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« Juju
», major de sa promo, a la voile
dans la peau
lalbenque-cieurac - Parachutisme
L'ovation, collective et puissante,
qui a comblé Julien Cattarelli
de bien-être et de fierté
au soir de la Saint-Michel (saint
patron des paras), doit encore résonner
dans sa tête, malgré
la musique envoûtante du Pilatus,
l'avion largueur. Julien Cattarelli
a obtenu, le mois dernier, en décrochant
avec près de 16 de moyenne
et le titre glorieux de major, ses
galons de moniteur d'État de
parachutisme. Un sacré tournant
qui l'incite, visiblement, à
remplir avec un enthousiasme accru
le rôle qui lui tenait déjà
à cœur et aux tripes.
Le parcours de « Juju »,
dans l'univers céleste, prend
sa source en Auvergne, comme une eau
bienfaisante. Étrangement,
au milieu des outils peuplant un atelier
de menuisier, où il a poursuivi
quatre années durant un apprentissage
patient, débouchant sur un
premier métier qu'il n'a jamais
renié, bien au contraire. Et
qui lui a servi de tremplin et d'aiguillage
: le destin est parfois surprenant.
« C'est mon prof de menuiserie,
Christian Falcon, lui-même para,
actuellement président du club
du Puy, qui m'a donné l'envie
de sauter. De me jeter dans le vide.
J'avais déjà en moi
ce désir de me faire peur ou,
en tout cas, de connaître des
sensations très fortes.
Avec mon premier saut, à 20
ans, j'ai senti le déclic et
j'ai continué. Parce que beaucoup
de choses qui avaient de l'importance
avant sont devenues, dès lors,
totalement éphémères
». Julien avait trouvé
son rythme et sa vitesse. «
De 20 à 22 ans, j'ai cumulé
quarante sauts. Et puis, je suis parti
faire mon service militaire. Pendant
sept mois, en tant que menuisier dans
le génie à Castelsarrasin.
Comme c'était long et compliqué
de rentrer en train dans le Puy-de-Dôme
pendant les permissions, j'ai passé
mon temps libre, à l'époque,
au centre-école de parachutisme
de Cahors. Et je me suis lancé
à fond ». Cette tranche
de vie et ces opportunités
bien maîtrisées ont été
déterminantes pour la suite.
« Après, poursuit Julien,
je suis resté ici. J'ai eu
la chance d'être embauché
au CEP alors que je n'avais en main
aucun diplôme dans cette spécialité.
J'ai embrayé ici avec cent
sauts environ et grâce à
Gilles Esgrime, le président,
qui est pour moi un ange et m'a proposé
un contrat emploi-jeunes. L'occasion
rêvée d'être à
temps plein sur place et de ne plus
quitter ce domaine dans lequel je
voulais réussir ».
Julien a saisi la perche à
deux mains, a mis les bouchées
triples et troqué ses effets
militaires contre des vêtements
de travail et la tenue de saut…
C'était il y a cinq ans, et
il s'est affirmé dans le parachutisme
avec autant de passion joyeuse que
de rigueur et de constance. Moniteur
fédéral, initiateur
en vol relatif (le déplacement
à plat en chute), moniteur
PAC stagiaire (progression accélérée
en chute), plieur de voile de secours,
il a, dit-il, « tout fait sur
trois ans » et fermé
récemment la boucle du diplôme
à quelques encablures de son
2000e saut. Mécanique des vols,
aérologie, météorologie,
réglementation, fonctionnement
de la fédération, assemblage
intégral d'une voile démontée
: en étudiant et en répétant
des milliers de fois les fondamentaux,
il s'est hissé par patients
paliers jusqu'au niveau d'un véritable
épanouissement. Son brillant
succès n'a pas terni sa modestie,
ni son ardeur ni son humilité.
Du briefing à la salle vidéo,
où il décortique soigneusement
le travail de ses élèves,
il faut courir pour lui poser quelques
questions indispensables. Le mieux
serait, finalement, de grimper avec
lui dans l'avion…
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