NDEYE NDACK TOURE
A CŒUR OUVERT: «Je suis une rebelle»
Véritable tigresse dans le domaine
du mannequinat, Ndack exerce ce métier
depuis presque 4 années. Cette ravissante
jeune «Pulaar» à la tête
rasée n’avait jamais pensé
devenir mannequin, tellement elle était
douée pour la chanson. Elle s’est
prêtée à nos questions.
Entretien.
Qui est Ndèye
Ndack ?
Je suis une femme qui a une forte personnalité,
et très entière. Je suis très
sincère et je n’ai pas l’habitude
de juger les gens que je ne connais pas.
Où et comment avez-vous passé
votre enfance ?
Je suis née au Plateau, et j’ai
grandi là-bas. Mon père travaillait
à la Présidence. J’étais
un peu terrible et j’avais beaucoup
de caractère. Seulement, j’ai
su me fixer un objectif très tôt.
J’étais dévouée
en quelque sorte.
Le mannequinat
était-il un rêve d’enfance
pour vous ?
Non ! Pas du tout. Je rêvais plutôt
de devenir une chanteuse. J’avais
une très belle voix et je l’exploitais
pas mal. Mais, avec le temps, j’ai
compris que ce n’était pas
un domaine pour moi. C’est le destin
qui en a décidé ainsi et je
m’en réjouis.
Le milieu de la
mode nourrit-il son homme ?
Vous savez, il faut vraiment avoir de la
chance pour faire partie du groupe des 15
mannequins qui défilent pour les
grands couturiers. Il n’y a pas beaucoup
d’argent certes, mais nous avons de
grands avantages. Notamment, à travers
les voyages et les relations que nous avons
avec les gens.
Cela fait un peu
longtemps qu’on ne vous a pas vue
sur les podiums. Qu’est-ce qui explique
cette absence ?
En fait, les défilés se font
de plus en plus rares. Mais, j’évolue
toujours dans ce domaine. Je suis très
jeune et j’ai encore beaucoup de temps
devant moi.
Les mannequins
sont souvent victimes de chantage. Avez-vous
vécu une situation de ce genre ?
(Elle éclate de rire). Regarder ma
tête ! Ai-je l’air d’une
femme faible ? Je n’ai jamais été
victime de ce genre de choses. Franchement.
Les tentations existent dans tous les métiers.
Seulement, les mannequins sont très
exposées. Elles sont blâmées
à tout moment. Il faut savoir garder
la tête sur les épaules pour
ne pas se permettre certaines bassesses.
Qu’est-ce
qui vous a poussé à vous raser
le crâne ?
Je suis une rebelle, mais de façon
positive. Je me sens très bien dans
ce style. L’idée m’est
venue lors d’un défilé
d’Adama Paris, j’ai voulu me
démarquer et sortir du lot.
Qu’est-ce qui vous a le plus marqué
dans votre carrière ?
C’est le «Sira Vision»
parce que le Président était
venu assister à cet événement,
j’étais très émue.
Collé Ardo est comme une maman pour
moi et elle m’a soutenue.
Comment parvenez-vous
à gérer votre foyer et vos
défilés ?
J’aimais beaucoup mon ex-mari. C’est
le père de mon fils. Il m’a
énormément épaulé.
Mon métier ne m’a jamais empêché
de m’occuper de lui comme il fallait.
J’ai toujours été soumise
et docile avec lui.
Vous venez de dire
«ex-mari», cela veut-il dire
que vous avez divorcé ?
(Elle devient plus sérieuse). Je
sais que ça te pimente, mais c’est
ma vie privée et je préfère
me taire là-dessus.
On vous avait vu
faire des émissions dans une télé
de la place, et vous avez arrêté
subitement. Que s’est-il passé
?
Rien du tout, c’étaient des
émissions saisonnières et
elles ont pris fin. Mais, j’en prépare
d’autres.
Quels sont vos
projets ?
J’aimerais bien créer une association
pour aider les femmes battues. Et plus tard,
m’investir dans le monde du bâtiment
dans lequel j’ai eu à travailler.
Pour terminer,
dites un mot à la nouvelle génération
des mannequins !
Je demande à la nouvelle génération
de s’accrocher, car la vie est une
perpétuelle lutte.
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AITA DIOP mannequin
professionnelle : A la découverte
de la fille la plus respectée du
milieu
Le mannequinât est certes devenu un
métier plein de préjugés
avec surtout des faits pas du tout catholiques
qui si vérifient souvent. Cependant
s’il existe vraiment une fille qui
fait l’exception dans ce métier,c’est
bien Aita Diop qui n’en demeure pas
moins l’une des filles les plus professionnelles
et expérimentées du milieu.
Véritable femme de caractère,
Aita qui a su se forger une forte personnalité
malgré toutes les formes de tentations
constatées dans ce métier,
demeure le chouchou des styliste et la femme
la plus respectée dans le monde du
mannequinât au Sénégal.
Nous avons essayé de vous faire découvrir
cette belle jeune dame qui constitue une
référence dans le milieu.
Haute sur ses 1 m79, Aita Diop, cette célibataire
qui va bientôt souffler sur ses 31
bougies, fait partie des mannequins les
plus respectés du pays. D'aucuns
même pensent qu'elle est la plus respectée
du milieu. Son caractère et sa forte
personnalité aidant, la jeune thiesoise
a réussi à échapper
à la tentation non sans parvenir
à devenir le chouchou des grands
stylistes. Des qualités qui à
l'en croire, sont naturelles chez elle.
«Depuis toute petite, j'ai toujours
été comme ça. Là
maintenant je peux vous dire que je suis
devenue plus ouverte essaie pourtant de
tout faire pour ne pas véhiculer
cet air de femme de caractère mais
bon, je n'y peux rien. C'est peut-être
ce caractère qui fait ma personnalité»
lance-telle dans un éclat de
rire. Assistante commerciale dans un magazine
de la place, cette jeune femme à
la noirceur d'ébène, contrairement
à beaucoup de ses soeurs mannequins
a la tête bien faite.
Après avoir décroché
son baccalauréat en 1996 au lycée
Malick Sy de Thiès, elle a fait deux
années à la faculté
de pharmacie de l'Ucad. Voulant étre
bien au fait des nouvelles technologies
de l'information et de la communication,
elle a suivi une formation en informatique.
Etant consciente de l'importance des études,
Aita s'inscrit dans une grande école
de la place pour suivre des cours en commerce
international et ensuite une formation en
Marketing. Pour elle, les études
étaient primordiales car étant
la seule condition posée par ses
parents pour la laisser faire le mannequinât.
Quand on lui demande ce que ça lui
fait d'être considérée
comme la plus intelligente et la plus respectée
des mannequins, elle répond avec
une dose de modestie « Je ne pense
pas que je sois la plus intelligente des
mannequins, les gens le disent peut être
parce qu'ils n'ont pas côtoyé
les autres filles.
Cependant être considérée
comme la plus respectée des mannequins
est un honneur pour moi parce que quand
on fait un métier et qu'à
travers ce métier vous êtes
respecté, je pense qu'on ne demande
pas mieux. J'essaie à chaque fois
d’oeuvrer pour ça, pour ne
pas que cette image soit gâtée
par quelque chose.». Et pourtant le
mannequinât demeure un métier
plein de tentations. Mais la belle a su
s'armer de vertus que sont le «foula»
et le «fayda» pour ne pas céder
à la tentation. Elle confie avec
un regard plein d'assurance, «quand
je leur dis que je n'ai jamais eu à
vivre certaines choses dans le milieu, ils
me demandent comment se fait-il. Mais bon
c'est le bon dieu qui en a décidé
ainsi. C'est vrai qu'il y'a beaucoup de
tentations dans le milieu mais le plus important
c'est la personnalité de la personne.
L'étiquette de femme de caractère
qu'on me colle m'aide beaucoup également
ça me permet vraiment de pouvoir
éviter certaines choses»
Sur la prolifération des agences
de mannequinât Aita pense qu'on n'a
pas besoin de chercher trop loin. Pour elle,
c'est simplement dû à un manque
d'organisation. Elle va même plus
loin en affirmant qu'il n'existe véritablement
pas d'agences de mannequinât au Sénégal
et qu'il est vraiment temps que ce milieu
soit organisé. Qui connaît
Aita Diop sait qu'elle ne fait pas partie
des mannequins plus ou moins étiquettées
rats de boite et autres chasseuses de toubabs.
Néanmoins, elle pense que c'est tout
simplement une question de choix. Elle par
exemple, elle préfère aller
au restaurant plutôt que d'aller en
boite de nuit. «Peut-être qu'elles
préfèrent aller en boite,
je pense que c'est un choix, je ne les blâme
pas car je me dis que c'est comme ça
qu'elles aiment mener leur vie. Elles sont
en âge de faire la fête quand
elles veulent et cela ne veut pas dire qu'elles
soient de mauvaises personnes», laisse-t-elle
entendre. Etant dans le milieu depuis une
dizaine d'années, Aita a eu à
acquérir beaucoup expérience
non sans avoir l'opportunité de découvrir
pas mal de pays et cultures du monde. De
bons souvenirs, elle en a dans sa carrière
comme par exemple quand elle est allée
en 2006 représenter le Sénégal
à Paris à un défilé
où il a fait feu et flamme. Défilé
auquel ont participé d'autres filles
sénégalaises qui ont brillé
par leur belle prestation.
Quant à son pire souvenir, il s'agit
d'un défilé organisé
à Abidjan en décembre 2003,
Aita avait trébuché sur le
podium mais heureusement pour elle, ce n'était
pas trop grave même si elle était
un peu déstabilisée. S'il
ya une chose que la jeune dame aimerait
changer dans le mannequinât, c'est
bien le fait que les gens aient des préjugés
par rapport au milieu. «C'est vrai
qu'il s'y passe des choses qui se vérifient
souvent mais ça ne veut pas dire
que tout le monde est dans le même
sac. Si j'avais une baguette magique, je
ferais en sorte que les gens n'aient plus
de préjugés. Le mannequinât
est un métier comme tout autre. On
peut se fixer des objectifs et emprunter
le bon chemin pour les atteindre. Je conseille
donc aux filles surtout à la jeune
génération de s'armer de patience
car il y'a du temps à tout et l'essentiel
c'est de savoir ce que l'on veut et essayer
de sortir d'une situation la tête
haute». En vraie professionnelle,
Aita Diop, très sollicitée
par les stylistes pense que le mannequinât
est un métier qui ne paye pas bien
et que la plus part des gens le font par
passion. Faire parler Aita de sa vie privée,
demeure un vrai parcours du combattant.
Interdit de faire un commentaire là-dessus
même si on sait que beaucoup d'hommes
lui courent après. Aita qui annonce
sa retraite des podiums pour très
bientôt, a cependant accepté
de nous décrire son homme idéal
qui selon elle doit être mature, sociable,
compréhensif, généreux
et attentionné. Véritable
cordon bleu Aita qui raffole de thiebou
diene, confie savoir cuisiner aussi bien
les sénégalais que européens.
Minétou Fall
Source: STATION ONE (Magazine). Vendredi
15 Février 2008.