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  Témoignage d'un Accueillant en famille d'accueil

Témoignage d'un Accueillant en famille d'accueil vu par Mip-louhans



Madame B., famille d'accueil depuis plus d'une dizaine d'années

Madame B. nous accueille chez elle pour nous expliquer ce qu'elle fait réellement au quotidien. Famille d'accueil depuis 11 ans, elle a accueilli 7 pensionnaires dont actuellement André, Charlot et Dominique, handicapés à différents degrés, qui vivent avec elle depuis plusieurs années. Elle a un agrément pour trois personnes âgées ou handicapées.

"J'ai toujours aimé les personnes âgées. Je travaillais dans l'immobilier quand j'ai vu une annonce du Conseil Général parlant des familles d'accueil. Je me suis renseignée et je me suis lancée."

"En 11 ans, j'ai vraiment eu de belles histoires ! Quand vous êtes chaque jour avec quelqu'un depuis 5 ou 6 ans, ça crée un lien très fort. C'est vrai qu'on nous demande de garder une certaine distance vis à vis de nos pensionnaires et de ne pas trop nous impliquer sentimentalement, mais c'est impossible. Votre vie et la leur finissent par s'imbriquer. Vous êtes avec eux tous les jours, vous les accompagnez dans les moments difficiles, vous les soutenez lorsque leur état de santé se dégrade, vous vous faites du souci. Il m'arrive même parfois de les accompagner à des examens médicaux lorsqu'ils redoutent d'y aller seuls… On finit par se substituer à la "vraie" famille. Une dame m'a même dit un jour que j'étais à la fois sa mère et sa fille, ça m'a beaucoup touché."

Madame B. recrée avec ses pensionnaires une ambiance familiale. "Chaque occasion est prétexte à une fête : les anniversaires, Noël, le jour de l'an… Nous nous réunissons et nous nous échangeons des cadeaux, comme dans une famille classique."

Cette "famille" s'agrandit régulièrement pendant les vacances avec la venue d'enfants du secours catholique ou les visites de la famille et des amis des pensionnaires. Sans oublier les animaux qui circulent dans la maison. "J'essaye de recréer un climat chaleureux pour qu'ils se sentent bien et pour les maintenir le plus longtemps possible en bonne santé.

Je m'intéresse d'ailleurs beaucoup à la nutrition pour donner à chacun ce dont il a besoin. Je cuisine des plats faciles à mastiquer ou riches en vitamines par exemple. J'adapte les menus en fonction des problèmes de santé."

La dégradation de l'état de santé et la perte d'autonomie de ses pensionnaires est d'ailleurs quelque chose à laquelle il faut se préparer. Et madame B. travaille seule, même si le personnel médical vient régulièrement pour Charlot qui est en fauteuil roulant. "Le matin, j'assure la toilette de Charlot et je fais en même temps de la prévention d'escarres. Je le change également souvent en journée sans attendre le personnel soignant." Plusieurs fois par jour, elle utilise un lève malade pour le soulever de son lit et l'installer dans son fauteuil roulant. "Heureusement que j'ai du matériel, sinon ce serait difficile. Mais ça demande quand même une certaine force physique. Comme Charlot est très raide, même simplement lui soulever les jambes est difficile."

Pour éviter que ses pensionnaires ne se referment sur eux-même, elle les encourage à avoir une vie sociale. "André et Dominique, qui sont valides et autonomes, font des sorties, vont au club, participent à des lotos. Ils vont aussi se promener et rendre visite à notre voisin. Avec Charlot, nous allons parfois dans son ancien village où il retrouve des connaissances. Parfois, je les emmène aussi tous au restaurant ou chez les voisins pour un apéritif".

Tout en restant dans la même maison, madame B. a aménagé une sorte de petit appartement pour eux. Ils ont chacun leur chambre et une pièce de vie commune où ils prennent les repas. "Cela permet à chacun d'entre nous de préserver une certaine intimité."

Chaque personne a un caractère, un passé et un état de santé différent. Madame B. doit s'adapter à chaque nouvel arrivant. "Je vis une histoire différente avec chacun d'entre eux. Il n'y a pas de schéma type, on ne peut pas prévoir comment ça se passera. Charlot, par exemple, réclame beaucoup d'attention et d'affection. Il aime que je m'occupe de lui et fait difficilement confiance à quelqu'un d'autre . Il a vraiment besoin d'être sécurisé et n'aime pas beaucoup quand je m'en vais. Il me "tyrannise", dit-elle en plaisantant mais Charlot le fait avec beaucoup d'humour et ma complicité. Dominique est plus réservé. Quand il est arrivé chez moi, il était en très mauvaise santé psychologique et ne communiquait avec personne. Il a mis un an avant de parler. Aujourd'hui, il parle, sourit. Il va avec André se promener et va de temps en temps au club. André, quant à lui, participe aux travaux de la maison; il apporte le bois à la maison, m'aide à éplucher les légumes, fait un peu le jardin… Et surtout, il va au club".

Madame B. rencontre les personnes avant de les accueillir. "Il est très important de connaître ses limites et de refuser de continuer avec quelqu'un avec qui vous sentez que ça ne va pas. Il ne faut surtout pas culpabiliser, il faut penser à son bien-être et à celui des autres pensionnaires. Il faut qu'il y ait des atomes crochus avec la personne pour pouvoir vivre une belle histoire."

Madame B. a fait le choix d'accompagner ses pensionnaires jusqu'à leur mort. "Lorsque l'on exerce ce métier, il faut se préparer à l'idée de la mort. On peut supporter un état de déchéance si on a eu une histoire avant avec la personne. Lorsque j'accueille quelqu'un, je sais que son état va finir par se dégrader, ce n'est pas comme un enfant qui va progresser et devenir plus autonome avec le temps. C'est important pour moi de les soutenir jusqu'au bout. Ça me procure un sentiment d'apaisement qui me permet de mieux faire mon travail de deuil. Je culpabiliserais si je les mettais en établissement. Et eux préfèrent mourir dans leur lit plutôt qu'à l'hôpital."

Etre famille d'accueil n'est pas facile tous les jours. "Au quotidien vous êtes seule. Ce n'est pas comme en institution, je ne suis pas entourée d'une équipe. D'ailleurs, si je devais décrire les qualités nécessaires à ce métier, je dirais qu'il faut avoir du bon sens, être solide physiquement et nerveusement et avoir du caractère".

Il faut aussi beaucoup de disponibilité, même si cela varie selon le degrés de dépendance des pensionnaires."Charlot, par exemple, n'a aucune mobilité. Je ne le laisse donc jamais seul très longtemps. Pendant la journée, je fais souvent des va et vient entre leur logement et le mien. Je vais éplucher les légumes vers eux ou faire un peu de couture pour lui tenir compagnie."

"J'essaye aussi d'avoir un peu de temps pour moi en payant une personne pour me remplacer, mais je ne suis jamais bien loin. Cela doit faire des années que je n'ai pas pris de vacances."

Madame B. se fait parfois du souci pour l'avenir. "Ce qui m'inquiète le plus, c'est d'être malade et de ne pas pouvoir me lever un matin. Je suis toute seule et André, Charlot et Dominique ont besoin de moi."

Elle clôt notre entretien en allant porter une bonne tarte maison à ses pensionnaires pour leur goûter…"ça les aide à garder le moral !"

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Mme Marie-Josèphe Godard, accueillante familiale

Une journée avec une ou plusieurs personnes dépendantes, c’est se lever tôt le matin pour effectuer le premiers changes après la nuit, et distribuer les médicaments qui doivent être pris avant le lever.

Ensuite, les petits déjeuners, les toilettes. Dans certains cas, l’intervention du service de soins infirmiers à domicile ou de l’infirmière libérale pour une toilette oblige à être disponible. Dans le même temps, il faut refaire les lits, effectuer le ménage des chambres et des salles de bain, préparer le déjeuner, sans oublier les enfants qui vont à l’école et dont il est nécessaire de s’occuper, la vie ordinaire d’une famille…

L’heure du déjeuner est vite là, et il faut recommencer, faire manger ceux qui ne le peuvent pas ou qui ne le peuvent plus. De nouveau les changes, et là enfin un peu de répit, beaucoup font la sieste. Puis l’heure du goûter de nouveau et la préparation du dîner. Sans oublier les divers rendez-vous nécessités par l’état de santé ou la préservation de cet état de santé : tout est à protéger, les dents, les yeux, l’ouïe, les pieds, et j’en oublis sûrement. Et encore l’approvisionnement général de la maison; le coiffeur, l’esthéticienne, le pédicure, le kiné.

Mais, à ce quotidien qui se passe avec la ou les personnes résidentes, s’ajoute la vie d’une famille avec les enfants, les petits enfants, les parents vieillissants, notre propre vie sociale et familiale.

Nous sommes accaparés par une multitude de tâches pas toujours très motivantes et malgré notre fatigue, notre lassitude, il nous faut encore bien souvent nous relever la nuit pour répondre aux appels de l’un ou l’autre ou pour calmer les cauchemars…/...

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Pierre famille d'accueil, Deux-Sèvres

J'ai été famille d’accueil … L’un d'entre eux, Jean- Paul, avait été, avant son "accident", un bien beau jeune homme, un père de famille, un homme inséré dans la société. Tombé du septième étage d’un immeuble, il vient de séjourner plus d’un an à l’hôpital dans les mains expertes des chirurgiens et des médecins. Deux années de rééducation fonctionnelle ont suivi.

Nous le rencontrons à l’hôpital . Une rééducation sociale en famille d’accueil va être mise en place. Jean-Paul est en fauteuil roulant. Son visage est déformé. Sa colonne vertébrale est maintenue dans une sorte de cage interne. Une de ses jambes est plus courte que l’autre . Sa main droite tremble. Il est presque aveugle et de longues cicatrices couvrent son corps. Il ne parle pas, mais grommelle. Il ne mange pas seul. Il n’est pas tout à fait incontinent. Il pèse quatre vingt cinq kilos et mesure un mètre quatre vingt cinq. Il a environ trente ans. C’est la première impression que nous avons de Jean -Paul.

Quelques bribes de son histoire personnelle nous sont fournies : il a été marié, mais son épouse a disparu dans la nature. A la suite de son accident, les trois enfants issus du mariage, et dont il s’occupait, ont été placés …

Nous devons l’accompagner pour le rééduquer socialement. Ce mot d’accompagnement va prendre tout son sens, car il va être nécessaire de le "soutenir" et de le "protéger", mais aussi "d’aller à sa suite". Nous nous lançons dans cette aventure qui va durer deux années…

Nous allons tenter de découvrir comment communiquer, et surtout comprendre les borborygmes sourds qui rendent toute conversation impossible. Très malin, il nous semble rapidement qu’il joue avec nous, car devant nos hésitations, il mime ce qu’il veut dire ou souhaite, et devant notre perplexité, il rit aux éclats. Mais, en même temps, sa salive l’étouffe, il fait une "fausse route" et nous paniquons. Les repas sont étranges : un oeuf au plat est saisi à pleines mains, malgré les tremblements. Il s’efforce d’avaler d’énormes morceaux de pain, au risque de s’étouffer.

Deux années folkloriques, épuisantes, enrichissantes, décevantes, tout à la fois, viennent de commencer...

Mais, nous ne sommes pas seuls : une équipe se met en place : médecin généraliste, médecin psychiatre, psychologue, kinésithérapeute, orthophoniste, ambulancier (auxiliaire précieux et confidentiel), infirmières libérales sous la houlette de l’un des médecins qui fera office de "chef d’état-major".

En une année, Jean-Paul s’éveille, devient moins fragile, moins susceptible. Il réapprend à parler quelque peu, en articulant. Parfois même, il plaisante. Il tisse des liens affectifs avec nos enfants, nos petits-enfants. Aucun d’entre nous ne s’en aperçoit.
Jean-Paul n’est pas la seule personne accueillie dans notre famille. L’autre personne, une femme de soixante ans, est en fauteuil roulant. Elle est très vive et de caractère agréable.

Mais, Jean-Paul pèse maintenant cent dix kilos. Il tombe souvent de son lit. Et, je me dois de le relever. Devant mes efforts, et j’en déploie, Jean-Paul rit, se laisse retomber, s’accroche au matelas pour que dure le jeu. Je le gronde, ce qui le laisse tout à fait indifférent.

Il manipule très aisément le chantage, promène des mains indiscrètes sur mon épouse, les infirmières, toutes les femmes qui traversent sa vie.
Il est taquin, obscène, agressif, et passe alternativement du mensonge, à la comédie, la colère, les rires infantiles ou les bruits d’animaux.
Il vomit, il pleure, il se lamente. Les repas ne sont que tremblements de terre avant même que d’avoir commencé. La vaisselle vole, et il s’esclaffe.

Lit, fauteuil roulant, toilette, repas, chute, ambulance, coucher se succèdent, lassants et obsédants. Jean-Paul va mieux, et croit pouvoir maintenant s’occuper de ses enfants, il s’accroche à cette idée qui ne va plus le quitter.

Cette nouvelle idée est dramatique pour tous. Mais, soudain, il se modifie. Sa conduite s’améliore, les rythmes biologiques se mettent en place. Les repas deviennent calmes. De faux espoirs naissent lors des séances de marche chez le kiné, et son langage est plus ordonné.

Nous venons de boucler la première année. Nous avons la conviction d’avoir gagné, ou tout du moins franchi une première étape, gravi une marche. Mais nous avons oublié la pathologie si particulière de Jean-Paul. Ce dernier est (et comment avons-nous pu ne pas y penser ? ) secrètement malheureux de se voir ainsi diminué, dépendant, isolé de ses enfants et de ses amis, tellement atteint dans sa chair, prisonnier de son passé, de ses pensées, ne voulant rien dévoiler des raisons de sa chute.

La deuxième année commence par une aggravation de son état (diarrhées, constipations, chutes nombreuses chez le kiné, de son lit ou de son fauteuil).

Il crie et tempête et dit "être devenu un objet". Deux secondes plus tard, il rit aux éclats. Chaque nuit, il appelle. Je ne dors plus, je ne mange plus. Je suis exténué, mon épouse également. Nous fléchissons et c’est l’ENFER. Et l’incontinence totale s’installe. Des examens spécialisés sont nécessaires. Les transports deviennent "galère" pour moi. Pour Jean-Paul, c’est un jeu. Il pèse vraiment cent dix kilos. Et l’installer sur les tables de radiologie nous fait, spécialiste et moi-même, attraper des suées dignes de celles supportées sous l’Équateur.

Il dresse les différents membres de l’équipe les uns contre les autres et, dans un premier temps, nous ne nous en apercevons pas. Tout le tact du médecin psychiatre sera nécessaire pour freiner le drame qui couve, et rétablir le calme et la confiance entre chacun.

Mais ce jeu du "chat et de la souris" nous atteint de toute façon.

Enfin la situation s’apaise et redevient saine, le climat est de nouveau serein. Comme cela, du jour au lendemain, Jean-Paul n’est plus malade. Il perd du poids, il est de nouveau agréable avec tous. Nous nous demandons si nous ne venons pas de rêver les semaines écoulées. L’explication est peut-être dans le fait qu’il sait maintenant qu’il va devoir nous quitter pour une autre famille d’accueil, pour une autre prise en charge, un autre stade.

Arrive alors l’instant de la séparation, et tous nous nous retrouvons réunis autour du gâteau et du champagne. Et, en secret, tous, nous pleurons.





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