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«Plutôt
les compétences que le résultat»
TOULOUSE - PAROLES DE PROFS
-Est-ce la maîtrise du corps
qui donne à ce prof de gym
autant le sens de la mesure? Ou sa
déjà grande expérience
d'enseignante qui lui a donné
le sens des choses relatives? Les
deux peut-être. En tout cas,
il ne faut pas compter sur Martine
Baux-Laval pour hurler avec les loups.
Et surtout pas contre de l'Éducation
nationale. La crise actuelle, elle
avoue ne pas la subir «de manière
franchement dramatique» dans
son collège Clémence-Isaure,
à Saint-Cyprien. En tous cas
«loin de la banlieue parisienne».
Et son métier «même
si l'on est pas au bout du bout, il
faut toutefois reconnaître qu'il
a fortement évolué.
Dans le bon sens».
Elle se souvient de ses premiers
postes, en Tarn-et-Garonne, avant
son arrivée à Toulouse,
en 1985: «le prof de gym était
alors celui qui amenait prendre l'air
aux élèves. Une sorte
d'animateur d'une activité
compensatoire... J'avoue que j'ai
eu du mal, surtout avec les parents
qui ne comprenaient pas toujours l'intérêt
pour leur enfants de ''jouer au ballon
dans la cour'', selon une expression
que j'ai souvent entendue et qui m'agaçait
prodigieusement. D'autant qu'une partie
des collègues eux-mêmes,
n'était pas loin de penser
la même chose...», dit-elle
en riant. Car le temps a passé:
«les programmes ont avancé
dans une direction très positive:
l'enseignement physique et sportif
est aujourd'hui plus tourné
vers la compétences que vers
la technique, plus attentif à
la manière d'arriver au résultat
plutôt qu'au résultat
en lui même».
Interdisciplinarité
En fait, explique Martine, «avec
l'arrivée au collège
d'élèves très
différents entre eux, et en
conséquence la nécessite
de s'occuper de tous, des plus forts
aux plus faibles, c'est toute une
conception du métier qui a
changé. Désormais, au
travers du sport et du développement
du corps, c'est un travail de remédiations
sociale et citoyenne, ainsi qu'un
apprentissage de valeurs qui sont
visés: il faut se mettre à
l'écoute des élèves,
et leur apprendre tout autant à
travailler leurs muscles que la façon
de se comporter en groupe, la fait
de savoir gagner et perdre, d'accepter
l'autre, ses échecs et ses
erreurs».
Pour ce prof agrégé
(c'est rare dans cette discipline),
«l'avenir est aux projets globaux,
interdisciplinaires, que chaque matière
peut ensuite décliner en fonction
de ses impératifs de programme».
De ce point de vue, estime-t-elle
«le concept de l'atelier artistique
peut être très positif
et productif». Certes, reconnaît
elle aussi, «l'idée de
l'interdisciplinarité n'est
pas encore complètement passée
dans les mœurs, mais nous sommes
dans la bonne direction». En
tous cas, les regards autrefois portés
sur la gym ont déjà
changé.
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