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VEILLEUR DE NUIT: Entre mépris des
employeurs et l’insécurité
de la rue
Le métier de veilleur de nuit devient
de plus en plus risqué pour les personnes
qui l’exercent. En effet, ces derniers
rencontrent souvent d’énormes
difficultés dans l’exercice
de leurs fonctions car, mis à part
le fait d’être très souvent
ignorés par leurs employeurs, ces
veilleurs de nuit sont souvent exposés
aux attaques des voleurs hyper armés,
et qui n’hésitent pas à
leur tirer dessus. Ils n’ont souvent
pour seules armes que leurs gris-gris, un
gourdin et un sifflet.
Ablaye est un ancien militaire. Libéré
il y’a juste un an, il a décidé
de se reconvertir en veilleur de nuit. Un
métier très difficile qui
demande une grande vigilance et beaucoup
de sang froid. Veilleur de nuit dans une
maison huppée des Sicaps, Ablaye
prend son service à partir de 19
heures, et se termine le lendemain à
8 heures du matin pour un salaire de 50.000
Fcfa. «Ce métier est très
difficile et ici dans les Sicaps, à
partir de minuit, on ne voit plus personne
et les nuits sont très longues».
Niokhor lui, a quitté son Fumela
natal en espérant avoir une vie meilleure
dans la capitale pour pouvoir aider sa famille.
La vie à Dakar n’est pas des
plus faciles pour ce villageois qui se retrouve
subitement dans un milieu différent
de celui qui était le sien, et qui
se voit obligé de se débrouiller
pour survivre. Niokhor est passé
par plusieurs métiers notamment la
cordonnerie, laveur de voiture, marchand
ambulant avant d’exercer celui de
veilleur de nuit.
Pour son nouveau métier, Niokhor
énumère des problèmes
à la pelle. «Ce qui me fait
mal, c’est que très souvent,
nos patronnes nous considèrent comme
des moins que rien. Elles n’ont aucune
considération pour nous, c’est
à peine si le chien de la maison
n’est pas plus important que nous.
Dans la maison où je suis gardien,
j’achète mon dîner et
mon petit-déjeuner sinon, ce qu’il
me propose ce sont souvent les restes de
la famille et ça, je ne le mangerai
jamais même si je dois mourir de faim».
Pour Ablaye, «il est frustrant de
voir comment les familles se comportent
à l’endroit de leurs gardiens.
On mange après eux, et souvent toute
la nuit on reste sur une chaise. Mais le
plus grave, c’est qu’ils nous
interdisent même d’utiliser
les toilettes de la maison». Ces veilleurs
de nuit subissent ainsi au quotidien, les
humeurs et humiliations de leurs employeurs
et quelques fois même, font la course
des enfants du patron où servent
de porteurs de bagage de leurs patronnes
au marché. Quel que soit l’âge,
ces derniers sont classés comme des
personnes de moindre envergure, qui doivent
servir à tout, sans avoir droit à
la parole. Et pourtant, malgré tout
cela, Ablaye exerce son métier avec
le plus grand respect et sans doute que
sa formation militaire y est pour quelque
chose.
«Par principe, je me refuse de dormir
la nuit car, c’est mettre d’abord
en danger ma vie et celle de mes patrons»
Pour Niokhor par contre, cela n’a
aucune importance. «Quand j’ai
sommeil, je vais dormir car, avec un salaire
de 30.0000 Fcfa ce n’est pas suffisant
et je dois le matin, chercher à faire
d’autres petits boulots car je suis
aussi plombier ». Et qu’en est-il
de leurs sécurités ? Pour
Ablaye, sa formation de militaire lui a
permis au moins de maîtriser certaines
règles de self-défense. Dans
son quartier des Sicaps, la plupart des
maisons ont un veilleur de nuit ou un vigile
devant sa porte. C’est d’ailleurs,
une des causes qui font qu’il n’y
a pas beaucoup de voleurs car, les veilleurs
de nuit s’organisent pour effectuer
la nuit des rondes.
«Puisqu’il peut y avoir des
problèmes, on fait tout pour nous
entraider car, nous ne disposons d’aucune
arme si ce n’est un sifflet et des
gourdins. Certains parmi nous sont par contre
invulnérables aux balles de pistolet
et aux armes blanches ». Une armada
qui ne semble tout de même pas suffire
face à la détermination des
voleurs et à la cruauté des
agresseurs. «C’est pour cela
qu’il est important de ne pas s’endormir,
et de garder l’œil toujours ouvert»
selon Ablaye. Par contre pour Moussa, il
ne faut pas prendre des risques inutiles.
«Ce n’est pas avec un salaire
de 30,000 Fcfa que je vais risquer ma vie
face à des voleurs hyper armés.
C’est un combat perdu d’avance
car, avec un sifflet et un gourdin, je me
demande bien quelle résistance on
peut opposer contre des voleurs armés
de pistoles automatiques. Moi, quand je
suis face à de telles situations,
soit je réveille toute la maison
ou alors, je prends la fuite pour chercher
de l’aide car, de plus en plus les
voleurs n’hésitent pas à
tuer». Ainsi, tous ces risques font
que ces veilleurs de nuit sont exposés
aux dangers de la rue. Face à des
patrons souvent indifférents, la
plupart des veilleurs de nuit estiment qu’en
cas de pépin, il faut sauver sa peau
au lieu de jouer aux héros. Ce métier
est très souvent exercé par
des personnes qui n’ont aucune notion
de base des règles de self-défense,
et s’exposent à la cruauté
des voleurs, qui n’hésitent
plus à tuer sans état d’âme.
Samba Sy
Source: 24 Heures chrono. Mardi 26 Mai 2009
Fiche métier
de l' Agent
de surveillance
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