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Mathieu, 21 ans,
profession : skateur
CARCASSONNE (11) - Le fait du jour. Pas
encore pro, plus vraiment amateur, Mathieu
est dans les limbes du skate, un entre-deux
pas toujours facile à gérer.
Mathieu, Carcassonnais de 21 ans, a un bac
pro de commerce en poche et un skate inlassablement
collé aux baskets. À tel point
qu'à la fin de ses études
en 2004, il décide de prendre une
année sabbatique pour se consacrer
à sa passion et atteindre le rêve
de tout skateur : en faire son métier.
« Il y a 2-3 ans, j'ai commencé
à ne vivre plus que pour ça
», raconte Mathieu, « aux États-Unis
ils commencent à 5 ou 6 ans et sont
professionnels à 13. »
Pas encore pro, plus vraiment amateur, Mathieu
est dans les limbes du skate, un entre-deux
pas toujours facile à gérer
: « Tout le monde ne peut pas se permettre
de pratiquer ce sport à haut niveau.
Ca coûte très cher. »
Pour lui, c'est l'année dernière
que tout s'est mis à rouler. Après
une seconde place à un contest (compétition
étape d'un tournoi national) à
Albi, une marque l'a repéré
et depuis le sponsorise en lui fournissant
planche et chaussures en quantité
non négligeable. Ce qui pour un skateur
assidu peut aller jusqu'à un équipement
complet par mois. Banco mais pas encore
assez pour partir s'installer à Monaco.
Mathieu a juste les moyens d'arriver à
ses fins, et «bosse» gratos
dans le milieu pour se faire plein de potes,
« Grâce à un ami qui
connaissait le réalisateur, j'ai
participé à une cassette vidéo,
distribuée nationalement dans un
magazine spécialisé. »
Ce qui a conforté Mathieu dans son
choix, même si après ça
il s'est cassé la cheville droite
et reprend tout juste un entraînement
intensif « quatre heures minimum par
jour », sur tous les sites du Sud
ouest et même en Espagne : «
Avec moi il y a toujours un copain qui me
filme, car je suis en train de préparer
ma propre cassette pour démarcher
d'autres marques et pouvoir enfin en vivre.
»
Le skate peut rapporter beaucoup en professionnel,
entre 15 000 et 30 000 € par mois,
mais les places sont chères. En attendant,
maman est là pour soutenir financièrement
sa vie de skateur, et Mathieu alterne entre
skate et jobs d'appoint pour assurer ses
voyages. « Je ne peux pas me dire
que ça ne marchera pas, de toute
façon quoiqu'il arrive je resterais
dans le skate », confie Mathieu, «
pour moi c'est un art, et d'une certaine
façon je m'exprime à travers
mes figures et mon style. »
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