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  Le métier de Directeur de publication au Sénégal

Le métier de Directeur de publication au Sénégal vu par Xibar



JEAND MEISSA DIOP, DIRECTEUR DE PUBLICATION DE WALF GRAND-PLACE


« Je revendique ma part du Sopi »
Directeur de publication du quotidien people « Walf Grand-place », Jean Meïssa Diop qui par ailleurs a été le rédacteur en chef de l'aîné des quotidiens du groupe « Walfadjiri », est un journaliste de formation qui aura beaucoup marché, fait, produit et créé. D'un abord facile, cet émérite journaliste aux fortes convictions, aux qualités humaines reconnues apparaissant toujours avec un air timide, est cependant très jovial. À ce titre, qu'il a quelque part choisi de piloter ce journal people avec de la créativité au bout. Dans cette interview qu'il nous a accordée, ce Sérère bon teint qui n'est plus à présenter dans le monde du journalisme, revient de manière précise sur son parcours, ses vécus dans le métier, sa vision du journalisme, aujourd'hui attaqué à toutes parts, ses bons et mauvais côtés. II est aussi revenu sur le réel comportement du journaliste avec des vertus qui se font rares sans oublier de réclamer sa part du « Sopi ». Sa rédaction, sa femme, ses enfants et ses préférences. Entretien !


Voulez-vous, vous présenter aux lecteurs de Station ?

Je m'appelle Jean Meïssa Diop. Je suis journaliste de formation et de profession, parce qu'il faut faire la précision car elle est importante. Il existe des journalistes de formation et qui ne le sont plus, puisque l'on dit que le journalisme mène à tout à condition d'en sortir, donc il y a des journalistes qui vivent une formation de journaliste et qui par la suite vont aller faire autre chose. Donc, je suis journaliste qui est toujours en activité, quoique je ne suis plus le journaliste de terrain, mais bien un journaliste rond de fauteuil pour ne pas dire bureaucrate. Cela est dû essentiellement à mes activités, mes occupations, mes responsabilités de directeur de publication depuis le 24 novembre 2005 date de la création de « Walf Grand-place ». J'ai été formé au Cesti et issu de la trei­zième promotion qui portait le nom du docteur Doudou Guèye, qui a été directeur des études de cette école et père de l'ancien ministre Oumou Khairy Guèye Seck. Je suis de la même promotion que de grands journalistes dont je m'honore d'être leur ami comme Mamadou Ndiéguène de la Rts.

Pour parler un peu de votre parcours de journaliste, où Jean Meïssa a eu à exercer avant d'atterrir à Walfadjiri ?

D'abord à ma sortie du Cesti, j'ai connu quelques mois de chômage. Sortie qui a coïncidé avec une période de saturation: Car, l'Etat était le principal employeur des journalistes. Et les possibilités d'insertion du journaliste diplômé étaient devenues très minces, voire inexistantes. Le « Soleil » n'employait plus, de même que l'Aps et la Rts plus ou moins. Mais, de plus en plus il y avait quelques privés dont les moyens n'étaient pas des plus importants. Donc, je suis resté inactif pendant au moins dix mois après ma sortie du Cesti à la fin de l'année 1985. C'est par la suite que j'ai été recruté par « Afrique Nouvelle », qui à l'époque était un hebdomadaire créé par l'église. Mais, je suis arrivé au moment où le journal se mourrait. C'était en novembre 1986. Ce n'est seulement qu'en 1987 que ce journal à cessé de paraître. (.) II sera finalement mis en liquidation durant l'année de ses quarante ans. (). Par la suite, j'ai encore flotté quelques mois avant que mon camarade de promotion Mohamed Bachir Diop qui a été rédacteur en chef du « Témoin » et qui aujourd'hui travaille avec Youssou Ndour m'a dit que Abdoulaye Wade allait créer un journal. C'était à la pré-campagne pour les élections législatives et présidentielles de 1988. C'était un journal de campagne avec Mamadou Oumar Ndiaye, actuel directeur de publication du « Témoin », Jean Paul Dias, Ousmane Ngom, etc. Donc, nous avons porté « Sopi » sur les fonds baptismaux. Par la même occasion, si aujourd'hui on parle de « Sopi », je revendique ma part du « sopi ». Ceux qui parlent de l'Alternance et du « sopi » oublient le travail que nous avons abattu à l'époque avec des records de vente qu'aucun journal à l'époque n'avait réalisée. (...). C'est à la suite de toutes ses aven­tures que j'ai intégré la rédaction de « Walfadjiri » qui à l'époque était un hebdomadaire et qui passait en bi-hebdomadaire.

En tant que contractuel ?

Je dois préciser que lorsque je travaillais encore avec « Sopi », n'étais qu'un pigiste à « Walfadjiri ». Donc, le journalisme n'es pas une question d'argent mais de conviction. II faut y croire d'abord parce qu'on ne vient pas comme ça dans le métier pour gagner un bon salaire. II faut apprendre et l'argent viendra après C'est mon expérience et ma philosophie personnelle. En un mot s'enrichir professionnellement puis humainement et le reste viendra. J'ai aussi travaillé avec le « Témoin » et « Sud quotidien ».

Vous entrez à Walf en tant que pigiste, pour en devenir plus tard rédacteur en chef. Au-delà du travail bien accompli, est-ce que vous avez un petit secret que vous voudrez bien partager avec la jeune génération de journalistes?

Non, je n'ai pas la prétention d'avoir un petit secret, mais je peu avoir la certitude d'avoir des convictions. Je sais que j'ai des convictions dans cette profession. C'est ce que je vous ai dit tout à l'heure. Trois étapes marquent la formation du journaliste que sont l'école, la salle de rédaction et le terrain. Et, à chacune de ce étapes on apprend. Pour ceux qui n'ont pas fait d'écoles; la salle de rédaction c'est l'école au quotidien. Ce sont là des écoles très déterminantes. Si, de ces écoles, on en assimile les leçons qu'elle donnent au quotidien, je crois, qu'on exercera ce métier avec beaucoup plus d'humilité, de générosité et une part de désintéressement. Il faut juste avoir une bonne dose de militantisme dans le journalisme. C'est ce qui jusqu'à une période donnée constituait la force du journalisme. De moins en moins, je rencontre ces vertus.

Selon vous, c’est dû à quoi ?

Je crois qu'il y a aujourd'hui beaucoup de manque de modestie chez plusieurs journalistes. Ils aiment se flatter en se disant grands journalistes et ils se voient nommés grands journalistes alors qu'ils n'ont rien prouvé. Moi, je n'ai été chef de Desk qu'après dix ans de salle de rédaction, dix ans de terrain, dix ans de journalisme de base. Et, je n'ai jamais revendiqué un seul titre. Quelque part des gens ont peut­être estimé que je le méritais, on m'a confié ces fonctions„ Jean Claude Gibéau; un journaliste, disait, je le cite, « le journalisme; on ne l'exerce mieux qu'en le haïssant ». Donc haïr ce qui peut en être les travers, ce qui peut en être les dérives.

Ces défaillances dont vous faites part, sont-elles la causse de ces nombreuses attaques contre-la presse ?

Je crois qu'il y a de cela. C'est-à-dire que quelque part, la presse a prêté le flanc. Dans certains de ses comportements ; elle a donné raison, en quelque sorte, à ses détracteurs. Et, c'est cela qu'il faut éviter. Quelqu'un disait qu'il faut bien réfléchir avant de te faire applaudir par tes ennemis. Le journaliste doit aussi avoir cette attitude. Nous nous devons de bien réfléchir avant de nous faire applaudir par nos adversaires.

Rédacteur en chef de « Walf quotidien », puis directeur de publication d'un quotidien people qu'est « Walf Grand-place ». pourquoi un tel choix ?


Ce choix m'a été proposé au moment où Walf s'acheminait à devenir un groupe avec l'avènement d'une radio en plus du quotidien. Donc, on se disait pourquoi ne pas créer un deuxième titre. Donc; fallait diversifier l'offre éditoriale d'autant plus que l'environnement des médias était dynamique. II m'a été confié la tâche de réfléchir à un contenu, à un nom et mettre en place une équipe d'identification de personnes susceptibles de constituer cette rédaction. C'était en 2000; et ce n'est que le 25 novembre 2005 que « Walf Grand-place » a été mis sur les rails. Pour moi, c'était aussi un défi professionnel pour mettre sur le marché quelque chose qui puisse se vendre, se lire, accrocher et intéresser. Aussi, bien que j'aie l'air timide, je suis une personne très joviale. Et comme j’aime beaucoup rigoler, je me suis dit qu’avec « Walf Grand-place », c'était pour moi la récréation. C'est le côté subjectif qui justifie un tel choix. Mais, je dois dire que c'est une aventure merveilleuse, d'au­tant plus que je suis là avec des jeunes très enthousiastes qui en veulent.

Mais, tout le monde n'est plus là ?

Certains ont reçu des offres mirobolantes, mais ont tenu à rester ici. Car se disent-ils; que « Walf Grand-place » est toujours leur bébé. Nous l'avons porté sur les fonts baptismaux, donc, il n'était pas question de quitter en laissant les camarades bien que certains soient partis. Mais; je ne les juge pas parce qu'ils ont leurs raisons personnelles. Notre rédaction en elle-même, est une grand-place. Même pour nos réunions de rédaction, on s'assied comme dans les grand-place de Niarry talli. Nous sommes comme une piscine. Qui y entre, apprend forcément à nager. On te dit plonge, et si tu ne sais pas nager, on t'apprendra comment le faire. C'est l'esprit « Grand-­place ». Cependant que la noyade reste un échec. Tout le monde apprend, même le directeur de publication. Cela par le contact avec les autres, comme les stagiaires qui viennent d'arriver. Dans cette profession, c'est tous les jours que l'on apprend. Et tous ceux-là viennent ici s'adaptent à la perfection. L'atmosphère est si gaie et détendue qu'on a envie d'y revenir ou d'y rester. C'est tout simplement convivial et la discipline est de rigueur.

Marié ?

Ha oui ! Depuis 1994. J'ai deux filles qui sont très adorables dont l'aînée a 13 ans et demi. Je dois aussi préciser que j'ai un femme, donc monogame.
En bon Sérère, Jean Meïssa préfère-t-il le « ngourbane » au « tiébou dieune » national ?
Le « ngourbane » bien sûr et le couscous. Donnez-moi n'importe quel plat, je ne le remplacerais pas.

Source: STATION 1 (ONE). Vendredi 18 Avril 2008.





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