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Photographe à Toulouse ©

  Le métier de Laveur de voitures au Sénégal

Le métier de Laveur de voitures vu par Xibar



Lavage de voitures : Un métier, deux avantages


Le lavage de véhicules apparaît comme un métier doublement avantageux. En effet, il représente une économie pour les clients. Mais, également, une porte de réussite pour les jeunes laveurs.

Des ordures ménagères qui dégagent une mauvaise odeur. De l’eau de pluie stagnante sur le sol. Des gravats jetés par terre. Le décor est loin d’être beau. Nous sommes au terminus de Liberté 5. Il est 17 heures 30. En cette fin d’après-midi du lundi, le soleil commence à s’éclipser. Mais le temps reste quand même chaud. N’empêche que les gens vaquent à leurs préoccupations. Le lieu est réservé aux bus Dakar dem dik (Ddd), certes. Mais quelques voitures de particuliers et des taxis ‘jaune et noir’ disputent la place. Cependant, ils ne sont pas là pour faire la concurrence aux bus de Christian Salvy. Ces véhicules sont plutôt là pour le lavage. C’est le travail de jeunes enfants. Une tâche qui n’est pas aisée à cause de la rareté des clients. C’est du moins ce qu’affirment les laveurs interrogés.
Taille moyenne, un jeune Koungueulois de 19 ans répondant au nom de Malick Seck en est un. ‘Ça ne marche pas bien. Il n’y a pas beaucoup de clients. J’en suis à ma deuxième voiture depuis ce matin. Pour cette journée, je n’ai gagné que 800 francs, alors qu’il arrive que je descende avec 3 000 francs de gain’, dit-il.

C’est le même son de cloche qui est servi par ses camarades. Pour ces derniers qui, du fait de leur habillement, ressemblent à des apprentis ‘car rapides’, les clients se font rares les jours ordinaires. ‘Les clients viennent surtout les dimanches et après la pluie’, affirme Ardo Thiam, un jeune de 20 ans, originaire de Khombole.

Pendant ce temps, les autres laveurs se disputent un client qui vient de garer. ‘Je suis le premier arrivé. Non c’est moi qui suis le premier’, lancent-ils au conducteur. Pris d’assaut, ce dernier a du mal à sortir de sa voiture. ‘Je ne peux pas désigner quelqu’un d’entre vous. Essayez de vous arranger’, leur rétorque-t-il avant de prendre congé d’eux. Les autres laveurs, moins chanceux, guettent d’autres clients.

Mais quelles que soient les difficultés, les laveurs soutiennent s’en sortir quand même. ‘Je parviens à m’en sortir. A la descente, j’ai de quoi acheter la nourriture’, explique l’un d’entre eux.

Si le lavage de véhicules leur permet de régler quelques problèmes quotidiens, il n’est pas pour eux une fin en soi. Ce travail constitue, tout simplement, un passage pour apprendre à conduire. ‘Nous ne sommes pas là pour laver des voitures éternellement. Le lavage de véhicules est juste pour nous un chemin pour devenir chauffeur’, précise Ardo Thiam.

Des propos confirmés par un ancien laveur devenu chauffeur embauché. ‘J’ai commencé par le lavage de voitures avant de devenir chauffeur pour un particulier. J’ai exercé ce métier pendant deux ans. C’est dans ce métier que j’ai appris à conduire une voiture. C’est ça l’avantage du lavage. Avant d’être embauché, j’étais chauffeur de ‘clando’. Je faisais des courses entre Parcelles assainies et Pikine. Ces jeunes laveurs qui sont là, ont pratiquement tous leur permis de conduire. Mais ils n’ont pas encore la chance d’être embauchés. Ils patientent encore’, explique Ndiaga Ndiaye, 22 ans.

Le lavage de véhicule est une auto-école pour les jeunes laveurs, mais il est également une source d’économie pour les clients. ‘Les laveurs ont des prix abordables. Leurs tarifs varient entre 300 et 500 francs. Et ils lavent toute la voiture, à l’extérieur comme à l’intérieur. C’est mieux par rapport aux stations d’essence où les prix varient entre 1 000 et 2 000 francs’, se réjouit Cheikh Lamine Sène. Le bon marché n’est pas cependant le seul motif d’attraction des clients. A cela vient s’ajouter la propreté des travaux. ‘Les jeunes laveurs font du bon travail. Après le lavage, la voiture devient propre. Ils font le travail avec engagement et détermination. J’apprécie bien leur travail’ , témoignent bon nombre de clients.

Ce qui impressionne ces derniers, c’est surtout le fait que les jeunes laveurs n’ont pas choisi la facilité. Il faut entendre par là le banditisme ou le vagabondage. ‘Ils pouvaient faire comme leurs camarades qui se droguent, qui volent ou agressent. Mais, ils ont préféré gagner leur vie dignement’, ajoutent-ils. Pour cette raison, ils pensent que ces jeunes méritent d’être soutenus et encadrés. Ce qui est encore loin d’être le cas au regard des conditions dans lesquelles ils travaillent. ‘Nous travaillons dans des conditions difficiles. Les agents de Ddd nous interdisent souvent le lieu. Dès fois, c’est la police qui vient nous chasser. Nous avons aussi un problème d’approvisionnement en eau. Pour avoir un seau d’eau, nous payons 75 francs aux propriétaires de restaurant d’à-côté’, affirment les laveurs.

C’est un véritable problème d’espace qui se pose ainsi pour ces jeunes débrouillards. Une réflexion pour lui trouver une solution ne serait pas de trop.

Ndakhté M. GAYE
Source: Walfadjri. Samedi 22 Septembre 2007





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Le métier de Laveur de voitures vu par Xibar



LE LAVAGE DES VOITURES : La pluie, une concurrente naturelle



Aussi bien dans la capitale que partout ailleurs dans le pays, les laveurs de voitures se disputent les clients. Leurs activités, très florissantes pendant la saison sèche, font qu’ils sont maintenant bien établis. Mais, quand la pluie s’y mêle, c’est la courroie et la bannière pour certains de trouver du travail. Le ciel aura déjà rincé le bolide à leur place.

Les laveurs de véhicules sont reconnaissables à mille lieux à la ronde. Le plus souvent courts sur pattes, seaux d’eau par terre, éponges en main et morceaux d’étoffe sur l’épaule, bas du pantalon retroussé et le tee-shirt troué, tel semble être leur accoutrement. Plus bavards que ces braves garçons qui ont choisi ce dur métier (au lieu d’aller mendier ou voler), tu meurs. Car, en vous apercevant, ils vous hèlent par des : « Ici Monsieur, c’est libre ! Venez, garez par là ! Faites marche arrière ! Non ce n’est pas comme çà, braquez sur l’autre sens ! ». Ainsi de suite jusqu’à ce que vous soyez hors d’un accrochage avec un autre véhicule. Car, il faut le reconnaître, les laveurs ont aussi ce sens élevé du devoir quand on sait qu’ils font tout pour ne pas créer des embouteillages en faisant garer les voitures d’autrui pour les besoins d’un lavage. Si en saison sèche qui, de surcroît, est accompagnée de poussière, les laveurs de véhicules se frottent les mains, il n’en demeure pas moins qu’ils rencontrent des « jours sans ». Ils élisent leur base dans les endroits les plus occupés par les hommes d’affaires, les intellos amoureux fous de beaux bolides ainsi que des femmes driankés au foulard de tête penchant de côté. « Car, ces gens-là vous laissent parfois des pourboires en plus du prix du lavage ». Faites un tour du côté de l’hôpital Fann, à la place de l’Indépendance ou à celle de Washington et vous constaterez le même décor. C’est-à-dire le sourire éternel à tout bout de champ. Ajoutez-y la course-poursuite et la bousculade et même parfois des bagarres, et vous comprendrez que ce métier n’est pas donné à n’importe qui. L’on se rappelle qu’il y a juste un an, on avait découvert le corps sans vie d’un jeune laveur de véhicule dans les jardins d’une cathédrale de Dakar. Pour dire que ce métier comporte bien des risques.

Un facteur bloquant

Cependant, si les affaires marchent très forts pour eux en cette période, force est de reconnaître qu’il n’y a qu’un phénomène qu’ils redoutent. La pluie. Tout simplement parce que certains automobilistes comme les taximen préfèrent laisser leurs voitures dehors, pour que les eaux du ciel s’en chargent. Dès lors, c’est presque des vacances forcées pour nos jeunes et braves laveurs dont certains choisissent d’ailleurs cette période hivernale pour rentrer au village et aider les parents aux travaux champêtres. Nous en avons rencontré certains qui ont dit ne pas souhaiter la pluie. « Elle nous empêche d’avoir des clients », glisse le jeune Modou Faye, établi au rond point du Triangle Sud.

Il reconnaît cependant que la pluie n’affecte pas trop sa « bourse », mais ne souhaite vraiment pas la voir venir. Pour ce qui est des honoraires, il dit que certains propriétaires des véhicules sont abonnés aux laveurs. « Le paiement peut être mensuel ou hebdomadaire. Aussi, qu’il pleuve ou qu’il neige, ces abonnés amènent tous les jours leurs voitures pour le lavage. Surtout pour un propriétaire qui aime le luxe dans cette nouvelle vie dakaroise ! ». « Les travailleurs dans les services nous donnent leurs voitures chaque jour, même s’il a plu, alors que les clients passagers sont parfois rares ». Pour Modou Diagne et Daouda Faye, installés au parking de la place Washington de Dakar-ville, « la pluie n’a aucun effet sur le nombre de clients qu’on obtient par jour ». D’ailleurs, Daouda bombe le torse en nous montrant les 8 véhicules qu’il doit laver « et dont les propriétaires payent entre 3000 et 5000 Francs Cfa par mois ».

Aliou Ngom, de son côté, pense également que la pluie n’a aucune influence dans son travail de chaque jour. « Je lave toutes les voitures de l’administration parce que je souhaite être embauché ». Mohamed Faye, établi depuis 5 ans à l’Avenue Ponty pense, lui aussi, que les affaires ne marchent pas durant la saison des pluies. « Avec l’hivernage, vraiment rien ne marche pour nous autres laveurs, surtout que c’est difficile de survivre à Dakar où tout est cher », précise-t-il.

Il reconnaît tout de même que le fait de venir pratiquer ce métier est mieux que de rester au quartier à se tourner les pouces ou à boire du thé à longueur de journée. Selon un chauffeur interrogé à la place de l’Indépendance, la pluie salit leurs voitures. Ce qui les oblige à solliciter les services des laveurs. « Avec la poussière et la boue qu’apporte la pluie, nous sommes tenus de nettoyer nos voitures », dit-il. Même son de cloche pour cette dame qui s’apprêtait à s’embarquer dans son véhicule bien lavé et qui nous lance : « Il n’y a pas que la pluie seulement qu’il faut accuser. Tout est sale ici, dans ce pays. Aussi, sommes-nous obligés de nous abonner chez les laveurs de véhicules ».

Une activité passagère pour les jeunes en quête de travail

La plupart de ces laveurs de voitures ne cherchent qu’à obtenir leur permis de conduite. « Car ce métier ne nourrit pas son homme », disent-ils. On rencontre parmi eux certains qui ont déjà leur permis de conduite et qui sont à la recherche d’embauche ou de signature de contrat pour le métier de chauffeur. « Si j’avais un autre boulot, je n’hésiterais pas, parce que la vie est chère à Dakar », indique Modou Diagne du parking de Washington. « Je ne suis pas laveur, mais chauffeur. Je profite du temps que mon patron reste dans le bureau pour laver sa voiture et d’autres qui m’ont été confiées », soutient un autre trouvé dans un des parkings de l’hôpital Fann.

Cela montre aussi que la plupart des gens qui s’activent dans ce métier de lavage des voitures ne sont pas seulement des laveurs comme son nom l’indique. Autrement dit, il y a des chauffeurs de profession qui y sont. De même, certains de ces laveurs considèrent aussi ce métier comme une « passerelle » pour aller vers d’autres horizons plus accueillants. Les laveurs de voitures reconnaissent la complexité et les difficultés liées à leur travail. « Et si on dépend du métier pour manger ou payer le logement, il nous sera difficile de nous acquitter d’autres besoins », ajoute-t-il.

SOULEYMANE DIAM SY (Stagiaire)
Source: Le Soleil. Vendredi 14 Septembre 2007.



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