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BUSINESS AUTOUR
DES CARTES DE CREDIT DE TELEPHONE:
Un commerce florissant, malgré la
crise
On n’a plus besoin d’aller chez
le boutiquier du coin pour se procurer du
crédit. Les rues de Dakar sont maintenant
jonchées de petits revendeurs qui
vont même jusqu’à harceler
le passant pour écouler leurs produits.
Dans le centre-ville, plus exactement à
la Place de l’Indépendance,
ce phénomène peut être
constaté de visu.
Il est treize heures passées de quelques
minutes. A la Place de l’Indépendance,
c’est le décor habituel. Les
voitures dans de longues files klaxonnent
à tout-va. S’y ajoutent les
nombreux passants à l’allure
pressée. Vers le siège de
la Bicis, il y a un nombre assez important
de revendeurs de cartes de crédit
de téléphonie. Selon l’un
d’eux, Ibrahima, 22 ans, de nationalité
guinéenne, cela fait à peine
six mois qu’il est dans ce business.
Ibrahima est un ex-boutiquier qui a préféré
se reconvertir en revendeur de cartes de
crédit. Sac à dos en bandoulière,
il tient avec beaucoup d’adresse à
sa main droite des cartes de crédit
de différents opérateurs (Orange,
Tigo, Expresso, Kirène Mobile). Ce
Guinéen d’origine quitte tous
les jours Colobane pour être à
son lieu habituel de travail à huit
heures. D’après lui, la revente
de cartes de crédits marche plutôt
bien. «Je peux faire chaque jour 8
000 FCfa de bénéfice, voire
plus en période de promotion.»
Non loin de là, trois revendeuses
offrent leurs marchandises. Réticentes,
elles ne veulent rien dire par rapport à
ce qu’elles font. D’autant plus
qu’elles savent qu’elles attirent
la curiosité de certains. L’une
d’entre elles nous signifie qu’elle
s’adonne à ce commerce durant
les vacances scolaires.
A quelques encablures une autre fille habillée
sobrement tenant des cartes de crédit
de téléphone à la main,
s’adonne au même métier.
Aïssata, 22 ans vend aussi des puces
en plus des recharges. Et ce, depuis seulement
un mois. Elle loge aux Parcelles Assainies
et a troqué ses parfums pour ce business.
Ramadan oblige. Et à l’en croire,
elle ne se plaint pas du tout, elle arrive
à joindre les deux bouts.
Aliou Dia, toucouleur bon teint, est aussi
dans la même affaire depuis quatre
ans. Agé de 36 ans, il était
vendeur de journaux au début. Il
a, par la suite, tenté d’y
joindre les cartes de crédit, ce
qu’il n’a pas du tout regretté.
D’après ses dires, il a même
observé un regain de bénéfices.
Et ses clients ne s’arrêtent
pas seulement aux passants. Il lui arrive
très fréquemment d’aller
proposer des cartes au niveau des bureaux,
surtout en période de promotion.
La dépendance
Les Sénégalais ont tout le
temps l’oreille collée au téléphone.
Toutes les situations nécessitent
un coup de fil. Plus commode et moins fatigant
le cellulaire est devenue une arme. Il permet
d’éviter les déplacements
difficiles et contraignants. Ce qui n’est
pas pour déplaire aux revendeurs.
Ces derniers sont très souvent interpellés
par les passants, qu’ils soient à
pied ou en voiture. Sur l’avenue Georges
Pompidou, nous croisons un jeune homme dans
le style jeune cadre dynamique. «Je
dépense cent mille francs par mois
en cartes et recharge électronique
ce qui fait en moyenne dix mille francs
par jour», se désole-t-il.
Plus loin sur la même avenue en face
de la pâtisserie La Galette, Mamoudou
Seck, un vendeur de montres, déclare
dépenser au minimum deux mille FCfa
pour sa consommation en crédit par
jour. Il affirme aussi en envoyer autant
à sa femme. La vente de cartes de
crédit téléphoniques
à la sauvette est un commerce florissant.
La venue de nouveaux opérateurs n’a
fait qu’augmenter les gains des revendeurs.
Ces derniers ne se plaignent guère,
car ils affirment pouvoir boucler les fins
de mois et assurer certaines menues dépenses.
A l’image de la Place de l’Indépendance,
les autres grandes artères de Dakar
sont aussi très prisées par
ces revendeurs.
Anne Marie AGBOTON et Ndèye Bineta
NDIAYE (Stagiaires),
Source L'Observateur. Lundi 21 Septembre
2009.
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