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  Le métier de Tatoueur au Sénégal

Le métier de Tatoueur au Sénégal vu par Xibar



Le boom du Tatouage au Sénégal: Tattoo* ou t'as rien ?



Depuis quelque temps, le tatouage connaît un véritable boom au Sénégal. Effet de mode au sein d'une jeunesse en crise d'identité ou simple retour aux sources? En tout cas, face à la demande croissante, de nombreux tatoueurs ouvrent boutique à Dakar, au mépris de toutes les règles sanitaires.
Elle a le postérieur qui tue. Sur le bas du dos, Rose, jeune Camerounaise de son temps, arbore un cobra tatoué, la gueule grande ouverte et les crochets mis en avant. Sa queue, qui se perd dans les profondeurs de son pantalon taille basse, ouvre la porte à toutes sortes d'idées pas très catholiques et surtout ne laisse aucun oeil indifférent surson passage. D'un déhanchement recherché, elle fait onduler cette bête mythique qui donne la réfrigérante impression de pouvoir mordre le premier qui lui mettra la main aux fesses. L'espiègle confie d'un sourire carnassier : «Jâdore les tatouages, parce que pour moi, ils sont l'expression de ce que nous sommes ou voulons être. Ce serpent sur mon dos, dit à celui qui me regarde de faire attention au risque de goûter â mon venin. Dans le même temps, il représente mon signe astrologique chinois. » Phénomène culturel porté par une vague de mimétisme exponentielle, le tatouage a la déclinaison multiple. Il peut jouer le rôle de panneau indicatif et donner des renseignements sur la personne qui le porte. Ou simplement porter les accents colorés d'un symbole sentimental.

Dyana Seck, beauté consacrée miss diaspora 2007, explique, à sa façon, le cobra tatoué sur l'épaule gauche de sa plastique couleur miel : Je l'ai fait pour marquer mes dix huit ans. J'avais toujours été fascinée par le cobra et lorsqu'il a fallu choisir un motif, c'est tout naturellement que j âi pris celui-là. Il représente la vie pour moi, car avec le venin du cobra, des médicaments sont fabriqués.

Ce bout de peau peint, qu'hommes ou femmes sont si fiers d'exhiber, est parfois un message fort. Conscients ou non de l'image qu'ils projettent, du regard qu'ils suscitent. Pourtant, jamais ils n'admettent être influencés par le regard d'autrui. Dyana : " A la base, quand on fait un tatouage, il y a un côté voyez-moi, mais vraiment discret. Le tatouage est surtout un état d'esprit, car c'est quand même un acte gravé pour toute sa vie et on le fait d'abord pour soi." Pour soi ou pour les autres ?

L' amour est une des raisons les plus invoquées pour passer sur la chaise du tatoueur. Envie de faire plaisir à son trésor, de prouver son attachement ou tout simplement de déclarer sa flamme à l'élu (e). Juliette, étudiante à l'université du Sahel, a trouvé le moyen indélébile de prouver à son petit ami qu'il est l'homme de sa vie. Elle s'est fait tatouer une chaîne sur la cheville et y voit «le signe de mon attachement à mon mec je suis sa propriété et cette chaîne m'enchaîne à lui. C'est ce qu'il m'a demandé comme cadeau de Saint­ Valentin et je n'ai pas pu dire non. Je l' aime et je suis prête à souffrir pour lui.» Comme les esclaves «marqués» d'hier.

Tous les prétextes, farfelus ou inspirés, sont invoqués pour se marquer la peau comme du bétail. Par amour, pour exorciser une douleur, immortaliser un événement ou un amour, jouir d'une sourde forme de renaissance, les tatoués ont toujours une motivation de taille pour passer à l'acte qui vous «marque» pour la vie. Oubliant sans doute qu'ils voudront peut-être, un jour, se débarrasser de cette preuve d'un amour perdu ou de cette bêtise de jeunesse.

Les Sénégalais, comme d'autre peuples africains, ont toujours porté des tatouages. Dans les temps anciens, les marque du corps ont souvent été le signe d'appartenance à une tribu, une adhésion à un groupe social bien défini, découlant pafois, dans les sociétés traditionelles par exemple, d'un rite de passage obligé sous forme de scarifications. Aujourd'hui, ce n'est plus une manière d'affïcher son appartenance à un quelconque groupe. C'est une façon de revendiquer son originalit, séduire, de s'embellir, de provoquer. Il est devenu l'expression d'une démarche individuelle. Le tatouage correspond souvent à une étape importante d'une vie. Bonne ou mauvaise. Un moment qui doit être marqué d'une encre noire, rouge ou jaune, grâce à l'injection définitive d'une matière colorée dans le derme (à la différence du maquillage, ephémère. féminin, et destiné au visage ). Anais, touriste française venue quêter le soleil à Dakar, porte fièrement un visage dessiné sur son biceps droit : «A la mort de ma meilleure amie, j' ai voulu faire quelque chose qui la retiendrait toujours près de moi et je me suis dis que rien n'est plus près de soi qu'un tatouage. Elle restera toujours dans ma vie et surtout dans ma peau.» Comme des tableaux dans une galerie, les tatoués ont décidé de se laisser admirer et n'hésitent pas à ôter, épaule ou bras, poitrine ou dos, pour laisser découvrir leurs jolis dessins. Luc, tatoueur professionnel, explique :
Pendant longtemps, le tatouage a été associé à la « primitivité» de ceux qui y recouraient. Pour des psychiatres comme Cesare Lombroso ou Alexandre Lacassagne, au tournant du 20e siècle, les individus tatoués étaient des «sauvages», c'est-à-dire des hommes d'une piètre intelligence et enclins à toutes les formes de délinquances. Barbares d'ici ou d'ailleurs, ils auraient choisi eux-mêmes de signifier leur infamie par ce dessin tégumentaire qui marquait leur dissidence face aux valeurs posées comme étant celles du la civilisation. Par une méconnaissance de la signification culturelle des mar­ques corporelles dans les sociétés traditionnelles, er de la significa­tion intime de la trace tégumen­taire dans les milieux populaires (soldats, ouvriers, marins, pay­sans étaient les plus enclins au tatouage), se renforçait le sentiment de la supériorité de la civilisation et bourgeoise, porteuse de «progrès», et l'effroi devant des classes laborieuses perçues comme dangereuses...

La scène primitive de la diffusion du tatouage, mais surtout de la multiplication des marques corporelles, sollicite sur un registre bien différent. A Londres, au milieu des années 70, les punks, dans une volonté de dérision des conventions sociales et des apparences physiques et vestimentaires, se transpercent alors le corps d'épingles, s'accrochent des croix gammées, des symboles religieux, toutes sortes d'objets hétéroclites à même la peau. Le corps est brûlé, mutilé, percé, tailladé, tatoué, entravé dans des vêtements inappropriés. La haine du social se retourne en une haine du corps qui symbolise justement le rapport obligé à autrui. A l'inverse d'une affirmation esthétique, il importe plutôt de traduire une dissidence brutale avec la société britannique. Le corps est une surface de projection dont l'altération dérisoire témoigne du refus radical des conditions d'existence d'une certaine jeunesse. Mais très vite, la culture punk est détournée et entre dans le circuit de la consommation, transformée en style et en signes d'élégante excentricité. Les marques corporelles connaissent un succès grandissant, échappent aux officines marginales du sadomasochisme, du fétichisme ou du mouvement punk, puis pénètrent l'ensemble de la société. L'idée implicite que le corps est un objet malléable, une forme provisoire, toujours remaniable, pénètre les jeunes générations. Celles-ci grandissent dans une ambiance intellectuelle qui voit le corps inachevé et imparfait, dont l'individu doit compléter la forme avec son style propre.

Aujourd'hui, au Sénégal comme ailleurs, le tarouage s'éloigne de la mauvaise image qui a longtemps été la sienne, sa valeur se renverse même, il s'assouplit puisque des kits de tatouage provisoire font leur apparition dans le commerce. L' engouement pour les marques corporelles, happées par la publicité, la mode, le cinéma, le sport, investit l'ensemble de nos sociétés. Et le Sénégal, longtemps réfractaire au tatouage, a depuis succombé au phénomène. «Auparavant, les Sénégalais tatoués, filles ou garçons, vivaient principalement en Europe ou étaient d'un milieu plus émancipé. Mais petit à petit, le phénomène s'est emparé de la nouvelle génération, même si quelques franges de notre société ne l'acceptent pas encore, décrypte un observateur. Si des artistes ou des sportif adulés, comme Diouf ou Fadiga, ont popularisé le tatouage au Sénégal, les personnes tentées, surtout chez les filles, redoutent le regard de la société. Elles s'adonnentà un tatouage au hénné en attendant d'oser franchir le Rubicon. Mais les barrières sautent petit à petit.»

Peu recommandé aux alcooliques, toxicomanes, femmes enceintes ou aux personnes malades (hémophilie, sida, hépatite B ou C:, maladies cardio-vasculaires), le tatouage, consistant à perforer la peau pour y introduire des agents colorants, chaque perforation crée une plaie susceptible de s'infecter et de transmettre une maladie via des bactéries ou il des virus. Raison pour laquelle elle exige des règles essenrielles d'hygiène et, surtout, un savoir ­faire.

Ame d'artiste, Luc est un spécialiste du marquage corporel. Installé au Sénégal depuis 20 ans, il a petit à petit vu la société sénégalaise prendre goût, surtout comprendre le tatouage et ses rouages. Lui n'en a pas fait un métier, mais plutôt une passion : " Je le fais plus par passion que pour l'appât du gain. Je peux prendre des heures ou des jours pour arriver à la perfection. "

Tout le monde peut pousser la porte de Luc, mais n'importe qui n'a pas la chance d'avoir un billet d'entrée dans son sanctuaire. Il a une ligne de conduite qu'il respecte à la lettre : Quand un client traverse ma porte, je prends le temps de m' entretenir avec lui, histoire de voir s'il remplit mes conditions. je me réserve le droit de refuser de tatouer quelqu'un si je sens qu il ne peut pas supporter la chose au niveau moral. J'ai un code de déontologie que je respecte. »

Des spécialistes comme Luc, qui exerce ce métier dans un cabinet et a tout le matériel réglementaire, ne sont pas légion dans le monde du tatouage. Beaucoup de ces tatoueurs de bazar, appârés par le gain et dont les salons poussent dans les quartiers à un rythme effrayant, le font à la hussarde et n'ont aucune précaution sanitaire digne du ce nom. Luc s'en émeut . Il faut savoir que nous avons ces prix parce que nous utilisons des consommables pour chaque client qui sont compris dans le prix du tatouage. Mais tout en sachant que le bon travail n'est Pas bon marché. Quand on veut la qualité, on y met le prix. » Si les vrais tatouages coûtent entre 40 mille et 200 mille francs Cfa, les tatouages éphémères oscillent entre 1000 et 10 mille Cfa.

Il est donc rare de trouver la qualité dans les tatouages dit temporaires. Les candidats, souhaitant un tatouage temporaire qui se rapproche le plus possible du vrai tatouage, poussent les tatoueurs à utiliser non pas le henné noir, avec lequel on obtient une couleur jaune orangé, mais plutôt un pigment chimique fixant la couleur, plus communément utilisé dans les teintures et colorations pour cheveux : le Ppd (Phénylènediamine ). Ce produit mélangé trop forte concentration dans la préparation du tatouage henné peut occasionner des allergies comme l'eczéma ou l' oedème les candidats des «charlatans du tatouage», à l'image de Nadya jeune tchadienne, qui arrondit ses fins de mois en proposa des tatouages aux étudiants des différentes écoles de Dakar, ne sont pas souvent au fait des dangers auxquels ils sont exposés. Docteur Ndjami, dermatologue : «Les mélanges faits par ces gens sont nocifs pour la peau L'adepte de ces tatouages risque des irritations ou au pire un cancer de la peau avec une utilisaion à long terme.» L'alerte résonne dans le vide. Je ne pense pas que nous soyons exposés à quelque danger que ce soit, réfute un adepte. Je fait des tatouages depuis un moment et je n'ai jamais rien eu comme problème de peau. Si c'était, dangereux, les autorités auraient interdit la pratique.» La mode avance parfois comme la mer. Personne ne peut l'arrêter avec ses bras.

Eva Bakenekhe eva@weekend.sn
Source: Week End. Lundi 2 Juillet 2007


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