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Pierre Leseur, technicien
Pierre Leseur est technicien principal au
sein du département Mesures physiques
de l’ONERA*, le centre français
de recherche aérospatiale. Sa spécialité
? Les accéléromètres*
: des petites mécaniques de haute
précision embarquées sur des
satellites pour des missions de recherche.
Son savoir-faire ? Un doigté et une
minutie remarquables pour fabriquer et intégrer
de véritables pièces d’horlogerie.
C’est à lui que revient la
prouesse de fixer un fil d’or dont
le diamètre ne fait pas plus de cinq
microns sur les accéléromètres
!
IOONOS : Quelle formation avez-vous suivie
et quel est votre parcours professionnel
?
Pierre Leseur : Je suis entré à
l’ONERA en 1974, directement après
un Certificat d’aptitude professionnelle
(CAP) d’ajusteur. Au départ,
j’ai choisi l’ONERA parce que
mes parents y travaillaient et rapidement
cela m’a plu. J’ai passé
près de dix ans en atelier dans l’équipe
d’ajustage, avant de travailler en
laboratoire.
IOONOS : En quoi
consiste votre travail ?
Pierre Leseur : Je suis mécanicien
et je travaille le plus souvent avec des
ingénieurs ; je fabrique des prototypes
en concertation avec eux. Une partie de
mon travail consiste à usiner des
pièces au laboratoire de mécanique.
Mais je passe la plupart de mon temps à
intégrer les accéléromètres
en salle blanche (pièce aseptisée
ou tout est contrôlé pour qu’aucune
poussière ou particule n’entre
et qui nécessite le port d’une
tenue spéciale).
IOONOS : Votre
formation vous a-t-elle préparé
à ce travail ?
Pierre Leseur : Oui, avec mon CAP j’étais
déjà versé sur la petite
mécanique de précision, donc
préparé au métier que
je fais aujourd’hui.
IOONOS : L’informatique
fait-elle partie de vos outils ?
Pierre Leseur : Je me sers de l’ordinateur
pour échanger avec les ingénieurs,
pour croiser des données et entrer
les résultats de chaque opération
effectuée en salle blanche. Mais
c’est limité, mon métier
est avant tout manuel.
IOONOS : Quelles sont les compétences
et les qualités requises dans votre
quotidien ?
Pierre Leseur : Les compétences essentielles
sont celles acquises par l’expérience.
Un technicien a beaucoup d’aptitudes
en sortant de l’école, mais
l’expérience est vraiment fondamentale.
Le travail auprès des ingénieurs
complète la formation. Quant aux
qualités : la minutie, la précision,
le soin, le respect de nombreux protocoles
et l’ouverture, la capacité
de discuter avec d’autres corps de
métiers.
IOONOS : Quels
sont les intérêts de ce métier
?
Pierre Leseur : Le fait de participer à
des projets internationaux est valorisant.
Et travailler sur des accéléromètres
qui partent dans l’espace, savoir
que là-haut des satellites fonctionnent
grâce à son travail, c’est
très gratifiant !
IOONOS : Quelles
sont les difficultés à surmonter
?
Pierre Leseur : Les difficultés sont
d’ordre technique, il faut se poser
les bonnes questions, les résoudre
tout en respectant les échéances
des projets. La précision de l’ordre
de 2 à 3 microns rend les choses
difficiles, il suffit d’une poussière
et tout est à refaire.
IOONOS : Quels
conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent
faire ce métier ?
Pierre Leseur : Suivre une formation de
mécanicien poussée et pas
de secret, il faut être un bon manuel
!
IOONOS : L’espace
vous fait-il rêver ?
Pierre Leseur : J’aime mon métier
et l’espace me fait rêver. Si
je pouvais monter dans la Navette et faire
un petit tour là-haut… J’aimerais
voir la planète de loin…
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