour évaluer la
qualité des propositions reçues.
Il est aussi essentiel d’avoir quelques
talents de négociation et des facilités
pour parler en public. IOONOS : Quel intérêt
principal trouvez-vous à votre métier
? Mercedes Sierra Torral : À mon
poste, j’ai une bonne visibilité
sur un secteur très intéressant
et j’ai des contacts avec des gens
très qualifiés et passionnants
dans le monde entier.
IOONOS : Quels
sont les défis qu’il vous faut
relever ?
Mercedes Sierra Torral : Nous devons positionner
l’Espagne dans le secteur spatial.
Malgré des efforts ces dernières
années, il nous reste beaucoup à
faire pour que l’Espagne se trouve
en bonne place. Il est parfois difficile
– mais pas impossible ! – pour
les entreprises espagnoles de s’inscrire
dans des projets internationaux, certains
pays d’Europe se sont intéressés
à l’aérospatial bien
avant nous et ont des capacités beaucoup
plus grandes.
IOONOS : Aujourd’hui,
recommanderiez-vous cette profession aux
jeunes ?
Mercedes Sierra Torral : Seulement s’ils
sont vraiment passionnés ; chacun
devrait pouvoir travailler dans un secteur
qui lui plaît. Le travail prend une
telle place dans la vie !
IOONOS : L’espace vous fait-il rêver
?
Mercedes Sierra Torral : Je suis toujours
émue quand un lanceur décolle
avec à son bord le fruit d’un
long travail de quantité de personnes.
Il s'agit là d'une entreprise risquée.
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