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Manucure : les ambulants bousculent les
tenants des salons Dakarois
cliquetis de la paire de ciseaux qu’il
ne cesse de rouler autour de son index attire
l’attention des passants. Ceux qui
sont proches comme ceux situés à
une cinquantaine de mètres. Avec
sa paire de ciseaux et une bouteille remplie
d’un liquide qu’il tient dans
une autre main, Hamad Hamani arpente chaque
jour les rues de Dakar à la recherche
de personnes désireuses de se refaire
les ongles et orteils.
A l’image de Hamad, ils sont de plus
en plus nombreux les jeunes ayant investi
le métier de manucure ambulant. Le
métier, pratiqué essentiellement
par des jeunes ambulants de l’ethnie
haoussa du Niger, a connu ces dernières
années à Dakar un développement
exponentiel.
Hamad Hamani fait depuis trois de la manucure,
une profession jadis pratiquée uniquement
dans des salons de coiffure. "Je pratique
ce métier pour subvenir à
mes besoins et aider les parents restés
au pays", explique le jeune homme.
Selon des statistiques non officielles,
au début des années 2000,
les adeptes de ce métier ne dépassaient
guère la dizaine. Mais aujourd’hui,
des sources proches de la communauté
nigérienne du Sénégal
renseignent que des centaines de personnes
ont choisi ce métier comme gagne-pain.
Comme pour tout travailleur, les pratiquants
de la manucure, surtout les ambulants, sont
confrontés à des problèmes
quotidiens dans l’exercice de leur
profession.
"Le plus dur, ce n’est pas la
pratique du métier, mais le fait
de sillonner la capitale, à la recherche
de potentiels clients, surtout en cette
période de forte canicule",
note Hamad Hamani, 21 ans, rencontré
par hasard aux abords de la gare routière
Lat Dior.
A l’instar de ce jeune haoussa, ils
sont nombreux les ambulants du secteur de
la manucure-pédicure à gagner
leur vie à la sueur de leur front.
Moussa Idrissa, la vingtaine à peine
révolue, est lui aussi de nationalité
nigérienne. Il exerce principalement
dans la zone de Fass-Colobane. Un choix
délibéré, selon lui.
"Je préfère cette zone
située à proximité
du marché à cause de la forte
affluence", souligne t-il, en précisant
qu’il lui arrive de gagner pendant
les jours fastes jusqu’à 3.000
francs par jour."Je dépense
1.000 pour la nourriture et le transport
et le reste je l’économise
car on ne sait jamais", ajoute-t-il.
Les tarifs de ce travail, devenu la chasse
gardée des jeunes haoussas qui s’emploient
à couper les ongles des mains et
de pieds et à nettoyer la paume des
talons des Dakarois, ne sont pas homologués
: ils varient de 200 francs à 1.500
FCFA pour un traitement complet.
Mahamane Ousmane, un autre jeune qui capitalise
plus de cinq ans d’expérience,
déplore l’’’anarchie"
au niveau des tarifs. "Il nous faut
harmoniser les tarifs de nos différentes
prestations. Car, il y va de notre intérêt",
martèle Hamad qui a guidé,
pour la petite histoire, les premiers pas
de Moussa Idrissa, dans la profession. Il
envisage d’ailleurs, avec l’aide
de ce dernier, de mettre sur pied une association
qui regrouperait tous ceux qui évoluent
à Dakar, dans le secteur informel
de la manucure.
"Il a raison. Nous devons nous organiser",
rétorque Moussa Idrissa, soutenant
ainsi son "ami" et "frère",
Mahamane Ousmane. Les ambulants de la manucure
qui pour la plupart d’entre ont appris
le métier sur le tas, sont livrés
à eux-mêmes. Exerçant
dans l’informel, ils sont en cas de
maladie obligés "d’hypothéquer"
leurs maigres économies pour se prendre
en charge.
"Durant mes premières semaines
au Sénégal, je suis tombé
malade. J’avais un paludisme aigu,
à force de marcher sous le chaud
soleil. J’ai beaucoup dépensé
pour me soigner avec le peu d’argent
que j’avais mis de coté",
raconte Moussa Idrissa.
Son collègue et compatriote Abdoulaye
Sabo, installé près du marche
du Port, lui, renseigne qu’il peut
’’gagner plus de 50.000 francs
CFA par mois". Tout travail comporte
des risques, selon Abdoulaye Sabo. "Il
arrive souvent que je blesse par inadvertance
un client. C’est rare, mais ça
arrive souvent", dit-il. C’est
la raison pour laquelle, pour parer à
toute éventualité, Abdoulaye
Sabo dispose, dans son lieu de travail,
d’une boîte pharmaceutique,
qui contient plusieurs produits de premiers
soins.
Malgré ces quelques difficultés,
les pratiquants de ce métier se frottent
les mains, au motif qu’ils s’en
tirent bien. Surtout en cette période
de chômage et de conjoncture économique
difficile.
Source: APS. Samedi 6 Septembre 2008
Fiche métier
de la Manucure
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