À 31 ans, Arnaud Patte, domicilié
aux Cabannes, est l'un des 15 pisteurs
que compte la station d'Ax-3 Domaines.
Il entame sa seconde saison. Titulaire
du brevet de secourisme, Arnaud possède
l'aptitude de skier sur tous les terrains
et par tous les temps. « On a un
jury qui nous note en hors-piste sur notre
aisance et notre motivation », explique-t-il.
Sa journée commence vers 8 heures.
« On part à l'ouverture des
premières remontées mécaniques
pour vérifier si les jalons et
le matériel sont bien en place
sur les pistes. On remet les filets de
sécurité car on les enlève
la nuit pour le besoin des dameuses. Une
fois ce travail de vérification
terminé, on prévient l'accueil
qui donne le feu vert pour l'ouverture
». Après vérification
du matériel de secours, Arnaud
reste à disposition de la station.
« En cas de blessure d'un skieur,
on fait appel aux autres pisteurs ou bien
directement au peloton de gendarmerie
de haute montagne, qui dessert la station
en hélicoptère. Pour l'instant,
comme nous sommes en basse saison, les
accidents ont lieu surtout le week-end
».
Comme une voiture-balai, les pisteurs
sont les derniers à emprunter les
pistes en fin de journée, avant
le passage des dameuses. Lunettes de soleil
ou bonnets égarés, pistes
en mauvais état : tout est signalé
sur un carnet de bord. La journée
se termine vers 18 heures. L'heure de
penser à autre chose que la glisse.
En général, Arnaud n'a pas
besoin d'une berceuse. « Il m'est
déjà arrivé de repartir
sur les pistes la nuit lorsqu'on nous
a signalé une disparition d'enfant
».
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Passionnées et professionnelles,
les filles aussi exercent le difficile
métier de pisteur.
Tenue voyante, de couleur jaune et noir,
les pisteurs arpentent les stations pour
conseiller et assurer la sécurité
des skieurs. Parmi eux, dans ce métier
qualifié de masculin, l'équipe
de la station de Gavarnie-Gèdre
compte trois femmes dont Marie Savoie.
Elle tient à faire partager sa
passion du ski et de la montagne.
Pouvez-vous décrire la journée
type du pisteur ?
Je me lève à 5 heures s'il
a neigé. Avec mes collègues,
nous déclenchons les avalanches
avec de la dynamite ou à distance
à l'aide de canons avalancheurs.
Nous ouvrons les pistes, effectuons les
relevés météorologiques.
Nous nous installons ensuite au poste
de secours ou nous réalisons des
enquêtes afin de savoir si les skieurs
se sentent en sécurité sur
les pistes. Toutefois, les accidents graves
sont rares dans la station. Il y a peu
de croisements de pistes et donc peu de
collisions.
Comment s'est
déroulée votre formation
?
La formation débute avec un test
de ski et se poursuit avec 15 jours de
découverte du milieu montagnard.
Sont ensuite dispensées une formation
de secourisme et trois semaines d'enseignement
sur les comportements à adopter
en cas d'avalanches. Sans oublier le système
ARVA, petit appareil qui émet des
ondes et permet de retrouver les personnes
ensevelies. Après avoir obtenu
l'examen, on peut s'orienter sur différentes
qualifications au terme de la formation
tel qu'artificier ou maître-chien.
Des femmes dans
ce métier, c'est inattendu ?
J'ai rencontré quelques difficultés
au début mais il a suffi d'un temps
d'adaptation pour que la gent masculine
m'accepte. Nous sommes aujourd'hui trois
filles dans une équipe de dix personnes
et cette quasi parité est bien
acceptée. C'est avant tout un travail
d'équipe et même si le niveau
physique est parfois élevé,
on se complète en associant nos
compétences. L' ambiance est bonne
entre nous.
Comment les skieurs
réagissent-ils lorsqu'une femme
vient les secourir ?
Ils viennent plus facilement vers nous
lorsqu'ils ont besoin d'une information
et lors d'une intervention sur des femmes
blessées, un rapport de confiance
s'établit plus rapidement. En revanche,
quand on intervient toutes les trois,
certains ont tendance à accentuer
leur douleur ou au contraire à
oublier leurs maux !