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PARAPENTE
Frédéric Delachaux et Alain
Ramel
Ces chasseurs de thermiques
Les parapentistes du FAT Acro team auraient
bien voulu démontrer leurs talents,
aujourd’hui, lors de la première
édition du Rossini’air. Seulement
voilà, la météo en
a décidé autrement. Pas de
quoi démoraliser pour autant Alain
Ramel et Frédéric Delachaux,
qui évoquent cette discipline particulière
du parapente: l’acrobatie.
Leur terrain
de jeu, c’est les airs. Il suffit
de lever les yeux au ciel, un jour de
beau temps, pour voir les parapentistes
voler au-dessus de nous. Ce week-end,
un groupe des pilotes du Pays-d’Enhaut,
le FAT Acro team, comptait bien faire
une démonstration de vols acrobatiques
lors de son festival Rossini’air.
Mais la première édition
est tombée à l’eau,
la faute à une météo
peu coopérative. «On est
déçus, bien sûr.
Mais ce report nous permettra d’organiser
quelque chose de mieux encore l’année
prochaine.»
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Ces mots sont ceux d’Alain
Ramel, instructeur de parapente et «maître
Jedi» aux yeux clairs du FAT Acro
team. Avec son ancien élève
Frédéric Delachaux, l’un
des deux fondateurs du groupe, il raconte
cette discipline particulière du
parapente, l’acrobatie, et le club
qui les réunit autour de cette idée
étrange, s’envoler avec sac
à dos.
Né d’une discussion entre copains
en 2001, le groupe réunit une dizaine
de parapentistes régionaux dont les
loopings, les vrilles et les mctwists forment
le quotidien. Car le parapente est une drogue
comme les autres, on en devient vite accro.
«Le plus dur, c’est le mois
de novembre. Les remontées mécaniques
sont fermées, les conditions pas
bonnes… Ne pas voler me rend nerveux»,
avoue Frédéric Delachaux,
cofondateur du FAT Acro team, qui ne «décroche»
que pour mieux repartir dans une nouvelle
figure.
En acrobatie, il y a donc les décrochages
(manœuvre de base en acrobatique, qui
consiste à fermer sa voile en cas
de problème pour la rouvrir), la
sat (prise de vitesse en spirale), le tumbling
(comme dans un saut périlleux, le
pilote passe au-dessus de sa voile), le
looping (équivaut à un tumbling,
mais sur un axe de côté) et
bien d’autres encore. Autant de figures
qu’un pilote acrobatique doit maîtriser.
«En aéronautique, la plupart
de ces manœuvres sont considérées
comme des accidents», sourit Frédéric
Delachaux.
Si le voile qui entoure de mystère
le nom de cette bande de copains ne sera
pas levé ici, les deux hommes parlent
bien volontiers de leur passion –
discipline à part entière
du parapente –, des risques du métier,
mais surtout de leur plaisir à évoluer
dans le milieu naturel. Adepte de ski de
randonnée, d’alpinisme et d’escalade,
Alain Ramel voit dans ses activités
d’aventurier le même dénominateur
commun: «Des paysages naturels extraordinaires.»
Et puis, il faut bien le dire, la recherche
de ses propres limites. «J’aime
savoir jusqu’où je peux aller.
Dans toutes ces disciplines, on essaie d’aller
toujours plus loin, mais pas trop loin.
C’est pour ça qu’il faut
bien se connaître.» Et de préciser
dans un sourire: «En aucun cas c’est
pour fuir mon quotidien, qui est très
agréable!»
Risques humains surtout
Pour l’instructeur, en parapente,
les risques sont surtout humains: «Le
danger principal d’un pilote, c’est
lui-même! Dans 99% des cas d’accident,
le gars a tenté une figure qu’il
ne maîtrisait pas, ou il a mal estimé
les conditions météorologiques.
Quand on va traquer les thermiques (n.d.l.r.:
courants ascendants), il y a bien sûr
du vent. Mais avec l’expérience,
on le maîtrise.» «En acrobatie,
le pilote est encore plus concentré,
souligne pour sa part Frédéric
Delachaux. Et puis, le matériel a
évolué. La voile nous pardonne
certaines erreurs.»
Tout de même, les deux amis comprennent-ils
que, aux yeux de certains, leurs acrobaties
peuvent les faire passer pour fous? «Personnellement,
quand je vois un skieur à 140 km/h
sur la Streiff, je me dis qu’il est
fou! avance Alain Ramel. Mais si je pense
ça, c’est parce que je n’ai
pas l’entraînement ni la technique
pour le faire. En acrobatie, on maîtrise
ce que l’on fait… Et ce qu’on
ne maîtrise pas, on le tente quand
il n’y a personne (rires).»
Marié et père de deux petites
filles, l’acrobate vole-t-il avec
la bénédiction de sa femme?
«Bien sûr, elle a confiance
en moi. Et pour ma part, je ne lui fais
pas une scène quand elle va jusqu’à
Genève en voiture, alors que c’est
bien plus dangereux!»
Pour limiter les risques quand ils entraînent
de nouvelles figures, les pilotes acrobatiques
les effectuent le plus souvent au-dessus
d’un lac et, chaque fois, avec le
maximum de hauteur. Pour se laisser le temps
de réagir en cas de pépin.
Et chaque parapentiste est doté d’un
parachute de secours. «Le pire moment,
c’est la démarche dans la tête,
explique Frédéric Delachaux.
On visualise la figure, mais on ne sait
pas à quoi s’attendre tant
qu’on ne l’a pas faite au moins
une fois. Alors au moment d’enclencher
la commande, c’est dur.»
Pour les deux hommes, la spécialisation
vers l’acrobatie s’est faite
naturellement, même s’ils auraient
très bien pu se distinguer dans les
disciplines de distance ou de montagne.
«Au début, le parapente n’était
pour moi qu’un moyen de redescendre
après l’ascension d’un
sommet, se souvient Alain Ramel. L’intérêt
est que cet engin volant tient dans un sac
à dos.» Et son jeune acolyte
de poursuivre: «Le parapente, c’est
l’aéronef le plus maléable
qui soit.»
«Savoir dire
stop»
Régulièrement, les pilotes
du FAT Acro team sont engagés pour
des démonstrations, des shows nocturnes
ou diurnes. «Nous avons fondé
ce groupe pour promouvoir le vol acrobatique,
explique Frédéric Delachaux.
Il y a bien sûr l’aspect sportif,
mais pour nous, la philosophie de vie était
importante. Dans le team, il n’y a
pas de frimeurs. Il faut beaucoup d’humilité
pour savoir dire “stop, là
ça ne va pas le faire”. Surtout,
entre nous, c’est une très
belle histoire d’amitié.»
Karine Allemann. |