Sophie Lewieniec
est une pro des greens. Pas seulement en tant
que joueuse. Cela fait 20 ans qu’elle
travaille dans l’univers du Golf.
Retour sur le beau parcours de cette maman
célibataire de 41 ans, qui compte parmi
ses nouveaux défis, l’organisation
d’un tournoi féminin ! |
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Quel
métier rêviez vous de faire enfant
?
Enfant je voulais être médecin
ou infirmière pour une ONG comme "MSF",
je m'imaginais sauvant des vies à travers
le monde ; j'avais une vision romantique de
l'humanitaire qui je le sais aujourd'hui,
est avant tout un engagement idéologique
donc politique. |
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Qu'est
ce qui, dans vos études, vous a donné
les clés pour réussir ?
Je n’ai pas fait de longues études.
L'école de la vie a rapidement remplacé
les bancs des écoles.
Après avoir, comme ainée, soutenu
ma famille de 8 enfants, la soif d'apprendre et
la curiosité de comprendre m'ont ramenée
vers les tableaux noirs des cours et des formations,
peut-être un peu trop nombreuses, comblant
imparfaitement probablement cette frustrante sensation
de n'avoir pas suivi le cursus dont je rêvais
plus jeune.
Le métier du golf, je l’ai appris
progressivement.
D’abord engagée sur un 9 trous dans
la Meuse (j’avais 20 ans) pour ramasser
les balles sur un practice (et à la main
!), puis hôtesse d’accueil, chef de
réception en Bourgogne, assistante de direction
dans les bouches du Rhône, directrice adjointe
en Provence et enfin directrice de golf dans les
alpes Maritimes. Un parcours riche en rencontre,
intéressant et surtout une longue route...
En fin de compte, les clés de la réussite,
je le réalise aujourd'hui, ont été
imprimées très tôt en moi
quand enfant, je me projetais dans un futur toujours
plus beau, je savais que j'aurais à le
créer toute seule.
Quelle a été
la rencontre déterminante dans votre parcours
professionnel ?
Ce sont plutôt des rencontres, avec des
personnes comme moi, passionnées qui ont
envie de créer, de développer, et
qui aiment les challenges !
J'aime et suis attirée par la force passion
créatrice qui tire de la substance à
partir des idées.
Quelle est l'entreprise
ou vous avez adoré travailler ? Pourquoi
?
J’ai pris du plaisir dans toutes les entreprises
où j’ai travaillé, entreprises
privées, commerciales ou publiques, car
ce que j’aime avant tout c’est rencontrer,
comprendre et apprendre. Travailler est déjà
pour moi une forme de libération et d'autonomie.
Je n'y vois pas d'aliénation mais un engagement
fort, quel que soit le niveau que l'on occupe.
L’émancipation engendrée par
le travail est une garantie de non dépendance.
Trop souvent les femmes cumulent une « double
peine » : séparation et détresse
financière.
L'idée de créer
SL Events vous est venue quand ?
J’étais directrice d’une structure
d’entrainement de golf et plusieurs golfeurs
professionnels vantant « mes qualités
relationnelles », m’ont proposé
de m’occuper, dans un premier temps, de
leur communication, puis, voyant mes aptitudes
à la négociation, m’ont ensuite
confié leurs contrats de sponsoring. Cette
activité, par sa diversité, m’a
tout de suite plu. Un pas de plus a été
franchi lorsque des joueuses féminines
ont décidé de me faire confiance.
. Je suis devenue Agent Marketing Sportif..
Ne pouvant concilier les activités de Direction
et d’Agent car j’avais la sensation
de n’exceller ni dans l’un ni dans
l’autre, j’ai décidé
de dédier mon temps professionnel aux joueurs
et aux événements sportifs et culturels
que je devrais créer. Un nouveau défi
! Le golf professionnel féminin n’était
pas très connu et encore mal médiatisé.
Pourquoi vous êtes
vous lancée dans cette aventure ?
J’avais besoin de motivation et d’un
nouveau challenge. J’avais fait un peu le
tour des métiers du golf sur le terrain
, de caddy master à directrice…
Je suis encore consultée pour certains
projets car pendant les 5 dernières années
où j’ai exercé, j’ai
soit créé soit restructuré
des golfs ou structures d’enseignement ;
cette expérience, je la partage et la transmets.
Quels sont les obstacles
que vous avez eu à franchir avant de lancer
ce projet ?
Peu d’obstacle : j’ai tiré
profit de l’expertise golf / événementiel
que j’avais acquise puisque j’ai toujours
eu en charge l’organisation de manifestations
diverses tout au long de mon parcours.
J’ai voulu me spécialiser dans le
golf féminin et les événements
haut de gamme, je prépare actuellement
le premier salon international de la voiture de
sport et de prestige au circuit Paul Ricard (Castellet)
et un défilé de mode à Istanbul
(Turquie).
De quelles aides avez
vous bénéficié ?
De l’aide et de la confiance des personnes
qui m’entourent et m’ont soutenue
quand de temps en temps, je me remettais en question.
Les vrais proches sont ceux qui, par leurs conseils
ou analyses sans concession, m’ont donné
un éclairage utile à une vision
que je n’avais pas forcément. Il
est parfois difficile de n’être confronté
qu’à ses propres décisions.
Quelles ont été
les réactions de vos proches à l'annonce
de votre projet ?
Dans ma famille, on a l’esprit d’entreprendre,
mais pas dans le golf et encore moins dans l’événementiel.
Aujourd’hui, ils sont très fiers
et me soutiennent.
Mon fils est ravi : il veut devenir golfeur professionnel.
Je n’en suis pas vraiment étonnée.
Le golf a été depuis sa naissance
un élément naturel.
Les premiers clients
de SL Events , vous vous en souvenez ? Comment
les avez vous décrochés ?
Oui, je m’en souvins très bien. Au
cours d’un déjeuner au golf de Monte
Carlo, je devais rencontrer un client que l’on
m’avait recommandé pour un contrat
de sponsoring, j’ai non seulement signé
ce contrat mais aussi un second avec un ami de
ce premier client ! !
SL Events en 3 chiffres
?
1 volonté de fer
2 jambes
3 fois le tour de la terre en kilomètres
parcourus par tous les moyens de transport !
Qu'est ce qui est le plus contraignant dans votre
activité ? Comment le gérez vous
?
C’est probablement l’irrégularité
et l’imprévisibilité des horaires.
Je suis occupée la semaine et les week-ends.
J’effectue de nombreux déplacements
que je dois concilier avec ma vie de maman célibataire.
Je dois arbitrer, c’est souvent difficile,
entre ma vie professionnelle et ma vie de famille.
J’y parviens quand même et j’arrive
parfois à garder un peu (très peu)
de temps juste pour moi.
Quels sont vos objectifs
pour 2008 ?
Depuis un an, j’investis. 2008 doit être
l’année de la récolte.
Je dois donc finaliser tous les événements
en cours et en développer d’autres.
Le golf féminin est mon centre d’intérêt,
Je veux me donner les moyens de continuer dans
ce sens.
Vous lancez aussi European
Ladies Var Pro Am. Quand vous est venue cette
idée ?
Ce tournoi est un projet sur lequel j’avais
travaillé en 2003. Il a été
abandonné pour des raisons techniques et
je l’ai repris et féminisé
puisqu’au départ il devait être
mixte.
L’idée m’est venue en travaillant
avec les sportives et au travers de plusieurs
entretiens avec la Ligue de golf PACA et la FFG
qui me désiraient de nouveaux tournois
pro et développer le golf féminin.
Pourquoi vous êtes
vous lancée dans ce nouveau projet ?
Comme je vous l’ai dit, le golf féminin
est un sport qui demande à être développé.
De plus, dans mon métier d’Agent
Marketing, je me suis rendu compte qu’il
était très difficile de trouver
des partenaires financiers pour les joueuses,
d’où cette idée de tournoi
« femme chef d’entreprise –
golfeuse professionnelle».
Je pense que la rencontre peut être très
intéressante, une carrière de sportive
de haut niveau se gère comme une entreprise
et l’échange que ces femmes auront
pendant ces 3 jours peut être fructueux
dans les deux sens, j’en suis sûre.
De plus , faisant parti de plusieurs réseaux
de femmes « chef d’entreprise »,
j’ai trouvé ce moyen original de
les amener à se rencontrer, puisque ce
seront des femmes venant toute l’Europe
qui se rassembleront lors de ce tournoi.
A quoi ressemblent vos
journées ?
Longues ! Je me lève très tôt,
6h30, et quand je ne suis pas en RDV ou en déplacement,
la matinée est dédiée au
travail administratif.
Courte pause à midi quand je n’ai
pas de déjeuner d’affaires et RDV
l’après midi.
Fin d’après midi, j’essaie
de reprends un peu ma vie de famille et souvent,
je continue mes activités professionnelles
dans la soirée après le diner. Je
regarde peu la télé.
Combien d'heures par semaine travaillez-vous ?
60 heures minimum ! Quand on me demande si je
joue au golf, j’ai du mal à donner
mon handicap maintenant car je n’ai plus
le temps de m’entrainer.
Comment parvenez vous
à concilier vie pro et vie de famille ?
Quel est votre truc pour vous organiser ?
Ma vie de famille s’organise autour de ma
vie professionnelle.
J’ai la chance d’avoir un fils qui
est passionné de golf, qui passe beaucoup
de temps en entrainement (lui !) et quand je dois
l’accompagner à ses tournois, je
prends mon portable et je travaille sur place
quand je ne le caddie pas.
J’organise également quelques RDV
en fonction de ses déplacements.
Comment vos proches perçoivent ils votre
emploi du temps ?
J’essaie d’optimiser mes déplacements
en organisant le maximum de RDV (toutes les 2
heures) afin de partir le moins possible. L’avantage
d’habiter dans le sud de la France, c’est
que la plus part des représentants de sociétés
adorent venir nous rencontrer sur place et profiter
ainsi d’un week-end sur la Côte !
Mes proches m’aimeraient un peu plus disponible.
Les moments partagés sont d’autant
plus forts et savoureux.
Quelle est la femme célèbre
(ou pas) que vous admirez ?
J’admire les femmes en général
qui se battent et ne baissent jamais les bras.
.
Celle qui vous tape sur
les nerfs ?
Personne ne me tape sur les nerfs, je n’ai
pas assez de temps pour m’en soucier !...
Quelle est votre devise ?
« Une route difficile mène aux étoiles
» ou « Ici et maintenant »
Appartenez vous à
des réseaux/associations, féminins
ou pas ?
Oui, à l’association des FCE (femmes
chef d’entreprise), VIADEO sur internet,
ASW (A small world) également.
Quels bénéfices en retirez vous
?
Beaucoup de contacts et des échanges intéressants.
J’ai aussi l’impression de temps en
temps d’être utile et de contribuer
à faire avancer les choses, même
à petite échelle.
Qu'auriez vous à demander aux lectrices
d'Interdit aux Hommes ?
Dans le cadre de l’événement
golfique que je prépare pour 2008, «
European Ladies Var Pro Am », je soutiens
l’association « La Rose Marie Claire
» en utilisant une partie des partenariats
financiers qui me seront alloués pour acheter
des roses et ainsi soutenir cette cause. Ces roses
seront offertes aux femmes le jour du tournoi
et lors de la journée de la femme en mars.
Si vous souhaitez être partenaire, n’hésitez
pas, mais surtout, ce que je souhaite avant tout
c’est que, comme moi, vous souteniez cette
association en vous connectant sur leur site et
en faisant vos précommandes : http://la-rose.fr
Publié par Emmanuelle Gagliardi publié
dans : Sportives Le : 7-12-2007
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