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Toulouse. Qui
pilote le métro automatique?
Transport. Voyage au cœur du «
bocal », poste de commande de Basso
Cambo.
23 minutes 46 secondes. C'est le temps
que mettra une rame pour relier, à
33 km/h de moyenne, les deux terminus
de Borderouge et Ramonville, sur la ligne
B, lorsqu'elle aura ouvert au public le
30 juin. Ici, au poste de commande du
métro toulousain, on travaille
à la seconde près. Le Val
est entièrement automatique. Il
n'y a pas de conducteurs dans la rame.
La sécurité des usagers
est en jeu.
Ecrans et graphes
lumineux
Nous sommes ici au premier étage
de l'atelier relais de Basso Cambo, non
loin du terminus de la ligne A. Derrière
de larges baies vitrées, s'active
une dizaine d'agents de Tisséo.
Ce sont eux qui « pilotent »
vraiment le métro toulousain, ces
hommes qu'on pourrait prendre pour de
grands enfants, eux qui sont payés,
en quelque sorte, pour jouer au petit
train électrique. Les voilà
qui scrutent les écrans de leurs
ordinateurs et, sur l'immense mur lumineux
au-dessus d'eux, les écrans du
circuit de télévision alimenté
par les caméras braquées
en permanence sur les quelque 28 km de
voies et les 38 stations que comptent
les deux lignes A et B du métro
toulousain.
On peut suivre aussi, sur ce mur, grâce
à des voyants clignotants, la progression
des rames (jusqu'à 36 par ligne
aux heures de pointe) sur les deux lignes
figurées par des graphes électroluminescents.
On y voit aussi l'emplacement de chaque
station et celui des cantons, les zones
de sécurité qui divisent
chaque ligne, où une seule rame
doit circuler pour éviter tout
risque de collision.
Comme des abeilles dans leur « bocal
», ou des poissons dans leur «
aquarium », deux des surnoms que
les employés ont donné à
leur poste de commande, les agents Tisséo
travaillent discrètement et sans
stress apparent. Chacun sait ce qu'il
a à faire. Ils sont un peu comme
le capitaine et son équipe sur
la passerelle du paquebot Métro.
D'ailleurs, ils se relayent par quarts,
comme dans la marine, pour assurer la
gestion du métro 24 heures sur
24. Des quarts qui sont plutôt ici
des tiers (ça dépend de
la grosseur du verre, dirait Pagnol) de
7 heures et quart le jour et de 10 heures
la nuit. Il y a là l'opérateur
de ligne, qui guide les rames sur la voie.
C'est lui qui peut, à tout moment,
en cas d'incident, couper la circulation
en donnant un coup-de-poing sur le petit
champignon rouge placé devant lui.
Le chef de poste est le « patron
du métro » qui supervise
toute l'équipe. Seul maître
à bord en cas d'incident, il décide
d'un service provisoire en cas de panne,
de faire appel au secours ou de remettre
la ligne en tension électrique
après un arrêt. D'autres
agents peuvent s'adresser, au micro, directement
aux voyageurs dans les rames afin de les
informer. Des messages enregistrés
peuvent aussi être envoyés
dans les stations.
Depuis un peu plus d'une semaine, la ligne
B fonctionne « à blanc »
sur toute sa longueur (15,8 km exactement),
aux heures de marche commerciale (de 5
h 15 à minuit et demi en semaine).
Seule différence, et de taille,
avec la ligne A, les rames sont vides.
Les effectifs des équipes se relayant
en trois-huit dans le poste de commande
ont été étoffés
pour répondre à l'ouverture
de la seconde ligne, passant d'une soixantaine
à près de 90 ! « Il
y a bien un petit surcroît de stress,
toujours des petits problèmes à
régler, mais on sera prêts
» confie Luc Verstiggel, un des
sept chefs de poste qui se relayent à
la tête du PC.
Il reste quatre semaines aux hommes du
métro pour que l'ouverture de la
ligne B se fasse avec zéro défaut,
samedi 30 juin.
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